Il est aujourd’hui de jurisprudence constante qu’un salarié a droit dans son lieu de travail à l’intimité de sa vie privée même sur l’outil informatique mis à disposition par l’employeur. Depuis sa décision fondatrice d’octobre 2001, la Cour de cassation explique que : « le salarié a droit, même au temps...Il est aujourd’hui de jurisprudence constante qu’un salarié a droit dans son lieu de travail à l’intimité de sa vie privée même sur l’outil informatique mis à disposition par l’employeur.
Depuis sa décision fondatrice d’octobre 2001, la Cour de cassation explique que : « le salarié a droit, même au temps et au lieu de travail, au respect de l'intimité de sa vie privée ; que celle-ci implique en particulier le secret des correspondances ». Vis-à-vis des emails, ainsi, « l'employeur ne peut (…) prendre connaissance des messages personnels émis par le salarié et reçus par lui grâce à un outil informatique mis à sa disposition pour son travail et ceci même au cas où l'employeur aurait interdit une utilisation non professionnelle de l'ordinateur ».
Problème : pour savoir ce que cache un email, il faut d‘abord le lire et donc prendre le risque de violer la vie privée de l’employé. Pas simple.
Dans un arrêt de mai 2007, la haute juridiction apportait une aide bienvenue aux juges du fond : il faut « rechercher si les fichiers ouverts sur le matériel mis à sa disposition par l’employeur avaient été identifiés comme personnels par le salarié ». Comme nous l’expliquions, l’apparence du fichier, le nom d’un dossier ou de l’objet d’un mail devront être analysés avec soin par l’employeur. Un email glacial intitulé « Réunion préparatoire sur les taux actuariels ressentis chez le client » sera professionnel, contrairement à l’appétissante « Réunion avec Jeannine derrière la piscine à 20H35, penser au déodorant ». Il en va de même avec le nom des dossiers informatiques.
Justement.
Ce 21 octobre 2009, la Cour de cassation a apporté un nouvel éclairage. Jean-Michel X… avait été licencié pour faute lourde. Son employeur avait la preuve qu’il « préparait le démantèlement de son entreprise en participant à la mise en place d’une structure directement concurrente en se rapprochant de la société ‘Marteau’ ». Comment ? Il avait fouillé l’ordinateur professionnel en présence d’un huissier, mais en l’absence du salarié. Dans l’explorateur, il trouvait alors un répertoire sur C:/ nommé « JM » (pour Jean-Michel) qui comportait un sous-répertoire nommé « personnel » et un autre nommé « Marteau ». Il établissait une copie des documents trouvés dans ce sous-dossier « Marteau ».
En 2007, la Cour d’appel estimait ce répertoire « JM » comme personnel. Résultat mécanique : le constat d’huissier et le licenciement étaient illicites.
L’analyse a toutefois été démontée par la Cour de cassation : les fichiers créés par le salarié à l’aide de l’outil informatique mis à sa disposition par l’employeur pour les besoins de son travail sont présumés avoir un caractère professionnel, soulignent une nouvelle fois les juges, « sauf si le salarié les identifie comme étant personnels, en sorte que l’employeur est en droit de les ouvrir hors la présence de l’intéressé ». Or, pour la Cour de cass’, le seul nom « JM » n’était pas identifiable comme personnel et le constat comme le licenciement ne pouvaient être annulés.
Résultat des courses, évitez les abréviations, évoquez clairement la nature d’un dossier ou d’un email dès son nom afin de prévenir les éventuelles contestations.
(Merci Legalis.net pour la diffusion)
Depuis sa décision fondatrice d’octobre 2001, la Cour de cassation explique que : « le salarié a droit, même au temps et au lieu de travail, au respect de l'intimité de sa vie privée ; que celle-ci implique en particulier le secret des correspondances ». Vis-à-vis des emails, ainsi, « l'employeur ne peut (…) prendre connaissance des messages personnels émis par le salarié et reçus par lui grâce à un outil informatique mis à sa disposition pour son travail et ceci même au cas où l'employeur aurait interdit une utilisation non professionnelle de l'ordinateur ».
Problème : pour savoir ce que cache un email, il faut d‘abord le lire et donc prendre le risque de violer la vie privée de l’employé. Pas simple.
Dans un arrêt de mai 2007, la haute juridiction apportait une aide bienvenue aux juges du fond : il faut « rechercher si les fichiers ouverts sur le matériel mis à sa disposition par l’employeur avaient été identifiés comme personnels par le salarié ». Comme nous l’expliquions, l’apparence du fichier, le nom d’un dossier ou de l’objet d’un mail devront être analysés avec soin par l’employeur. Un email glacial intitulé « Réunion préparatoire sur les taux actuariels ressentis chez le client » sera professionnel, contrairement à l’appétissante « Réunion avec Jeannine derrière la piscine à 20H35, penser au déodorant ». Il en va de même avec le nom des dossiers informatiques.
