Hadopi 2 ou « projet de loi relative à la protection pénale de la propriété intellectuelle littéraire et artistique sur Internet » aujourd’hui géré par le ministère de la Justice, constitue « un acharnement thérapeutique » selon la Quadrature du net.
Qu’on partage ou non cette position, on doit constater que le texte présente des défauts similaires avec son ancêtre décapité par le Conseil constitutionnel. C’est d’abord et avant tout la faiblesse de l’IP sèche dans le constat d’un défaut de sécurisation. Elle opère pourtant un renversement du fardeau de la preuve puisque les « procès-verbaux font foi jusqu'à preuve contraire » dit le projet. L’agent assermenté va repérer l’IP 123.123.123.123 attaché à un téléchargement illicite, et ce sera à l’abonné soupçonné de contrefaçon de démontrer qu’il n’a rien téléchargé (Hadopi 2) ou qu’il a bien sécurisé sa ligne (projet de décret). Belle affaire qu’on ne cesse de dénoncer depuis le début de cette longue et fastidieuse série, et qu’a déjà balayée la justice.
Le bug de la prise en charge des coûts
Mais il y a un autre bug persistant dans Hadopi 2 : le texte oublie curieusement d’aborder la question de la prise en charge des coûts. Ce seront des coûts structurels, l’adaptation des réseaux par les FAI pour que partout en France, seul l’accès à Internet soit coupé, non la TV ou le téléphone. Ce seront aussi les coûts fonctionnels liés à l’identification des IP et la coupure. Dans tous les cas, ces frais devront être pris en charge par l’Etat.
Une jurisprudence constitutionnelle limpide
Le Conseil constitutionnel l’avait clairement posé dans une décision du 28 décembre 2000 : « s'il est loisible au législateur (...) d'imposer aux opérateurs (...) de mettre en place et de faire fonctionner les dispositifs techniques permettant les interceptions justifiées par les nécessités de la sécurité publique, le concours ainsi apporté à la sauvegarde de l'ordre public, dans l'intérêt général de la population, est étranger à l'exploitation des réseaux de télécommunications ; (...) les dépenses en résultant ne sauraient dès lors, en raison de leur nature, incomber directement aux opérateurs » (voir les réactions de Free à ce sujet).
Très certainement, cette jurisprudence s’appliquera dans ce secteur, le droit pénal et son application étant étrangers à l’ADN des opérateurs. Restera bien entendu à évaluer les coûts...
Des coûts rabaissés par le gouvernement
Dans ses observations au Conseil constitutionnel, préalable à la décision du 10 juin sur Hadopi, le gouvernement avait assuré que « pour 95% des lignes téléphoniques, il est déjà techniquement possible de procéder à la suspension des services de communication au public en ligne sans suspendre la télévision ou le téléphone ». Du tout cuit. « Il convient de signaler en outre que, compte tenu des campagnes en cours de " migration " des clients vers des infrastructures plus modernes en termes de réseaux et de boîtiers de connexion, près de 100% des lignes devraient être couvertes dans un délai d'un an, c'est-à-dire selon un calendrier cohérent avec l'intervention des premières mesures de sanction qui pourraient être décidées par la Haute Autorité ». En bref, des coûts structurels qui tendraient vers zéro.
Autre chose, les coûts fonctionnels seraient d’une certaine manière amortis par les économies attendues en bande passante : « à supposer même qu'il soit coûteux à mettre en œuvre, le dispositif conçu par la loi déférée ne conduira à engager, en tout état de cause, que des volumes financiers prévisibles, maîtrisables et sans commune mesure avec les effets financiers attendus sur le financement de la création culturelle et sur l'utilisation de la bande passante mise à disposition de leurs abonnés par les fournisseurs d'accès à Internet, dont il est estimé qu'elle est actuellement occupée à près de 50% par des échanges liés au piratage de contenus ». En clair, là encore, il est vrai que cela va coûter un peu d’argent, mais les FAI vont faire de larges économies de bande passante grâce à cette politique pénale à la productivité si évidente pour le gouvernement.
