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Les liaisons dangereuses entre blogueurs et sponsors

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L’équipe Qualité de recherche de Google a publié un post qui risque de secouer la blogosphère. Il porte sur les articles sponsorisés, une pratique à laquelle plusieurs blogueurs se livrent pour financer leur site ou tout simplement monétiser leur activité. La question - qui n'est pas toute fraiche - est ainsi de savoir comment Google doit indexer ces articles, sachant qu’une pluie d’articles sponsorisés dans la tête des résultats du moteur risque de transformer celui-ci en un dépliant de supermarché... 

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« Lorsqu'un webmaster achète ou vend un lien avec l'intention de manipuler les moteurs de recherche, nous nous réservons le droit de protéger l'intégrité et la qualité de notre index » signale Google qui évoque donc un souci d’équité et de pertinence des résultats.

La qualité du PageRank en question

« Acheter ou vendre des liens qui passent du PageRank va à l'encontre de nos consignes de qualité, précise le moteur, car de tels liens détériorent la pertinence de nos résultats en provoquant des incorrections (de la fausse popularité et des liens qui ne sont pas basés sur le mérite, la pertinence, ou le choix éditorial) et de la partialité : des avantages injustes pour les sites qui ont le plus d'argent. »

Google veut s’en prendre spécialement aux liens qui accompagnent ces billets sponsorisés, puisqu’en principe le moteur va indexer les pages pour la grande cuisine de son classement. Conclusion : « Lorsque la stratégie vise à générer des liens payants pour augmenter artificiellement la popularité d'un site, cela va à l'encontre de nos consignes de qualité. Parfois, ces liens achetés ne sont même pas visibles directement par les internautes. Leur texte d'ancre peut être sciemment formaté en texte normal, par exemple sans soulignement ou sans mise en gras. »

Délation ou dénonciation ?

Google invite alors les blogueurs à utiliser à tour de bras l’attribut « rel="nofollow" » dans le lien pour tenter de rendre aveugle au moteur ces liens, ou encore à gérer tout cela via le fichier robot.txt. Mais ce n’est pas tout puisque le moteur recommande aux internautes de jouer de la délation : lorsqu’ils rencontrent des articles sponsorisés « qui vous paraissent suspects, contenant des liens qui passent du PageRank, vous pouvez nous aidez à améliorer la qualité de notre index en nous envoyant un rapport de lien payant ». 

La FTC veut révéler "les connexions matérielles"

Sur ce terrain, la FTC (Federal Trade Commission) a adopté une résolution à l’unanimité la semaine dernière. Elle met à jour les règles applicables en matière de publicité. Un blogueur américain aura désormais l’obligation de révéler les « connexions matérielles » qu’il entretient avec un fabricant, pour ses posts. Faire la promotion d’un produit sans dire que ce post aura été rétribué sera puni d’une amende de 11 000 dollars.

Le texte est très vaste et ne concerne pas seulement les billets sponsorisés au sens brutal du terme : « Par exemple, si le département pub d'une maison d'édition vous envoie un livre et que vous en parlez sur Twitter mais sans mentionner qu'il s'agit d'un exemplaire «promotionnel» gratuit, le FTC considère alors que vous faites du «billet sponsorisé» (endorsement, en anglais) » commente Jack Shaffer sur Slate.fr, pour qui « ce nouveau règlement est tellement vague qu'il transforme tout le monde en suspect ».

En effet , si séduisantes soient-elles, ces règles n’embrassent pas toutes les situations avec une mécanique d’horloger. Ainsi, est-ce que la FTC exigera des auteurs qui font la promotion d’autres auteurs de livres, qu’ils révèlent les « connexions matérielles » qu’ils ont avec ces auteurs et les éditeurs de ces livres ? Voilà l’une des nombreuses questions que se pose Ron Hogan, qui n’hésite pas à demander à la FTC si celle-ci sera aussi exigeante avec les stars pour les contraindre à divulguer « les «connexions matérielles» qu'elles partagent avec les créateurs des vêtements et des accessoires portés quand elles font des apparitions en public, par exemple, aux Oscars. »
le 12 octobre 2009 à 16:14 (12 037 lectures)