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Après le camouflet assené au projet de loi Création et Internet, rejeté par la représentation nationale hier à l’Assemblée, que va-t-il se passer ? Pour le savoir, il faut se lancer dans la lecture de l’article 45 de la Constitution. Mais d’abord un petit résumé...
Le projet Création et internet a été présenté aux parlementaires selon une procédure accélérée. Le choix venait du président Sarkozy qui avait estimé que l’adoption de cette loi était une priorité absolue.
Le Sénat avait donc examiné puis adopté ce fameux texte après quelques heures de débats mous. La navette l’envoyait alors à l’Assemblée nationale qui reprenait l’examen du texte pour l’adapter, ajouter et enlever des éléments : on citera par exemple la suspension du paiement de l’abonnement lors de la coupure d’accès ou encore l’amnistie des P2Pistes, etc. On se retrouvait donc avec deux versions : la version du Sénat, la version de l’Assemblée, et un compromis s’imposait.
Pour faire un arbitrage, une commission spéciale existe. C’est la Commission Mixte Paritaire, ou CMP, organe de 14 parlementaires où l’UMP fut majoritaire. Sans surprise, ce fut les bons éléments qui furent choisis pour représenter le groupe afin d’éviter toute dissidence ou choix non harmonieux. Ces parlementaires adoptaient ainsi un texte commun. On décida par exemple de contraindre à nouveau l’abonné suspendu à payer son abonnement, de supprimer le surréférencement des offres légales dans les moteurs de recherche, etc.
Un vote définitif après la Commission Mixte Paritaire
Ce texte de compromis achevait alors sa course parlementaire. Avant cela, il devait cependant subir un ultime vote par le Sénat puis par l’Assemblée. Manière de dire que la représentation nationale valide le choix de la CMP. Ce jeudi matin, donc au Sénat, tout se passa encore sans surprise, une habitude de la maison pour ce projet. Mais pas à l’Assemblée, non puisque le projet création et Internet fut rejeté (voir la vidéo, et ses explications).
Et maintenant ?
Désormais, que se passe-t-il ? Si l’on regarde la Constitution, « le gouvernement peut, après une nouvelle lecture par l'Assemblée nationale et par le Sénat, demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. En ce cas, l'Assemblée nationale peut reprendre soit le texte élaboré par la commission mixte, soit le dernier texte voté par elle, modifié le cas échéant par un ou plusieurs des amendements adoptés par le Sénat ».
Décodons : le gouvernement peut organiser un deuxième vote. Il l’a dit d’ailleurs après le séisme parlementaire, fixant cette date au 28 avril (mais le rendez vous sera sans doute plus tardif). La procédure sera cependant plus longue et hasardeuse. En effet, le vote se basera sur la version qu’avait initialement votée l’Assemblée lors de la première lecture, avec ses particularismes (amnistie des P2Pistes, suspension de l’abonnement en cas de coupure, un président de la Hadopi désigné par décret, le surréférencement dans les moteurs, etc.).
Ce n’est pas tout ! Le texte repartira ensuite au Sénat. Et là, de deux choses l’une : soit le Sénat l’adopte conformément, et ca en sera fini, soit le Sénat vote des modifications et la navette repart pour l’Assemblée pour une lecture et un vote définitif. La majorité sera cette fois plus attentive aux consignes d’en haut, sauf à faire preuve d’une dissidence effrontée. Il reste que le big bang médiatique, le camouflet politique et la gifle parlementaire résonneront encore ce jour-là dans l’hémicycle.
On s’attend d’ailleurs à un vote solennel, une procédure qui permet de savoir qui soutient ou s'oppose au projet de loi, contrairement au vote à main levée, option choisie jusqu’à présent qui a le charme de ne pas exposer les députés présents pour simplement lever un bras. Les députés devront donc afficher leur choix au grand jour et assumer leur décision dans leur circonscription, auprès des électeurs. Autant dire, un poids politique nettement plus lourd et risqué sur leurs épaules.
Le tout se fera dans un contexte international complexe: l'Europe négocie encore et toujours le Paquet Télécom, et sont organisées dans quelque temps les élections européennes avant ou pendant le deuxième examen. Sur le Paquet Télécom, on sait par exemple que la France veut anesthésier l’amendement anti-riposte graduée, le fameux amendement 138/46. On imagine sans mal la situation du pays qui dans le même temps n’a justement pas su imposer cette fameuse riposte graduée auprès de sa représentation nationale…
Le projet Création et internet a été présenté aux parlementaires selon une procédure accélérée. Le choix venait du président Sarkozy qui avait estimé que l’adoption de cette loi était une priorité absolue.
