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eBooks : les éditeurs veulent le prix unique et la TVA à 5,5 %

Prisunic ?

Frédéric Mitterrand pourrait avoir un nouveau dossier sur les bras. Les éditeurs de livres français aimeraient en effet que les prix fixes (de la loi Lang) s'appliquent aussi aux livres électroniques (eBooks). Mise en place en 1981, cette loi obligea les marchands à vendre les livres à un prix unique (à 5 % près) non seulement afin de protéger les petits libraires face aux grandes enseignes, mais aussi pour protéger les éditeurs eux-mêmes (notamment les petits là encore).

amazon kindle 2Autre demande des éditeurs français faite auprès du ministre de la Culture lors de la foire du livre de Francfort : la TVA à 5,5 %. Appliquée aux livres papiers, ainsi qu'aux produits de première nécessité et à certains autres secteurs (travaux, restauration, etc.), cette taxe sur la valeur ajoutée ne concerne étonnamment pas les livres électroniques. Elle est aujourd'hui à 19,6 %, comme la plupart des produits de consommation.

La remise en cause de cette "bizarrerie" n'est cependant pas nouvelle. Le député Hervé Gaymard avait ainsi présenté à Christine Albanel en mars dernier un rapport sur la situation du livre. Un rapport qui proposait de diminuer la TVA à 5,5 % afin de pouvoir proposer les livres électroniques à un tarif inférieur de 30 % aux livres papiers. Le député UMP notait cependant que les éditeurs pourraient de toute façon avoir le choix de la tarification de leurs œuvres... Le SNE, le Syndicat National de l'Édition, avait cependant contesté cette idée de tarification inférieure pour l'eBook, expliquant même que le livre électronique coûte autant et pollue plus que le papier.

Très développé outre-Atlantique, le livre électronique fait encore ses premiers pas en Europe. La faute à une offre moins importante, que ce soit en terme de lecteurs ou de contenu. Le Kindle en est le meilleur exemple. Il n'est pas disponible en Europe, mais il peut seulement être importé (à partir d'aujourd'hui), avec toutes les conséquences que cela implique (livres et journaux principalement anglophones, clavier QWERTY, services différents voire absents, alimentation différente, etc.). Ce marché a donc besoin d'une offre conséquente, mais aussi de bas tarifs pour s'épanouir. Or , si l'on applique le tarif unique, les conséquences ne risquent-elles pas d'être néfastes pour le marché ?

Frédéric Mitterrand, le ministre de la Culture, n'a pas encore donné son avis sur le point de la tarification. Il a cependant noté que les éditeurs français pourraient créer un portail unique d'eBooks afin de contrer les offres d'Amazon et Sony, et celle de Google qui ouvrira l'année prochaine
Source : Les Echos
le 19 octobre 2009 à 15:39 (10 723 lectures)