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Proposé en Australie : attrapez un virus, on vous coupe le Net

Sans protection, autant s'abstenir

drapeau australie En Australie, le Comité Permanent sur la Communication de la Chambre des Représentants a présenté cette nuit son rapport « Hackers, Fraudeurs et Botnets : S'Attaquer au Problème de la Cybercriminalité ». Ces 260 pages d'analyses et de propositions ont heureusement un résumé officiel de seulement 30 pages.

Le rapport rappelle pour commencer que « dans la décennie écoulée, la cybercriminalité s'est transformée d'une nuisance causée par des pirates intelligents, en une organisation criminelle internationale, faisant d'importants bénéfices et causant des dommages désastreux aux victimes ».

Les propositions

S'il recommande en premier la création de tout un tas d'agences et de comités, il veut aussi la mise en place d'un camp d'entrainement pour créer une vraie cyber-police. Une coopération internationale est aussi au menu, avec en particulier une adhésion au plus vite à la Convention sur les Cybercrimes du Conseil de l'Europe.

Un complexe pour aider les consommateurs et les petites entreprises dans leurs problèmes de sécurité informatique, doté d'une hotline disponible en permanence, doit également être créé. Tout comme plusieurs codes de conduites :  
  • L'un d'eux demandera aux entreprises du web australiennes et étrangères et aux autorités gouvernementales d'améliorer drastiquement leur gestion des données à caractère privé
  • Un autre veut augmenter l'implication (volontaire) des gestionnaires de noms de domaine dans la lutte contre les sites hébergeant des contenus illégaux et du malware
  • Un dernier s'intitule « e-security », et s'adresse en particulier aux FAI
Tout d'abord, impliquer les gestionnaires de nom de domaines dans la lutte contre les sites illégaux risque de très vite se transformer en chasse en sorcière contre les sites aidant au téléchargement illégal. Mais ce n'est pas le but de ce rapport (mais plutôt celui du gouvernement australien).

La vraie proposition choc du rapport est ce que le Code de Conduite des FAI doit inclure.

Pas d'antivirus, pas d'Internet

Ce Code de Conduite « e-security » devrait être enregistré sous la loi « Telecommunications Act » et inclure :
  • Une obligation pour le FAI d'enseigner à ses clients les bases de la protection sur Internet
  • Une obligation d'informer ses clients quand leur adresse IP a été identifiée comme liée à une machine infectée
  • Une politique claire pour graduellement réduire l'accès et, si nécessaire, couper la connexion jusqu'à ce que la machine infectée soit nettoyée
  • La fourniture de conseils de base et de noms de techniciens au besoin pour aider à résoudre le problème
  • L'ajout d'une obligation contractuelle pour les clients de :
    • Installer un antivirus et un pare-feu avant que la connexion à Internet ne soit activée
    • Agir pour garder ces logiciels de sécurité à jour
    • Prendre des mesures raisonnables pour réparer leur ordinateur lorsque notifié d'une possible contamination par un malware
Encore une fois, voici une proposition belle sur le papier, mais qui a tout le potentiel pour dériver vers une solution de type Hadopi. Si réduire ou couper l'accès à Internet des ordinateurs infectés est aussi facile, autant le couper pour ceux qui téléchargent illégalement. Et du coup pour ceux qui font de la diffamation. Et à terme, si les principes démocratiques dérapent un peu, de tous les opposants politiques ou idéologiques.

Du coup on se demande : « pourquoi proposer de couper Internet » ? Après tout, aucun internaute n'aime avoir des virus sur son ordinateur en train de regarder leurs fichiers et d'enregistrer leurs mots de passe. Tous seront heureux d'être avertis d'une infection et corrigeront le problème, si besoin avec de l'aide. Mais là, la proposition introduit une sanction, que l'on peut juger excessive, et qui a surtout le mérite d'ouvrir tout un tas possibilités annexes une fois mise en place.

Comme toujours, il faut se méfier des belles idées.
le 23 juin 2010 à 16:44 (23 633 lectures)