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Twitter, Facebook, YouTube : les élections afghanes sur le Net

Oui, mais qui les regarde ?

Tiwtter policeL'Afghanistan compte nombre de personnes analphabètes, pauvres, mais peu importe, il faut être moderne : les candidats à la présidentielle du pays ont donc décidé d'entamer leur cybercampagne sur les réseaux sociaux, Twitter, Facebook et YouTube. Calquant leurs techniques sur celles employées par Barack Obama, pour qui Twitter avait été un service d'un rare profit, sur les 41 candidats, nombre ont décidé de rassembler leurs troupes via internet.

Pourtant, l'idée ne manque pas d'étonner : seuls 10 % de la population a accès à l'électricité, avec un pays qui compte 26 à 30 millions d'habitants. Et sur ces 10 %, difficile d'évaluer le nombre de connectés au net. Alors gaspillage de temps ? Pas vraiment, car même si 5 % de la population a accès à internet, cela représenterait tout de même 1,5 million d'habitants explique un cabinet d'analyse anglais. Et une visibilité mondiale également, autant qu'une certaine notoriété.

Pour les pays en voie de développement tout comme ceux déjà industrialisés, Internet représente donc un outil démocratique d'expression immanquable. Et ceux qui ont accès au net se chargeront d'assurer la communication des présidentiables auprès de ceux qui sont exclus de la toile. Finalement, le calcul semble plutôt bon. 

L'un des candidats, ancien ministre des Affaires étrangères, Abdullah Abdullah s'est même fendu d'un site internet avec photos et vidéos, pour taper plus encore dans l'oeil de l'électeur moderne. Reste que la télévision, outil privilégié du candidat Karzai pourrait faire la différence dans un pays où l'analphabétisme pèse. L'audience réduite que les réseaux sociaux pourraient recevoir n'aura alors qu'une incidence maigre en regard de ce que la télévision peut apporter au candidat. Internet serait encore trop neuf pour l'Afghanistan.

Quand Obama compte 1,8 million de personnes qui le suivent sur Twitter, Ghani, candidat afghan, n'en compte... que 68. Mais l'objectif pourrait moins être de gagner les élections que de se faire connaître à l'échelle internationale : la diaspora afghane s'est faite à travers le monde et les personnes qui pourront suivre les candidats ne sont pas toujours que celles qui seront amenées à voter.

La réalité dans les cybercafés reste toute autre : on vient avant tout consulter ses emails, et pas vraiment surfer sur les sites des candidats. Pour beaucoup, la télévision fait largement plus qu'assurer une information régulière sur la campagne. Pour certains, qui ont vaguement entendu parler de Facebook... ils ne s'en servent pas, ignorant comment le site fonctionne, expliquent des usagers d'un cybercafé interrogés par l'AFP.
le 30 juillet 2009 à 10:39 (11 360 lectures)