Un disque de 3 To chez Seagate : le lourd héritage du passé
Une de ces croisées des chemins dont l'informatique a le secret
Comme nous le disions dans une précédente actualité, Seagate travaille sur un disque dur de 3 To. Nous avons décidé de nous attarder sur les problèmes que cela soulève, à différents niveaux.
L’augmentation de la taille des disques durs a connu une progression telle qu’il eut été impossible de la prévoir il y a trente ans. Et il y a trente ans, certaines décisions ont été prises qui aujourd’hui impactent les constructeurs. C’est notamment le cas de Seagate, qui travaille donc sur un disque dur d’une capacité de 3 To. Malheureusement, les soucis matériels ne sont pas les seuls que le constructeur doit résoudre.
Il y a trente ans, Microsoft et IBM ont fait un choix pour DOS : celui du standard LBA (Logical Block Addressing). Pour être plus précis, il a été décidé qu’une adresse logique serait assignée à chaque morceau de 512 octets sur le disque, constituant ainsi le plus petit morceau de données possible sur un disque. Malheureusement, ce choix a influé directement sur la capacité maximale que l’on pouvait ainsi obtenir : 2,1 To. Personne n’imaginait à ce moment-là que cette limite en serait une en vérité.
À l’heure où Seagate travaille sur un modèle de disque d’une capacité de 3 To, cette frontière est devenue plus que concrète. Ainsi, sous Windows XP, il est d’ores et déjà impossible de faire marcher les prototypes, Seagate ayant indiqué que le système ne reconnaît qu’une taille de 990 Go. Il est nécessaire de passer au standard Long MBA, mais cela ne peut pas se faire avec tous les systèmes d’exploitation. Toujours selon Seagate, seules les versions 64 bits de Vista et Windows 7 le peuvent, ainsi que les distributions Linux si elles reçoivent les modifications adaptées.
Et encore, cela ne règle qu’une partie du problème, en l’occurrence si le disque dur est employé comme disque secondaire ou externe. Si le disque doit être unique ou s’il doit contenir le système, un autre problème surgit : celui de la taille de la partition MBR (Master Boot Record), elle est aussi limitée à 2,1 To.
La solution est nettement plus complexe sur le plan commercial que dans le cas de la simple compatibilité des systèmes d’exploitation. En effet, il va falloir utiliser une GUID Partition Table (GPT) pour prendre en charge les tailles de MBR supérieures à 2,1 To. Or, cette spécification fait partie d’une norme que l’on connait depuis des années mais qu’on ne trouve pratiquement nulle part, sauf chez Apple : l’EFI (Extensible Firmware Interface). Le fameux remplaçant du BIOS n’est utilisé par pratiquement aucune carte mère, même si plusieurs constructeurs ont des projets en ce sens, ou quelques modèles disponibles, comme MSI.
On en arrive donc à une nouvelle croisée des chemins, car il faudra des efforts concertés de toute l’industrie pour casser la frontière et aller au-delà de cette limite de 2,1 To. Une diffusion des EFI de manière efficace dans les nouvelles machines, l’utilisation de systèmes d’exploitation récents, de nouveaux pilotes, une adaptation des contrôleurs RAID : tout doit être changé et/ou modifié. Selon Barbara Craig d’ailleurs, 80 % du parc informatique mondial est tout simplement incompatible.
En attendant, Seagate compte lancer ses disques durs de 3 To vers la fin de l’année. D’ici là, la solution devra évoluer, même si cela signifie que de tels modèles n’équiperont que les machines les plus récentes. Les utilisateurs de Mac Intel semblent a priori épargnés par le problème puisque ces machines disposent déjà d’un EFI et qu’une GPT est bien présente sur les disques.
Peut-être « enfin » l’occasion de se débarrasser de nos vieux BIOS ?
