67 % des Français n'ont connu qu'un seul opérateur selon l'ARCEP
Problème de con(sommateur) ou de con(currence) ?
Si les consommateurs se plaignent régulièrement du marché de la téléphonie mobile en France – 1ère heure trop chère, hors forfait onéreux, forfaits illimités trop limités, etc. – changent-ils régulièrement d'opérateurs afin de forcer ces derniers à améliorer leurs offres ? Si l'on en croit une enquête réalisée par l'ARCEP en 2007 et en 2008 auprès de 2200 personnes (à leur domicile), 46 % des utilisateurs de téléphones mobiles restent chez leur opérateur plus de cinq ans, et 73 % plus de deux ans.
Pire, selon l'étude de l'ARCEP, « en juin 2007, deux tiers des utilisateurs de mobile n’avaient pas connu d’autre opérateur que leur opérateur mobile. Pourtant, il est probable que, compte tenu de leur ancienneté, une majorité des clients des opérateurs mobiles s’est trouvée dans le passé libre d’engagement, et a donc eu l’occasion de changer d’opérateur sans payer de frais de résiliation. Il apparaît qu’une fois le choix du premier opérateur effectué, les utilisateurs de mobile ont tendance à ne pas le remettre en cause. »
Un constat édifiant, et qui n'a pourtant rien d'incroyable. Ainsi, selon une étude similaire réalisée en Suède, 65 % des Suédois interrogés n'ont jamais connu plus d'un opérateur mobile (contre 67 % en France donc). Ils seraient par contre "seulement" entre 40 et 50 % dans cette situation au Royaume-Uni.
Pourquoi de tels résultats ? Pour l'ARCEP, il existe plusieurs explications. « L’existence de coûts de changement d’opérateur est une explication possible de la faible mobilité des utilisateurs de mobile. Parmi les coûts de changement d’opérateur, le coût de la résiliation anticipée du contrat est un coût directement monétaire15. La perte des points de fidélité peut aussi être assimilée à un coût de changement directement monétaire. D’autres coûts de changement ne sont pas directement monétaires. La réalisation de certaines étapes nécessaires au changement d’opérateur implique tout un ensemble d’efforts de la part des consommateurs, en particulier en termes de temps qui y est consacré. Ainsi, le temps passé, par exemple, à explorer les offres disponibles sur le marché et leurs caractéristiques représente pour les consommateurs un coût d’opportunité, puisque ce temps aurait pu être dédié à une autre activité. »
L'autorité précise d'ailleurs que la plupart des gens sont en fait des abonnés "réengagés" (pour 67 % des sondés), et qu'ils le sont de surcroît pour 24 mois (74 %), et non 12 mois (26 %). De quoi freiner le changement d'opérateur, et ce malgré la loi Chatel... Ainsi, en 2007, 62 % des sondés avouaient que changer d'opérateur était une opération longue ou complexe.
A contrario, au Royaume-Uni, 89 % des sondés trouvent l'opération "très facile" ou "plutôt facile". Tout du moins pour ceux ayant déjà changé d'opérateur (ce pourcentage tombe à 80 % pour ceux n'ayant jamais changé d'opérateur).
À la question, "Quelle est la raison principale pour laquelle vous n'avez pas changé d'opérateur?", les réponses sont surprenantes. 35 % n'y ont pas songé, et 31 % trouvent que leur offre est la mieux ajustée à leur besoin. Seuls 12 % jugent que les offres sont peu différentes...
Les études de l'ARCEP en 2007 et 2008 ont cependant révélé bien d'autres informations intéressantes. Ainsi, nous apprenons que si le taux de pénétration du téléphone portable est supérieur à 90 % en France (et bien au-delà de 100 % dans certains pays européens), cela ne signifie pas que 90 % de la population hexagonale dispose d'un appareil, loin de là, ceux ayant plusieurs forfaits faussant les chiffres.
Ainsi, en juin 2008, seuls 78 % des sondés avaient un téléphone portable, sachant que 74 % d'entre eux avaient un forfait (bloqué ou non bloqué), contre seulement 26 % à la carte (pré-payée). Cependant, dans le détail, ce pourcentage grimpe à 99 % pour les 18-24 ans, contre 92 % pour les 25-39 ans, 81 % pour les 40-59 ans, 76 % pour les 12-17 ans, 69 % pour les 60-69 ans, et enfin, 37 % pour les 70 ans et plus.
Du côté des dépenses, tout dépend si vous avez un forfait ou non. Globalement, 37 % des sondés paient 20 € ou moins, tandis que 27 % sont entre 21 et 30 €, et 35 % plus de 30 € (en juin 2008). On remarque cependant dans le graphique ci-dessus que seulement 14 % des abonnés paient moins de 20 €, contre 66 % des personnes à la carte !
Autre information concernant les dépenses, l'ARCEP nous apprend que les moins dépensiers sont les plus âgés, mais aussi les plus jeunes. Les 12-17 ans, dépendants de leurs parents pour la plupart, dépensent ainsi moins de 20 € pour 65 % d'entre eux. Les plus gros dépensiers (ceux ayant généralement des smartphones) sont les 25-39 ans, puisque 28 % d'entre eux dépensent plus de 45 € par mois... Ils ne sont que 4 % chez les 12-17 ans et les 70 ans et plus.
