Pour les FAI européens, Google réalise des bénéfices sur leur dos
Faites le dos rond, et les bénéfices chuteront
Alors que la neutralité du net est le sujet du moment, le Financial Times nous apprend que les géants européens France Télécom, Deutsche Telekom et Telefónica souhaitent que Google les rémunère et finance le réseau. Le leader de la recherche en ligne est en effet jugé « responsable » de consommer une quantité très importante de bande passante, notamment à cause de YouTube.
Les moteurs de recherche doivent investir dans les réseaux
César Alierta, le patron de Telefónica, aurait ainsi émis l’idée que Google et les moteurs de recherche en général partagent leurs revenus publicitaires avec les FAI, dont les dépenses en réseaux se montent à plusieurs milliards d’euros sur le long terme.
Et César Alierta semble on ne peut plus sérieux, puisque selon lui, si aucun accord n’est trouvé avec les moteurs de recherche, les opérateurs feront pression sur les autorités de régulation pour résoudre le problème.
Même logique du côté de René Obermann, le président Deutsche Telekom, qui souhaite que les moteurs de recherche participent au financement des réseaux. « Il n'y a pas un seul service de Google qui ne soit pas tributaire du réseau. (…) Nous ne pouvons pas offrir nos réseaux gratuitement. » Les opérateurs étant cependant rémunérés par leurs abonnés pour la gestion de ces services-là...
Un débat "ancien"
Stéphane Richard, le nouveau président de France Telecom (Orange), s’attaque pour sa part directement à Google : « Regardez le développement de la société numérique en termes de gagnants et de victimes. Aujourd'hui, il y a un gagnant qui est Google. Il y a des victimes qui sont les fournisseurs de contenu et, dans une certaine mesure, les opérateurs. Nous ne pouvons pas accepter cela. »
Des propos qui n’ont rien de nouveau, le sujet étant maintes fois répété depuis plusieurs années. Début 2010, ce même Stéphane Richard, alors n°2 à l’époque, fustigeait déjà Google : « Je pense que le modèle économique de Google aujourd’hui n’est pas équilibré et probablement ne permet pas en tout cas de payer normalement ce qui est la création et les contenus, ce sur quoi en fait le modèle de Google aujourd’hui prospère. (…) Essayer de faire payer en gros à Google ce qu’il utilise pour se développer, je trouve cela normal. »
Didier Lombard, l’ancien président de France Télécom, abordait déjà le sujet il y a trois ans : « Aucune des sociétés nouvelles de l'Internet telles que Yahoo!, Google ou eBay n'[a] contribué significativement au financement des infrastructures [télécoms] (…). Il est nécessaire de s'assurer que les investisseurs reçoivent une rémunération à hauteur des risques pris. Or, le modèle basé sur l'audience crée le risque d'une décorrélation entre là où les investissements sont faits et là où les revenus générés par ces investissements sont collectés. »
Google réfute
Sans surprise, Google a nié utiliser les réseaux des FAI gratuitement. La société américaine dépense des millions en serveurs et en bande passante, et une part importante de son budget est allouée à ses propres réseaux.
Rappelons que selon une étude publiée l’année dernière, Google (YouTube compris) représente près de 6 % du trafic mondial, soit plusieurs milliers de térabits par an.
Les moteurs de recherche doivent investir dans les réseaux
César Alierta, le patron de Telefónica, aurait ainsi émis l’idée que Google et les moteurs de recherche en général partagent leurs revenus publicitaires avec les FAI, dont les dépenses en réseaux se montent à plusieurs milliards d’euros sur le long terme.Et César Alierta semble on ne peut plus sérieux, puisque selon lui, si aucun accord n’est trouvé avec les moteurs de recherche, les opérateurs feront pression sur les autorités de régulation pour résoudre le problème.
Même logique du côté de René Obermann, le président Deutsche Telekom, qui souhaite que les moteurs de recherche participent au financement des réseaux. « Il n'y a pas un seul service de Google qui ne soit pas tributaire du réseau. (…) Nous ne pouvons pas offrir nos réseaux gratuitement. » Les opérateurs étant cependant rémunérés par leurs abonnés pour la gestion de ces services-là...
Un débat "ancien"
Stéphane Richard, le nouveau président de France Telecom (Orange), s’attaque pour sa part directement à Google : « Regardez le développement de la société numérique en termes de gagnants et de victimes. Aujourd'hui, il y a un gagnant qui est Google. Il y a des victimes qui sont les fournisseurs de contenu et, dans une certaine mesure, les opérateurs. Nous ne pouvons pas accepter cela. »
Des propos qui n’ont rien de nouveau, le sujet étant maintes fois répété depuis plusieurs années. Début 2010, ce même Stéphane Richard, alors n°2 à l’époque, fustigeait déjà Google : « Je pense que le modèle économique de Google aujourd’hui n’est pas équilibré et probablement ne permet pas en tout cas de payer normalement ce qui est la création et les contenus, ce sur quoi en fait le modèle de Google aujourd’hui prospère. (…) Essayer de faire payer en gros à Google ce qu’il utilise pour se développer, je trouve cela normal. »
Didier Lombard, l’ancien président de France Télécom, abordait déjà le sujet il y a trois ans : « Aucune des sociétés nouvelles de l'Internet telles que Yahoo!, Google ou eBay n'[a] contribué significativement au financement des infrastructures [télécoms] (…). Il est nécessaire de s'assurer que les investisseurs reçoivent une rémunération à hauteur des risques pris. Or, le modèle basé sur l'audience crée le risque d'une décorrélation entre là où les investissements sont faits et là où les revenus générés par ces investissements sont collectés. »
Google réfute
Sans surprise, Google a nié utiliser les réseaux des FAI gratuitement. La société américaine dépense des millions en serveurs et en bande passante, et une part importante de son budget est allouée à ses propres réseaux.
Rappelons que selon une étude publiée l’année dernière, Google (YouTube compris) représente près de 6 % du trafic mondial, soit plusieurs milliers de térabits par an.
Nil Sanyas
le 14 avril 2010 à 14:28
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