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Hadopi est efficace (pour les formateurs et les éditeurs)

Sécurisation ou thésaurisation

La complexité d’Hadopi et surtout le risque pénal qui pèse désormais sur le dos des entreprises, suscitent son lot d’inquiétudes et du coup, un nouveau business.

Le groupe EFE (Édition Formation Entreprise), qui est spécialisé dans les activités d’édition et de formation au profit des entreprises et des collectivités locales vient de mettre sur pied deux séries de formation autour des problématiques d’Hadopi à destination des professionnels. Principe constitutionnel d’égalité oblige, la loi Hadopi ne distingue pas les personnes physiques et les personnes morales. Tout le monde doit se débrouiller pour sécuriser son accès. 

EFE hadopi obligation sécurisation entreprises

Entre les lignes, les entreprises, artisans, professions libérales, et collectivités locales ont cependant une petite porte de sortie puisqu’avant de décider de la peine de suspension « la juridiction prend en compte les circonstances et la gravité de l'infraction ainsi que la personnalité de son auteur, et notamment l'activité professionnelle ou sociale de celui-ci, ainsi que sa situation socio-économique » (Code de la propriété intellectuelle).

Comment dégager la responsabilité de l'employeur

L’une de deux formations vise à trouver « les clés d’une mise en conformité réussie », l’autre organise « une classe virtuelle » autour de ce thème décidément si riche. Dans le programme détaillé, il est dit qu’il sera fait un point sur l’obligation de sécurisation, la conservation des données, l’information des salariés. On y définira « la stratégie de protection de l’entreprise » avec l’inévitable question des dispositifs à « mettre en place pour sécuriser l’accès à internet ? », les « techniques et mesures à privilégier » avec des objectifs précis, tel: « Comment dégager la responsabilité de l’employeur ? ». L’EFE évoquera aussi le « coût de la mise en conformité de votre système avec Hadopi. » Deux formations (de 3h et de 1h 45) proposées 720 euros… hors taxe. 

Le business autour des difficultés soulevées par Hadopi devrait être une véritable pépinière à talents. Une non-surprise qui va également concerner le secteur de l'édition de solutions de sécurisation.

"La demande solvable" anticipée par la Rue de Valois

Remontons à 2008, lors d’une des toutes premières réunions présentant le projet de loi Hadopi 1. Christine Albanel était alors aidée d'Olivier Henrard, juriste et architecte de la loi. Le 18 juin 2008, donc, celui-ci nous confiait qu’« à partir du moment où les internautes vont avoir intérêt à installer ce genre de dispositif [NDLR : de sécurisation] où il existera donc une demande solvable, les FAI vont alors développer une offre dans ce domaine. Il faudra prévoir, dès lors qu’il s’agit de fournir aux abonnés un moyen de s’exonérer de leur responsabilité, un dispositif qui permet de certifier à l’Hadopi qu’à tel ou tel moment, ce dispositif était utilisé »

Nous avons ainsi appris hier que les ayants droit allaient en effet tenter de faire expérimenter via la Hadopi une solution de filtrage par Deep Packet Inspection (DPI). Et pour persuader l’abonné de tester et adopter cette mesure, éventuellement payante, il lui sera expliqué que cette solution de filtrage est un moyen de protection efficace qui permettra d’éviter le risque de suspension : en clair, sacrifiez votre vie privée, gagnez en sécurité.

Éric Walter claironnait dans la Provence que « la mise en place de la Haute autorité peut être considérée comme une chance pour internet et pour la liberté sur Internet ». Pour la liberté d’entreprendre, cela ne fait aucun doute.
le 3 septembre 2010 à 16:59 (25 197 lectures)