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Le système Symbian sera open source à partir de demain

De quoi rattraper la concurrence ?

symbian Symbian est un système d’exploitation pour téléphones mobiles que beaucoup connaissent. Il équipe en effet la quasi-totalité des téléphones de Nokia, le constructeur ayant racheté d’ailleurs le produit en 2008. Suite à cette opération, Nokia a mis en place la Symbian Foundation pour préparer un changement important : le passage à l’open source.

La stratégie de Nokia

Le système d’exploitation Symbian va donc devenir open source et l’équipe qui gère la transition est même en avance de quatre mois sur le planning. Les hostilités vont officiellement démarrer demain, avec la publication du code source du système. Lee Williams, directeur de la Symbian Foundation, précise par ailleurs que cette transformation vers l’open source est la plus grande jamais réalisée dans l’histoire du logiciel.

On peut comprendre à la fois la décision de Nokia ainsi que l’avance sur le planning. La firme a compris l’intérêt de l’open source et capitalise sur certaines technologies clés. Par exemple, le rachat de Trolltech lui permet de gérer le destin de Qt, dont la dernière évolution montre clairement que les développeurs sont très actifs. Publier le code source de Symbian est une nouvelle occasion d’attirer l’attention, mais surtout de contre-attaquer la concurrence.

En 2008, l’iPhone était déjà là, et le marché de la téléphonie mobile pouvait déjà sentir qu’il allait influencer les voisins. Les caractéristiques matérielles ne font pas tout, y compris l’écran capacitif qui a rapidement fait la réputation de l’iPhone : il faut que le logiciel soit à la hauteur et notamment qu’il permette aux développeurs de s’exprimer facilement. L’open source ne garantit bien sûr nécessairement le succès, mais une forte transparence ne peut de toute manière qu’apporter un bonus en termes d’images.

Se mettre au niveau de la concurrence

L’avance sur le planning est peut-être à créditer à Google, dont la sortie d’Android a achevé de mettre l’ensemble de la concurrence sous pression. Tout à coup, une firme connue pour ses succès vient s’attaquer à un domaine déjà très concurrentiel en apportant un produit bâti sur des fondations open source. Sur ce point, Lee Williams n’est pas réellement tendre avec Google : « Environ un tiers du code d’Android est ouvert et rien de plus. Et ce qui est ouvert n’est qu’une collection de middlewares. Tout le reste est fermé ».

Une manière de dire que c’est la totalité de Symbian qui passe en open source, permettant à n’importe quel développeur qui en a les capacités d’inspecter le code dans ses moindres détails, mais également de proposer des modifications. Les développeurs seront donc encouragés à participer activement à la construction du système et donc à sa destinée. Si cela fonctionne, Symbian pourrait rapidement évoluer vers beaucoup plus que ses attributions actuelles.

En effet, le système se retrouve essentiellement sur les téléphones de Nokia pour l’instant. Mais il va être intéressant d’observer l’évolution, notamment vers d’autres types de matériels, comme les tablettes ou les netbooks. En effet, les premiers smartbooks à base d’architecture ARM et équipés d’Android commencent à pointer le bout de leur nez, signalant par là qu’un système peut être assez souple pour couvrir différents besoins.

Malgré tout le côté positif que peut avoir une telle conversion, il s’agit aussi d’un aveu de faiblesse de la part de Nokia. Quand bien même Symbian dispose de six années actives de développement derrière lui, il lui manque aujourd’hui certaines fonctionnalités qui sont devenues l’apanage des systèmes « modernes », comme une gestion efficace du mulitouch. Avec le changement qui se profile, il sera intéressant de suivre les progrès réalisés pour savoir si le succès est au rendez-vous.
le 4 février 2010 à 10:13 (23 507 lectures)