L’augmentation de la taille des disques durs a connu une progression telle qu’il eut été impossible de la prévoir il y a trente ans. Et il y a trente ans, certaines décisions ont été prises qui aujourd’hui impactent les constructeurs. C’est notamment le cas de Seagate, qui travaille donc sur un disque dur d’une capacité de 3 To. Malheureusement, les soucis matériels ne sont pas les seuls que le constructeur doit résoudre.
Pas de disques durs de capacité supérieure à 2,1 To
La confirmation que la firme travaillait bien sur un tel modèle vient du site anglais Thinq, qui a obtenu l’information après avoir discuté avec Barbara Craig, responsable produit de Seagate. Si le constructeur fait bien sûr face au problème éternel de l’augmentation de la densité des plateaux qui composent le disque, il existe un autre souci, tout aussi sérieux, du côté logiciel.Il y a trente ans, Microsoft et IBM ont fait un choix pour DOS : celui du standard LBA (Logical Block Addressing). Pour être plus précis, il a été décidé qu’une adresse logique serait assignée à chaque morceau de 512 octets sur le disque, constituant ainsi le plus petit morceau de données possible sur un disque. Malheureusement, ce choix a influé directement sur la capacité maximale que l’on pouvait ainsi obtenir : 2,1 To. Personne n’imaginait à ce moment-là que cette limite en serait une en vérité.
À l’heure où Seagate travaille sur un modèle de disque d’une capacité de 3 To, cette frontière est devenue plus que concrète. Ainsi, sous Windows XP, il est d’ores et déjà impossible de faire marcher les prototypes, Seagate ayant indiqué que le système ne reconnaît qu’une taille de 990 Go. Il est nécessaire de passer au standard Long MBA, mais cela ne peut pas se faire avec tous les systèmes d’exploitation. Toujours selon Seagate, seules les versions 64 bits de Vista et Windows 7 le peuvent, ainsi que les distributions Linux si elles reçoivent les modifications adaptées.
La nécessité de passer à l'EFI
Et encore, cela ne règle qu’une partie du problème, en l’occurrence si le disque dur est employé comme disque secondaire ou externe. Si le disque doit être unique ou s’il doit contenir le système, un autre problème surgit : celui de la taille de la partition MBR (Master Boot Record), elle est aussi limitée à 2,1 To.
La solution est nettement plus complexe sur le plan commercial que dans le cas de la simple compatibilité des systèmes d’exploitation. En effet, il va falloir utiliser une GUID Partition Table (GPT) pour prendre en charge les tailles de MBR supérieures à 2,1 To. Or, cette spécification fait partie d’une norme que l’on connait depuis des années mais qu’on ne trouve pratiquement nulle part, sauf chez Apple : l’EFI (Extensible Firmware Interface). Le fameux remplaçant du BIOS n’est utilisé par pratiquement aucune carte mère, même si plusieurs constructeurs ont des projets en ce sens, ou quelques modèles disponibles, comme MSI.
On en arrive donc à une nouvelle croisée des chemins, car il faudra des efforts concertés de toute l’industrie pour casser la frontière et aller au-delà de cette limite de 2,1 To. Une diffusion des EFI de manière efficace dans les nouvelles machines, l’utilisation de systèmes d’exploitation récents, de nouveaux pilotes, une adaptation des contrôleurs RAID : tout doit être changé et/ou modifié. Selon Barbara Craig d’ailleurs, 80 % du parc informatique mondial est tout simplement incompatible.
En attendant, Seagate compte lancer ses disques durs de 3 To vers la fin de l’année. D’ici là, la solution devra évoluer, même si cela signifie que de tels modèles n’équiperont que les machines les plus récentes. Les utilisateurs de Mac Intel semblent a priori épargnés par le problème puisque ces machines disposent déjà d’un EFI et qu’une GPT est bien présente sur les disques.
Peut-être « enfin » l’occasion de se débarrasser de nos vieux BIOS ?
Vincent Hermann
le 18 mai 2010 à 17:41
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