Le Sénat avait donc examiné puis adopté ce fameux texte après quelques heures de débats mous. La navette l’envoyait alors à l’Assemblée nationale qui reprenait l’examen du texte pour l’adapter, ajouter et enlever des éléments : on citera par exemple la suspension du paiement de l’abonnement lors de la coupure d’accès ou encore l’amnistie des P2Pistes, etc. On se retrouvait donc avec deux versions : la version du Sénat, la version de l’Assemblée, et un compromis s’imposait.
Pour faire un arbitrage, une commission spéciale existe. C’est la Commission Mixte Paritaire, ou CMP, organe de 14 parlementaires où l’UMP fut majoritaire. Sans surprise, ce fut les bons éléments qui furent choisis pour représenter le groupe afin d’éviter toute dissidence ou choix non harmonieux. Ces parlementaires adoptaient ainsi un texte commun. On décida par exemple de contraindre à nouveau l’abonné suspendu à payer son abonnement, de supprimer le surréférencement des offres légales dans les moteurs de recherche, etc.
Un vote définitif après la Commission Mixte Paritaire
Ce texte de compromis achevait alors sa course parlementaire. Avant cela, il devait cependant subir un ultime vote par le Sénat puis par l’Assemblée. Manière de dire que la représentation nationale valide le choix de la CMP. Ce jeudi matin, donc au Sénat, tout se passa encore sans surprise, une habitude de la maison pour ce projet. Mais pas à l’Assemblée, non puisque le projet création et Internet fut rejeté (voir la vidéo, et ses explications).
Et maintenant ?
Désormais, que se passe-t-il ? Si l’on regarde la Constitution, « le gouvernement peut, après une nouvelle lecture par l'Assemblée nationale et par le Sénat, demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. En ce cas, l'Assemblée nationale peut reprendre soit le texte élaboré par la commission mixte, soit le dernier texte voté par elle, modifié le cas échéant par un ou plusieurs des amendements adoptés par le Sénat ».
Décodons : le gouvernement peut organiser un deuxième vote. Il l’a dit d’ailleurs après le séisme parlementaire, fixant cette date au 28 avril (mais le rendez vous sera sans doute plus tardif). La procédure sera cependant plus longue et hasardeuse. En effet, le vote se basera sur la version qu’avait initialement votée l’Assemblée lors de la première lecture, avec ses particularismes (amnistie des P2Pistes, suspension de l’abonnement en cas de coupure, un président de la Hadopi désigné par décret, le surréférencement dans les moteurs, etc.).
Ce n’est pas tout ! Le texte repartira ensuite au Sénat. Et là, de deux choses l’une : soit le Sénat l’adopte conformément, et ca en sera fini, soit le Sénat vote des modifications et la navette repart pour l’Assemblée pour une lecture et un vote définitif. La majorité sera cette fois plus attentive aux consignes d’en haut, sauf à faire preuve d’une dissidence effrontée. Il reste que le big bang médiatique, le camouflet politique et la gifle parlementaire résonneront encore ce jour-là dans l’hémicycle.
On s’attend d’ailleurs à un vote solennel, une procédure qui permet de savoir qui soutient ou s'oppose au projet de loi, contrairement au vote à main levée, option choisie jusqu’à présent qui a le charme de ne pas exposer les députés présents pour simplement lever un bras. Les députés devront donc afficher leur choix au grand jour et assumer leur décision dans leur circonscription, auprès des électeurs. Autant dire, un poids politique nettement plus lourd et risqué sur leurs épaules.
Le tout se fera dans un contexte international complexe: l'Europe négocie encore et toujours le Paquet Télécom, et sont organisées dans quelque temps les élections européennes avant ou pendant le deuxième examen. Sur le Paquet Télécom, on sait par exemple que la France veut anesthésier l’amendement anti-riposte graduée, le fameux amendement 138/46. On imagine sans mal la situation du pays qui dans le même temps n’a justement pas su imposer cette fameuse riposte graduée auprès de sa représentation nationale…
Le 10 avril 2009 à 07:26
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Il y a 197 commentaires
bisounours_gros_calins
Le vendredi 10 avril 2009 à 08:17:29
#21
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le jeudi 14 décembre 06
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247
commentaires
Bof, tu préfères que des personnes n'y connaissant strictement rien et n'ayant probablement pas lu le projet de texte de loi votent ? L'Assemblée n'est pas (encore) le café du commerce.
