Le rachat de The Pirate Bay par son compatriote Global Gaming Factory pour 5,5 millions d'euros est bien compliqué. Alors que nous pensions l'histoire définitivement close pour un rachat officiel ce jeudi 27 août, GGF ayant eu la confirmation d'avoir le soutien des investisseurs, voilà qu'un nouvel épisode-surprise vient d'apparaître. Ainsi, selon GGF lui-même, les régulateurs du marché suédois (Aktietorget) ont suspendu vendredi dernier la cotation de son action. Une décision importante, qui n'intervient jamais gratuitement. Ici, comme bien souvent dans ce genre de situation, les finances de la société sont directement en cause.
Si GGF se veut confiant et assure que ses finances sont saines, l'Aktietorget a constaté que les conditions financières de GGF n'étaient pas suffisantes, ce qui pourrait faire totalement capoter les négociations de rachat de The Pirate Bay jeudi prochain...
Selon le quotidien suédois SvD, Johann Sellström, l'ancien patron et actuel membre du conseil d'administration de GGF, a dénoncé certaines informations relatives à Hans Pandey, l'actuel président de GGF. Ce dernier aurait en effet de multiples dettes, que ce soit envers Sellström (via la société), ou encore vis-à-vis du fisc suédois.
Le soupçon de délit d'initié reste vivace
Ajoutons qu'outre ce problème déjà fort important, GGF est depuis près de deux mois sous le coup d'une enquête pour délit d'initié. Selon le quotidien norvégien Dagbladet, le patron de GGF serait directement soupçonné.
Le délit d'initié est un délit qui consiste à disposer d'informations stratégiques secrètes et à utiliser ces dernières afin de réaliser des gains boursiers que ne peuvent réaliser les personnes ne disposant pas de telles informations. Par exemple, les dirigeants principaux d'une entreprise qui annoncera dans quelques jours un bilan financier catastrophique ne peuvent revendre leur action avant sa chute probable (après la publication du bilan).
Dans le cas présent, quelques jours avant l'annonce de l'acquisition de TPB, un nombre de transactions anormal a eu lieu (plus de 200 000 actions négociées), faisant varier de façon inhabituelle le cours de l'action de GGF. Les informations sur ce sujet sont cependant, pour l'instant, assez maigres, l'enquête demeurant secrète.
Toutes ces histoires financières risquent cependant de peser lourd. Et The Pirate Bay pourrait être le premier à en faire les frais.
Le patron de GGF, très critiqué, mais confiant
Pour Hans Pandey, ces affaires sont tout simplement les fruits d'une campagne de dénigrement à son encontre de la part de certains administrateurs de GGF, afin de l'éjecter et obtenir The Pirate Bay pour eux seuls.
« SvD crée une vive inquiétude parmi les actionnaires, les employés et les partenaires de GGF avec ses informations trompeuses qui jettent le discrédit sur la société et son directeur général avant la séance d'acquisition du 27 août 2009, et nous voulons savoir pourquoi », a ainsi déclaré Pandey dans un communiqué officiel.
Malgré toutes ces agitations, Pandey se veut néanmoins confiant : « GGF répète une fois encore que l'acquisition de The Pirate Bay sera mis en œuvre conformément au plan. GGF recommande à ses actionnaires de participer à la réunion tenue au Musée de la technique, hall Althin, Museiv 7, Stockholm. »
Les trois prochains jours devraient être mouvementés.
Nil Sanyas
Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD, aime les interviews insolites et les tablettes tactiles. Présent sur Twitter et Google+.
Le 24 août 2009 à 12:02
(11 487
lectures)
Il y a 23 commentaires
Ca sent le boudin, c'te histoire.
the_frogkiller
Le lundi 24 août 2009 à 12:18:44
#2
Inscrit
le samedi 13 octobre 07
-
1399
commentaires
Bha GGF se met dans la peau de son futur rachat. c'est donc bien un pirate
ironie quand tu nous tiens...
ironie quand tu nous tiens...
cid_Dileezer_geek
Le lundi 24 août 2009 à 12:40:40
#3
Inscrit
le lundi 16 mars 09
-
10306
commentaires
Bha GGF se met dans la peau de son futur rachat. c'est donc bien un pirate
ironie quand tu nous tiens...
ironie quand tu nous tiens...Moi ce qui me fais "rire", c'est que les délits commis par des "cols blancs", soient affublés de jolis noms du style "délit d'initié"
, "abus de bien sociaux" etcaetera, par contre lorsqu'un anonyme se permet de copier un fichier sur internet, alors il devient "un pirate, un voleur, un violeur, une personne si "mauvaise", qu'il faut l'enfermer au moins 3 ans et lui faire payer 300.000 Euros.
Elle est "belle" la justice, toujours à protéger le riche contre le pauvre...
quel suspens
Moi ce qui me fais "rire", c'est que les délits commis par des "cols blancs", soient affublés de jolis noms du style "délit d'initié"
, "abus de bien sociaux" etcaetera, par contre lorsqu'un anonyme se permet de copier un fichier sur internet, alors il devient "un pirate, un voleur, un violeur, une personne si "mauvaise", qu'il faut l'enfermer au moins 3 ans et lui faire payer 300.000 Euros.
Elle est "belle" la justice, toujours à protéger le riche contre le pauvre...
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