Justement.
Ce 21 octobre 2009, la Cour de cassation a apporté un nouvel éclairage. Jean-Michel X… avait été licencié pour faute lourde. Son employeur avait la preuve qu’il « préparait le démantèlement de son entreprise en participant à la mise en place d’une structure directement concurrente en se rapprochant de la société ‘Marteau’ ». Comment ? Il avait fouillé l’ordinateur professionnel en présence d’un huissier, mais en l’absence du salarié. Dans l’explorateur, il trouvait alors un répertoire sur C:/ nommé « JM » (pour Jean-Michel) qui comportait un sous-répertoire nommé « personnel » et un autre nommé « Marteau ». Il établissait une copie des documents trouvés dans ce sous-dossier « Marteau ».
En 2007, la Cour d’appel estimait ce répertoire « JM » comme personnel. Résultat mécanique : le constat d’huissier et le licenciement étaient illicites.
L’analyse a toutefois été démontée par la Cour de cassation : les fichiers créés par le salarié à l’aide de l’outil informatique mis à sa disposition par l’employeur pour les besoins de son travail sont présumés avoir un caractère professionnel, soulignent une nouvelle fois les juges, « sauf si le salarié les identifie comme étant personnels, en sorte que l’employeur est en droit de les ouvrir hors la présence de l’intéressé ». Or, pour la Cour de cass’, le seul nom « JM » n’était pas identifiable comme personnel et le constat comme le licenciement ne pouvaient être annulés.
Résultat des courses, évitez les abréviations, évoquez clairement la nature d’un dossier ou d’un email dès son nom afin de prévenir les éventuelles contestations.
(Merci Legalis.net pour la diffusion)
Le 3 décembre 2009 à 12:32
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Il y a 261 commentaires
represent
Le jeudi 3 décembre 2009 à 13:24:35
#51
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euh... Dans ma boite, doubler le parc informatique pour faire ca reviendrait a acheter 400 000 machines bas de gamme. On fait des bénefs, mais on est pas suicidaires :) Et quand on se déplace chez le client pour faire une présentation, on se trimballe avec 2 machines ? :)
Nan, on privilégiera le bon sens, et on donnera des noms de code a ses projets. Amen.
Si ta boite a 400'000 employes, l'enorme majorite des fichiers sont sur le LAN avec une charte qui explique qu'aucun fichier ne devrait jamais etre creer/modifie en local sans etre sauvegarde sur le reseau - idealement tu travailles 100% sur le LAN.
Conclusion, quand tu vas en meeting tu download uniquement ce dont tu as besoin. Et ta machine est cryptee, avec des mots de passe sur tout tes fichiers sensibles.
TBirdTheYuri
Le jeudi 3 décembre 2009 à 13:26:24
#52
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le samedi 23 juin 07
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Privé est effectivement le meilleurs choix, ou un repertoire a ton nom (le cas dnas ma boite, tu as automatiquement un repertoire a ton nom qui t es personnel)
Pour ce qui est des cles USB: dans ma boite il est interdit de brancher des périphériques de stockage lecture /ecriture sur les machines.
Tu mets une clefs usb, tu as dans les 5minutes un coup de fil du responsable info...
Ah et seulement certains ordis sont équipés de graveur CD/DVD
Ah ben dans les boîtes ou tu ne peux rien faire avec l'ordi autre que l'utilisation des logiciels du taff, de toute façon le problème est réglé. Dans ce genre de cas, la meilleure solution est d'attendre d'être rentré chez soi ou pour les moins pauvres utiliser ton téléphone 3G pour la correspondance par mail.
Tu mets une clefs usb, tu as dans les 5minutes un coup de fil du responsable info...
Ah et seulement certains ordis sont équipés de graveur CD/DVD
Ce qui est une très bonne chose
Si je peux me permettre y a différentes outils de contrôle des périphériques USB l'avantage c'est de tout bloqué mais de trusté seulement un modèle de clé ( vendeur, modele, taille) de manière à n'avoir accès en USB que via un modèle spécifique proposée par ta société (souvent avec une partie crypto des données avec..)
Seita
Le jeudi 3 décembre 2009 à 13:30:52
#54
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Ben oui comme quoi il ne faut pas faire la présentation pwpoint ou le partage d'écran sur le pc de travail.
Pour ça on privilégiera un portable bas de gamme qui contient aucun dossier ou fichiers sauf celui voulu.
Pour ça on privilégiera un portable bas de gamme qui contient aucun dossier ou fichiers sauf celui voulu.
Ou tout simplement une session utilisateur vide sans droit d'accès.
N'utilisez pas votre mailbox pro pour des conversations privées. Y'a aucune raison valable de le faire, et c'est dangereux pour soi-meme et pour la boite (spam etc).