On n'a qu'a les payer au pro-rata de leur presence, ca les motiveraient peut-etre...
amenophis57
Le vendredi 10 avril 2009 à 08:17:30
#22
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le vendredi 13 janvier 06
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516
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la loi passera quoiqu'il arrive ...ce sera vite reglé le 28 avril
Dunaedine
Le vendredi 10 avril 2009 à 08:21:34
#23
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le samedi 7 janvier 06
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15989
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si justement, et là on voit réellement que le Président se fout complétement de notre gueule et montre de plus en plus ses ambitions persos (avis qui ne regarde que moi
)
)C'était visible avant même qu'il soit président qu'il agisse ainsi... Si les gens s'était un peu renseigné sur qui il était au lieu d'écouter les discours de campagne...
brunobb91
Le vendredi 10 avril 2009 à 08:25:50
#24
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le mercredi 19 mars 08
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2325
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On n'a qu'a les payer au pro-rata de leur presence, ca les motiveraient peut-etre...
sa a ete proposer et sa a ete refuser
On paye CANAL + 45 € on a le droit a des dixaines de chaine et on peut enregistrer les emissions pour soit .
Internet on nous traite de pirate alors qu'on fait au final la meme chose vu quec'est pour un usage personnel ,pas pour en faire un commerce .
Le choix va etre vite fait pour moi , je prendrai canal + et internet ils se le mettront là où je pense .
Canal + et piratage = similarité , donc pourquoi ne pas adopter une licence globale ?
Internet on nous traite de pirate alors qu'on fait au final la meme chose vu quec'est pour un usage personnel ,pas pour en faire un commerce .
Le choix va etre vite fait pour moi , je prendrai canal + et internet ils se le mettront là où je pense .
Canal + et piratage = similarité , donc pourquoi ne pas adopter une licence globale ?
francois-battail
Le vendredi 10 avril 2009 à 08:27:46
#26
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le lundi 14 novembre 05
-
1817
commentaires
C'est un peu trop facile : ces gens la sont payés une fortune pour justement legiferer sur les lois. S'ils ne connaissent pas un sujet, ils l'etudient, c'est pas plus compliqué que ca.
Il y a le travail en commission (hors caméra), en circonscription et éventuellement d'autres fonctions pour les cumulards, techniquement c'est impossible ; c'est pourquoi l'hémicycle est rarement rempli. Quand il l'est, c'est uniquement un coup médiatique et les députés votent alors en fonction des directives de leur parti alors que « tout mandat impératif est nul ».
Je viens d'entendre sur une grande radio nationale que Monsieur sarkozy et la droite dénonce la méthode de la gauche.
Le chroniqueur a présenté la méthode comme illégale, honteuse et qui à empêché la mise en place d'un texte salvateur pour les artistes en gros... ( attention avis perso... c'est pas dit clairement... )
Vive la France....
Le chroniqueur a présenté la méthode comme illégale, honteuse et qui à empêché la mise en place d'un texte salvateur pour les artistes en gros... ( attention avis perso... c'est pas dit clairement... )
Vive la France....
Comme dirait ma grand mère, "C'est marmite qu'appelle chaudron cul noir"
bisounours_gros_calins
Le vendredi 10 avril 2009 à 08:29:59
#28
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le jeudi 14 décembre 06
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247
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Il y a le travail en commission (hors caméra), en circonscription et éventuellement d'autres fonctions pour les cumulards, techniquement c'est impossible ; c'est pourquoi l'hémicycle est rarement rempli. Quand il l'est, c'est uniquement un coup médiatique et les députés votent alors en fonction des directives de leur parti alors que « tout mandat impératif est nul ».
Je sais pas, mais... la crise, les gens qui crevent de faim, etc... ce n'est pas plus important que l'appetit feroce des majors ?
Les pauvres ça ne rapportent pas de frics...
francois-battail
Le vendredi 10 avril 2009 à 08:38:06
#30
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le lundi 14 novembre 05
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1817
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Certes, mais ca fait quand meme mal au fion quand on voit qu'une loi aussi importante et controversée que celle-la ne soit suivi que par 36 gus
C'est vrai, mais en même temps le débat a été d'un bon niveau (du moins côté opposition), sans trop d'effets de manche et avec de vrais arguments plutôt techniques. Ce qui a mon sens est plutôt désolant c'est lorsqu'une loi est débattue par une dizaine de députés compétents puis votée par une armée de godillots...
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