Claude Perdriel, propriétaire du Nouvel Observateur et Challenges, a publié un édito ce mercredi 16 juin pour expliquer en substance « pourquoi Le Monde » l’intéresse.
Au fil des lignes, le personnage dit combien est indispensable le « rôle des médias », ses enquêtes, sa pédagogie, autant de clefs de voûte pour sauvegarder le pluralisme d’une démocratie. « Il y a belle lurette que l'opinion publique ne compte plus sur les politiques pour jouer ce rôle. L'expression majoritaire de gauche comme de droite est sous l'emprise de la langue de bois, du discours lénifiant ou du populisme démagogique. »
Perdriel n'hésite pas alors à exprimer tout le bien qu’il pense du web : « Internet peut-il jouer ce rôle ? En théorie, c'est l'univers de la liberté. Dans la réalité, c'est celui des citations et rumeurs infondées. Aucune éthique, aucun contrôle, aucun moyen de démentir la fausse nouvelle. C'est pire encore que l'absence de régulation financière. » Et voilà une jolie pluie de missiles qui tombe sur le Net, fosse septique à « citations et rumeurs infondées », sans « éthiques », sans « contrôle », sans moyen « de démentir la fausse nouvelle. »
Rien à voir donc avec ce fameux SMS qu'aurait envoyé Nicolas à Cécilia, une semaine avant son mariage avec Carla : « Si tu reviens j’annule tout ». Une information « fondée », « éthique », « contrôlée », « confirmant une vraie nouvelle » qui fut publiée dans le Nouvel Obs.
Aujourd’hui, on apprend par ailleurs que Perdriel a confirmé ses intentions de rachat du fameux journal en partenariat avec France Télécom. Perdriel apporterait 55 ou 60 millions d'euros – peut-être plus – France Télécom, 20 à 25 millions. Et si l’opération échoue, Perdriel se dit aussi intéressé par Libération...
Le groupe de télécom avait d’abord exprimé son intérêt pour « les contenus » du Monde, plutôt qu’un investissement chiffré en dizaines de millions. FT s’invitait dans le bal le même jour où l’Elysée convoquait le directeur du Monde, Eric Fottorino. Peu avant, Nicolas Sarkozy téléphonait à ce dernier pour lui dire tout le bien qu’il pensait d’un autre repreneur potentiel, Xavier Niel, cet « Homme du Peep-Show ». « C’est Bigard qui doit se marrer » tacle de son côté le Canard Enchainé dans une (excellente) synthèse publiée hier.
Critiquant le trio Bergé-Niel-Pigasse, l’autre groupe de repreneurs potentiels, Perdriel oppose son expérience à leur ignorance : « Je fais ce métier depuis 45 ans, ces gens sont totalement ignorants du monde la presse et vont arriver comme des apprentis sorciers (…) Dans leur offre, ils ne changent rien, ils gardent tous les privilèges alors qu'il faut entre 110 et 120 départs volontaires ». Dans sa tribune, il craint ainsi que faute de réformes et sans moyens financiers, que « la presse et ses lecteurs tombent entre les mains des pouvoirs de l'argent, du politique ou du CAC 40, dont les intérêts sont liés. C'est déjà le cas aux Etats-Unis et en Italie. De moyens d'information, les journaux deviendraient alors moyens de communication et de promotion. »
Un risque qui, si on comprend bien, n’existera pas si le Monde est repris par le numéro 1 du Nouvel Obs (où l’on retrouve Denis Olivennes, maître d'oeuvre d’Hadopi), et France Télécom, dirigé par l’ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde, qui compte encore dans ses hauts rangs Christine Albanel et a pour premier actionnaire, l’État.
Au fil des lignes, le personnage dit combien est indispensable le « rôle des médias », ses enquêtes, sa pédagogie, autant de clefs de voûte pour sauvegarder le pluralisme d’une démocratie. « Il y a belle lurette que l'opinion publique ne compte plus sur les politiques pour jouer ce rôle. L'expression majoritaire de gauche comme de droite est sous l'emprise de la langue de bois, du discours lénifiant ou du populisme démagogique. »
Perdriel n'hésite pas alors à exprimer tout le bien qu’il pense du web : « Internet peut-il jouer ce rôle ? En théorie, c'est l'univers de la liberté. Dans la réalité, c'est celui des citations et rumeurs infondées. Aucune éthique, aucun contrôle, aucun moyen de démentir la fausse nouvelle. C'est pire encore que l'absence de régulation financière. » Et voilà une jolie pluie de missiles qui tombe sur le Net, fosse septique à « citations et rumeurs infondées », sans « éthiques », sans « contrôle », sans moyen « de démentir la fausse nouvelle. »
Rien à voir donc avec ce fameux SMS qu'aurait envoyé Nicolas à Cécilia, une semaine avant son mariage avec Carla : « Si tu reviens j’annule tout ». Une information « fondée », « éthique », « contrôlée », « confirmant une vraie nouvelle » qui fut publiée dans le Nouvel Obs.
Aujourd’hui, on apprend par ailleurs que Perdriel a confirmé ses intentions de rachat du fameux journal en partenariat avec France Télécom. Perdriel apporterait 55 ou 60 millions d'euros – peut-être plus – France Télécom, 20 à 25 millions. Et si l’opération échoue, Perdriel se dit aussi intéressé par Libération...
Le groupe de télécom avait d’abord exprimé son intérêt pour « les contenus » du Monde, plutôt qu’un investissement chiffré en dizaines de millions. FT s’invitait dans le bal le même jour où l’Elysée convoquait le directeur du Monde, Eric Fottorino. Peu avant, Nicolas Sarkozy téléphonait à ce dernier pour lui dire tout le bien qu’il pensait d’un autre repreneur potentiel, Xavier Niel, cet « Homme du Peep-Show ». « C’est Bigard qui doit se marrer » tacle de son côté le Canard Enchainé dans une (excellente) synthèse publiée hier.
Critiquant le trio Bergé-Niel-Pigasse, l’autre groupe de repreneurs potentiels, Perdriel oppose son expérience à leur ignorance : « Je fais ce métier depuis 45 ans, ces gens sont totalement ignorants du monde la presse et vont arriver comme des apprentis sorciers (…) Dans leur offre, ils ne changent rien, ils gardent tous les privilèges alors qu'il faut entre 110 et 120 départs volontaires ». Dans sa tribune, il craint ainsi que faute de réformes et sans moyens financiers, que « la presse et ses lecteurs tombent entre les mains des pouvoirs de l'argent, du politique ou du CAC 40, dont les intérêts sont liés. C'est déjà le cas aux Etats-Unis et en Italie. De moyens d'information, les journaux deviendraient alors moyens de communication et de promotion. »
Un risque qui, si on comprend bien, n’existera pas si le Monde est repris par le numéro 1 du Nouvel Obs (où l’on retrouve Denis Olivennes, maître d'oeuvre d’Hadopi), et France Télécom, dirigé par l’ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde, qui compte encore dans ses hauts rangs Christine Albanel et a pour premier actionnaire, l’État.
Marc Rees
le 17 juin 2010 à 11:44
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