Le spam passe déjà (même avec greylisting et antispams variés), car étant professionnel, mon adresse se retrouve forcément dans des publications diverses ou des liens directs sur des pages (sur lesquelles je ne peux pas maquiller du genre "écrivez à user at toto dot com"). Comme l'a dit je ne sais plus qui sur le forum, on peut aussi échanger des mails à caractère plus personnel entre collègues, en faisant évidemment attention à ce qu'on y dit.
Quant aux autres dangers, ce n'est pas parce qu'un patron a le DROIT d'aller fouiner qu'il DOIT le faire systématiquement, heureusement. Ca a peut être évolué, mais il me semble qu'une enquête impliquant ce genre de recherches doit tout de même être fondée et non aléatoire ou arbitraire.
"Cour de Cass'" un langage de djeunz ? C'est plus du jargon judiciaire, et est utilisé par des gens de tous ages, y compris les professionnels.
Je ne savais pas que PCI était un professionnel du secteur judiciaire, quoiqu'après tout le suivi assuré sur Hadopi ...
Edité par karmounet le jeudi 3 décembre 2009 à 13:32
Je me vois mal utiliser une autre adresse que celle du boulot pour avoir des discutions personnelles avec mes collègues de boulot...
"On se fait un resto Samedi entre collegues?" est une conversation personnelle.
"Tain, j'me suis tapé la blonde du deuxieme hier" ou "Le patron me casse vraiment les couilles", c'est plutot de l'ordre du privé. Libre aux employés d'utiliser leur mail pro pour ce genre de trucs. Mais qu'ils ne viennent pas chialer si ca leur retombe dessus.
TaigaIV
Le jeudi 3 décembre 2009 à 13:32:37
#57
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Toutafé.
Jeannine est rousse.
Et vole [strike]des poules[/strike] du chlore a la piscine.
TBirdTheYuri
Le jeudi 3 décembre 2009 à 13:33:37
#58
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En tout cas moi je suis pas emmerdé, je suis administrateur de mon poste.
Ce n'était pas voulu au départ, mais l'utilisation d'un compte administrateur étant obligatoire pour les mises à jours et la maintenance de certains logiciels était trop contraignante.
Au moindre souci avec le soft je devais attendre que l'admin revienne, admin parfois en déplacement pendant plusieurs semaines d'affilée pour qu'il m'ouvre le compte admin, que je règle le problème avec la hotline, puis que je reteste en utilisateur, puis que l'admin me réouvre la session faute de résolution du souci etc etc...
Au final j'ai été mis en admin, et maintenant je gère moi-même mon ordi, et même un serveur dédié à mon poste depuis un an. C'est 1000 fois plus simple, et en cas de pépin pas besoin que l'admin reste 2 heures à attendre pour juste taper un mot de passe à chaque reboot de l'engin.
Ce n'était pas voulu au départ, mais l'utilisation d'un compte administrateur étant obligatoire pour les mises à jours et la maintenance de certains logiciels était trop contraignante.
Au moindre souci avec le soft je devais attendre que l'admin revienne, admin parfois en déplacement pendant plusieurs semaines d'affilée pour qu'il m'ouvre le compte admin, que je règle le problème avec la hotline, puis que je reteste en utilisateur, puis que l'admin me réouvre la session faute de résolution du souci etc etc...
Au final j'ai été mis en admin, et maintenant je gère moi-même mon ordi, et même un serveur dédié à mon poste depuis un an. C'est 1000 fois plus simple, et en cas de pépin pas besoin que l'admin reste 2 heures à attendre pour juste taper un mot de passe à chaque reboot de l'engin.
Pour ma part j'ai une solution encore plus simple et efficace : le répertoire transportable. en l'occurrence, pour moi il s'agit de deux clés USB personnelles.
Oui c'est une solution mais certains chefs scrutent que les employés n'installent rien venant de l'extérieur sur les postes de la boite (USB, DVD, disquette), et même parfois l'accès physique au poste est banni. Donc plus possible d'utiliser de clés USB.
Sinon y a la méthode l'Oréal: PC de bureau = accès web restreint: pas de webmail, des kms de sites blacklistés etc...
taralafifi
Le jeudi 3 décembre 2009 à 13:35:47
#60
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Ce que j'adore dans mon boulot c'est que je peux lire les mails de n'importe qui sur le serveur et accéder au C$ et D$ de n'importe quel PC du réseau
Y'as de bonnes choses à voir, comme les photos de cul du DG avec sa femme
Ou savoir qui va être licencié 3 mois à l'avance en lisant les mails du DRH
Edité par taralafifi le jeudi 3 décembre 2009 à 13:36
Y'as de bonnes choses à voir, comme les photos de cul du DG avec sa femme
Ou savoir qui va être licencié 3 mois à l'avance en lisant les mails du DRH
Edité par taralafifi le jeudi 3 décembre 2009 à 13:36
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