26 magistrats pour 50 000 coupures par an
Seul chiffre aujourd’hui connu, c’est la volumétrie d’Hadopi 2 ; selon l’étude d’impact jointe au projet de loi, les 26 magistrats embauchés devront viser les 50 000 coupures par an. De vrais contractuels...
Qu’on partage ou non cette position, on doit constater que le texte présente des défauts similaires avec son ancêtre décapité par le Conseil constitutionnel. C’est d’abord et avant tout la faiblesse de l’IP sèche dans le constat d’un défaut de sécurisation. Elle opère pourtant un renversement du fardeau de la preuve puisque les « procès-verbaux font foi jusqu'à preuve contraire » dit le projet. L’agent assermenté va repérer l’IP 123.123.123.123 attaché à un téléchargement illicite, et ce sera à l’abonné soupçonné de contrefaçon de démontrer qu’il n’a rien téléchargé (Hadopi 2) ou qu’il a bien sécurisé sa ligne (projet de décret). Belle affaire qu’on ne cesse de dénoncer depuis le début de cette longue et fastidieuse série, et qu’a déjà balayée la justice.
Le bug de la prise en charge des coûts
Mais il y a un autre bug persistant dans Hadopi 2 : le texte oublie curieusement d’aborder la question de la prise en charge des coûts. Ce seront des coûts structurels, l’adaptation des réseaux par les FAI pour que partout en France, seul l’accès à Internet soit coupé, non la TV ou le téléphone. Ce seront aussi les coûts fonctionnels liés à l’identification des IP et la coupure. Dans tous les cas, ces frais devront être pris en charge par l’Etat.
Une jurisprudence constitutionnelle limpide
Le Conseil constitutionnel l’avait clairement posé dans une décision du 28 décembre 2000 : « s'il est loisible au législateur (...) d'imposer aux opérateurs (...) de mettre en place et de faire fonctionner les dispositifs techniques permettant les interceptions justifiées par les nécessités de la sécurité publique, le concours ainsi apporté à la sauvegarde de l'ordre public, dans l'intérêt général de la population, est étranger à l'exploitation des réseaux de télécommunications ; (...) les dépenses en résultant ne sauraient dès lors, en raison de leur nature, incomber directement aux opérateurs » (voir les réactions de Free à ce sujet).
Très certainement, cette jurisprudence s’appliquera dans ce secteur, le droit pénal et son application étant étrangers à l’ADN des opérateurs. Restera bien entendu à évaluer les coûts...
Des coûts rabaissés par le gouvernement
Dans ses observations au Conseil constitutionnel, préalable à la décision du 10 juin sur Hadopi, le gouvernement avait assuré que « pour 95% des lignes téléphoniques, il est déjà techniquement possible de procéder à la suspension des services de communication au public en ligne sans suspendre la télévision ou le téléphone ». Du tout cuit. « Il convient de signaler en outre que, compte tenu des campagnes en cours de " migration " des clients vers des infrastructures plus modernes en termes de réseaux et de boîtiers de connexion, près de 100% des lignes devraient être couvertes dans un délai d'un an, c'est-à-dire selon un calendrier cohérent avec l'intervention des premières mesures de sanction qui pourraient être décidées par la Haute Autorité ». En bref, des coûts structurels qui tendraient vers zéro.
Autre chose, les coûts fonctionnels seraient d’une certaine manière amortis par les économies attendues en bande passante : « à supposer même qu'il soit coûteux à mettre en œuvre, le dispositif conçu par la loi déférée ne conduira à engager, en tout état de cause, que des volumes financiers prévisibles, maîtrisables et sans commune mesure avec les effets financiers attendus sur le financement de la création culturelle et sur l'utilisation de la bande passante mise à disposition de leurs abonnés par les fournisseurs d'accès à Internet, dont il est estimé qu'elle est actuellement occupée à près de 50% par des échanges liés au piratage de contenus ». En clair, là encore, il est vrai que cela va coûter un peu d’argent, mais les FAI vont faire de larges économies de bande passante grâce à cette politique pénale à la productivité si évidente pour le gouvernement.