Pro 4ème opérateur, l'ARCEP conclue son enquête dans cette optique : « L’enquête suggère au final que la mobilité assez faible observée résulte en partie de l’insuffisante animation concurrentielle, qui ne pourrait qu’être favorisée par une entrée significative sur le marché d’un nouvel opérateur. »
Pire, selon l'étude de l'ARCEP, « en juin 2007, deux tiers des utilisateurs de mobile n’avaient pas connu d’autre opérateur que leur opérateur mobile. Pourtant, il est probable que, compte tenu de leur ancienneté, une majorité des clients des opérateurs mobiles s’est trouvée dans le passé libre d’engagement, et a donc eu l’occasion de changer d’opérateur sans payer de frais de résiliation. Il apparaît qu’une fois le choix du premier opérateur effectué, les utilisateurs de mobile ont tendance à ne pas le remettre en cause. »Un constat édifiant, et qui n'a pourtant rien d'incroyable. Ainsi, selon une étude similaire réalisée en Suède, 65 % des Suédois interrogés n'ont jamais connu plus d'un opérateur mobile (contre 67 % en France donc). Ils seraient par contre "seulement" entre 40 et 50 % dans cette situation au Royaume-Uni.
Pourquoi de tels résultats ? Pour l'ARCEP, il existe plusieurs explications. « L’existence de coûts de changement d’opérateur est une explication possible de la faible mobilité des utilisateurs de mobile. Parmi les coûts de changement d’opérateur, le coût de la résiliation anticipée du contrat est un coût directement monétaire15. La perte des points de fidélité peut aussi être assimilée à un coût de changement directement monétaire. D’autres coûts de changement ne sont pas directement monétaires. La réalisation de certaines étapes nécessaires au changement d’opérateur implique tout un ensemble d’efforts de la part des consommateurs, en particulier en termes de temps qui y est consacré. Ainsi, le temps passé, par exemple, à explorer les offres disponibles sur le marché et leurs caractéristiques représente pour les consommateurs un coût d’opportunité, puisque ce temps aurait pu être dédié à une autre activité. »
L'autorité précise d'ailleurs que la plupart des gens sont en fait des abonnés "réengagés" (pour 67 % des sondés), et qu'ils le sont de surcroît pour 24 mois (74 %), et non 12 mois (26 %). De quoi freiner le changement d'opérateur, et ce malgré la loi Chatel... Ainsi, en 2007, 62 % des sondés avouaient que changer d'opérateur était une opération longue ou complexe.
A contrario, au Royaume-Uni, 89 % des sondés trouvent l'opération "très facile" ou "plutôt facile". Tout du moins pour ceux ayant déjà changé d'opérateur (ce pourcentage tombe à 80 % pour ceux n'ayant jamais changé d'opérateur).
À la question, "Quelle est la raison principale pour laquelle vous n'avez pas changé d'opérateur?", les réponses sont surprenantes. 35 % n'y ont pas songé, et 31 % trouvent que leur offre est la mieux ajustée à leur besoin. Seuls 12 % jugent que les offres sont peu différentes...
Les études de l'ARCEP en 2007 et 2008 ont cependant révélé bien d'autres informations intéressantes. Ainsi, nous apprenons que si le taux de pénétration du téléphone portable est supérieur à 90 % en France (et bien au-delà de 100 % dans certains pays européens), cela ne signifie pas que 90 % de la population hexagonale dispose d'un appareil, loin de là, ceux ayant plusieurs forfaits faussant les chiffres.
Ainsi, en juin 2008, seuls 78 % des sondés avaient un téléphone portable, sachant que 74 % d'entre eux avaient un forfait (bloqué ou non bloqué), contre seulement 26 % à la carte (pré-payée). Cependant, dans le détail, ce pourcentage grimpe à 99 % pour les 18-24 ans, contre 92 % pour les 25-39 ans, 81 % pour les 40-59 ans, 76 % pour les 12-17 ans, 69 % pour les 60-69 ans, et enfin, 37 % pour les 70 ans et plus.
Du côté des dépenses, tout dépend si vous avez un forfait ou non. Globalement, 37 % des sondés paient 20 € ou moins, tandis que 27 % sont entre 21 et 30 €, et 35 % plus de 30 € (en juin 2008). On remarque cependant dans le graphique ci-dessus que seulement 14 % des abonnés paient moins de 20 €, contre 66 % des personnes à la carte !
Autre information concernant les dépenses, l'ARCEP nous apprend que les moins dépensiers sont les plus âgés, mais aussi les plus jeunes. Les 12-17 ans, dépendants de leurs parents pour la plupart, dépensent ainsi moins de 20 € pour 65 % d'entre eux. Les plus gros dépensiers (ceux ayant généralement des smartphones) sont les 25-39 ans, puisque 28 % d'entre eux dépensent plus de 45 € par mois... Ils ne sont que 4 % chez les 12-17 ans et les 70 ans et plus.
Pro 4ème opérateur, l'ARCEP conclue son enquête dans cette optique : « L’enquête suggère au final que la mobilité assez faible observée résulte en partie de l’insuffisante animation concurrentielle, qui ne pourrait qu’être favorisée par une entrée significative sur le marché d’un nouvel opérateur. »
Nil Sanyas
le 13 juillet 2009 à 12:09
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