Après le président, la ministre : en marge du Festival de Cannes qui se déroule actuellement, Christine Albanel a expliqué qu’il fallait « augmenter le pouvoir d'achat des cinéphiles et mélomanes par une fiscalité prenant en compte les spécificités des biens culturels ».
Cette déclaration de bonnes intentions a été faite lors du bilan du CNC, centre national de la cinématographie, lequel « fait état des principales tendances économiques du secteur du cinéma et de l'audiovisuel » et qui a été présenté ce matin à l’ensemble des professionnels et à la presse dans le prestigieux Hôtel Majestic.
TVA à 5,5% pour les biens culturels (ce que réclament plusieurs artistes comme Cali), ristournes fiscales pour les distributeurs, la ministre a promis que « l'engagement de la France sur ce dossier sera total ». Selon une dépêche AFP, la ministre a promis une consultation sur les possibilités de « dégager de nouvelles ressources pour la diffusion des œuvres sur les réseaux numériques » et la mise en place de « formules attractives » de films en téléchargement.
L’iTune fait le bonheur
Christine Albanel a ainsi apporté la bonne parole du pouvoir d’achat devant les professionnels du secteur. Mauvais hasard du calendrier, cette défense du pouvoir d'achat intervient alors que les bénéficiaires de la rémunération pour copie privée veulent taper dur sur les disques durs externes et bientôt les Blu-Ray, et ce, au titre de la rémunération pour copie privée. N’y aurait-il pas un problème de phase entre les ayants droit et la rue de Valois sur fond de pouvoir d'achat ?
L'argent de poche, la solution Lefebvrienne
Ce n’est pas la première fois que les forces politiques nous dressent cette piste intéressante du pouvoir d'achat pour lutter contre le piratage. Lors de la réunion UMP autour du projet Création et Internet qui s’était tenue en mars dernier, le député Frédéric Lefebvre avait déjà ouvert le chemin, hache à la main : « Je vous le dis de manière très forte et je le dis à Jean-François (Copé) pour ses enfants comme je l’ai fait avec les miens car évidemment ils ont exactement les mêmes réflexes : j’ai fait quelque chose qu’il faut que tous les Français se disent, c’est que je leur ai donné un budget. Parce que si vous avez des enfants qui sont mineurs qui ne travaillent pas et que vous considérez que vous ne leur donnez pas de l’argent de poche pour acheter de la musique sur iTunes, évidemment ils vont continuer à pirater. Il y a une question d’éducation y compris des parents et il faut qu’on pense à cela. ».
La claque de Tarantino
On notera toutefois quelques bémols dans le parcours fleuri de la ministre, comme cette petite phrase que lui aurait adressé Quentin Tarantino, selon le site Mixbeat,: « Let them copy it so they can buy ».
Marc Rees
le 19 mai 2009 à 14:50
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