26 magistrats pour 50 000 coupures par an
Seul chiffre aujourd’hui connu, c’est la volumétrie d’Hadopi 2 ; selon l’étude d’impact jointe au projet de loi, les 26 magistrats embauchés devront viser les 50 000 coupures par an. De vrais contractuels...
Le 25 juin 2009 à 10:31
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Il y a 82 commentaires
Y'en a qui ont déjà vu le filon (à un H près)
[strike]Fillon[/strike] Sarko veut vraiment la voir très loin de Paris on dirait
Fillon c'est même pas un fusible , juste un gars bon pour inaugurer les chrysanthemes.
ano_635044037212003106
Le jeudi 25 juin 2009 à 11:20:59
#33
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le jeudi 21 juillet 05
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7516
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Y'a un truc que j'ai pas compris. Avec Hadopi 1, le conseil constitutionnel a dit (en gros) : "ca va pas votre loi, c'est plus de la présomption d'innocence mais de culpabilité".
Et pourtant c'est pas la même chose qu'ils tentent de nous ressortir avec la 2?
Et pourtant c'est pas la même chose qu'ils tentent de nous ressortir avec la 2?
C'est une loi 2.0, un peu comme le web 2.0, l'utilisateur devient plus interactif pour ça que c'est à lui de faire le boulot.
Pour une fois qu'on a un gouvernement à la pointe vous vous plaignez encore
Mais franchement elle commence vraiment à être très répressive cette loi.
c'est le but, le net etant le dernier media que le petit roitelet n'a pas a sa botte et ca doit bien l'enerver
Edité par moggbomber le jeudi 25 juin 2009 à 11:22
Donc en gros ca va être moins efficace que Hadopi 1er et surement encore plus cher ?
Et toujours rien dans la popoche des artistes ?
...
C'est môche !
Et toujours rien dans la popoche des artistes ?
...
C'est môche !
Je propose un p'tit script qui va télécharger une grosse distrib Linux, la supprimer, la télécharger, la supprimer, la télécharger, la supprimer, la télécharger, la supprimer, la télécharger, la supprimer, la télécharger, la supprimer, la télécharger, la supprimer, la télécharger, la supprimer, la télécharger, la supprimer, la télécharger, la supprimer, la télécharger, la supprimer, la télécharger, la supprimer, la télécharger, la supprimer, la télécharger...
Qu'en dites vous ?
installes i2p et laisse ta bande passante pour la communauté
Commentaire_supprime
Le jeudi 25 juin 2009 à 11:30:52
#37
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le vendredi 31 octobre 08
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Bah mon bosse a bien 3 UC pour un écran, suffit juste d'avoir un bouzin (connais pas le nom) qui permet de switcher clavier souris écran)
Cela s'appelle un boîtier KVM (pour Keyboard VGA Mouse)
EDIT : oups, ça sent le brûlé et ça vient de moi...
Edité par Commentaire supprimé le jeudi 25 juin 2009 à 11:32
Ce qui est tout de même marrant c'est que les gens qui se disaient contre HADOPI après qu'elle ait été voté bizarrement ils mouftent pas contre HADOPI 2
Et toujours rien dans la popoche des artistes ?
...
C'est môche !
[ rires en boite ]
Mais franchement elle commence vraiment à être très répressive cette loi.
Elle l a toujours ete, avec hadopi 1 te faire couper ne t empechait pas de prendre le proces de contrefacon dans la tronche, avec triple peine. En plus ils avaient deja les logs pour faciliter le proces.
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