Début juillet, le site P2Pnet.net avait publié les déclarations au fisc américain du lobby des majors de la musique, la RIAA (Recording Industry Association of America), pour la période 2006 - 2008.
Des salaires de PDG
La première révélation extraite de ces documents a été le salaire de son patron Mitch Bainwol, qui a été payé 1 485 000 dollars en 2007, et a même bénéficié d'une énorme augmentation en 2008 puisque sa rémunération a explosé à 2 032 072 dollars cette année-là (dont la moitié en bonus). Le président de l'association, Cary Sherman, est également millionnaire puisqu'il a touché plus de 1,3 million de dollars en 2008.
Parmi les grands bénéficiaires des largesses de l'industrie de la musique se trouvent aussi plusieurs lobbyistes ayant leurs entrées à Washington, dont Mitch Glazier (qui a touché 543 045 dollars). P2Pnet explique que M. Glazier est connu pour avoir entre autres réussi à faire passer en 1999 une loi qui a privé les artistes de la propriété des enregistrements originaux de leurs musiques (master records).
Voici le tableau des plus hauts revenus de la RIAA :
Ces rémunérations ont de quoi faire pâlir Eric Walter, le président de l'Hadopi, qui ne peut toucher "que" 180 000 euros par an.
Les avocats aussi s'en mettent plein les poches
Sur son blog l'avocat indépendant (et opposant aux majors de la musique) Ray Beckerman a sorti d'autres chiffres très intéressants de ces documents. Selon ses calculs, la RIAA a dépensé entre 2006 et 2008 autour de 64 millions de dollars auprès de firmes d'avocats et d'entreprises "d'enquêtes". Tout ça pour récupérer 1,36 million en accords à l'amiable... Soit 47 fois moins.
Voilà qui montre bien que la stratégie de l'intimidation judiciaire utilisée par la RIAA et sa collègue l'IFPI est loin d'être rentable. Mais en échange, elle permet à l'industrie d'obtenir globalement ce qu'elle veut des acteurs les plus petits d'Internet. De plus, faire fermer les sites pirates ne permet pas de retour d'argent, mais est censé, dans la logique du lobby, permettre de meilleures ventes à ses membres.
Ces frais ont probablement diminué depuis, puisque la RIAA a abandonné sa stratégie de poursuites de masse (dont on voit les derniers cas être jugés en ce moment, et pas toujours selon les souhaits de l'association). Elle se concentre aujourd'hui plutôt sur les FAI, les encourageant à avertir leurs abonnés quand ils sont repérés à télécharger, et sur le lobbying de Washington.
C'est l'industrie du cinéma qui reprend aujourd'hui cette stratégie à son compte. Mais cette fois l'intention ne semble pas être d'effrayer les pirates, mais bien de gagner de l'argent... Quitte à simplifier au maximum la collecte de preuve, et à laisser filer ceux qui menaceraient d'aller jusqu'au procès.
Des salaires de PDG
La première révélation extraite de ces documents a été le salaire de son patron Mitch Bainwol, qui a été payé 1 485 000 dollars en 2007, et a même bénéficié d'une énorme augmentation en 2008 puisque sa rémunération a explosé à 2 032 072 dollars cette année-là (dont la moitié en bonus). Le président de l'association, Cary Sherman, est également millionnaire puisqu'il a touché plus de 1,3 million de dollars en 2008.
Parmi les grands bénéficiaires des largesses de l'industrie de la musique se trouvent aussi plusieurs lobbyistes ayant leurs entrées à Washington, dont Mitch Glazier (qui a touché 543 045 dollars). P2Pnet explique que M. Glazier est connu pour avoir entre autres réussi à faire passer en 1999 une loi qui a privé les artistes de la propriété des enregistrements originaux de leurs musiques (master records).
Voici le tableau des plus hauts revenus de la RIAA :
Ces rémunérations ont de quoi faire pâlir Eric Walter, le président de l'Hadopi, qui ne peut toucher "que" 180 000 euros par an.
Les avocats aussi s'en mettent plein les poches
Sur son blog l'avocat indépendant (et opposant aux majors de la musique) Ray Beckerman a sorti d'autres chiffres très intéressants de ces documents. Selon ses calculs, la RIAA a dépensé entre 2006 et 2008 autour de 64 millions de dollars auprès de firmes d'avocats et d'entreprises "d'enquêtes". Tout ça pour récupérer 1,36 million en accords à l'amiable... Soit 47 fois moins.
Voilà qui montre bien que la stratégie de l'intimidation judiciaire utilisée par la RIAA et sa collègue l'IFPI est loin d'être rentable. Mais en échange, elle permet à l'industrie d'obtenir globalement ce qu'elle veut des acteurs les plus petits d'Internet. De plus, faire fermer les sites pirates ne permet pas de retour d'argent, mais est censé, dans la logique du lobby, permettre de meilleures ventes à ses membres.
Ces frais ont probablement diminué depuis, puisque la RIAA a abandonné sa stratégie de poursuites de masse (dont on voit les derniers cas être jugés en ce moment, et pas toujours selon les souhaits de l'association). Elle se concentre aujourd'hui plutôt sur les FAI, les encourageant à avertir leurs abonnés quand ils sont repérés à télécharger, et sur le lobbying de Washington.
C'est l'industrie du cinéma qui reprend aujourd'hui cette stratégie à son compte. Mais cette fois l'intention ne semble pas être d'effrayer les pirates, mais bien de gagner de l'argent... Quitte à simplifier au maximum la collecte de preuve, et à laisser filer ceux qui menaceraient d'aller jusqu'au procès.
Jeff
le 16 juillet 2010 à 14:28
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