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Pour les FAI, il reviendra à l'État d'assumer les coûts d'Hadopi

AnéFAI

La Fédération Française des Télécoms, qui représente tous les FAI du marché excepté Free, vient à l'instant de rappeler qu'il était hors de question que les FAI paient à la place des pouvoirs publics pour une loi qu'ils n'ont jamais demandée (voir sa réaction intégrale ci-dessous).

FFT Federation française telecoms logoLa FFT a de plus vivement réagi au dernier amendement des députés Billard et Dionis visant à ce qu'un abonné suspendu n'ait plus à payer la part relevant à la connexion Internet. En somme, les abonnés sanctionnés pourront toujours utiliser la téléphonie et la télévision (s'ils sont éligibles), et paieront ces services et uniquement ces services. Le but de la manoeuvre est donc d'éviter la double peine.

Or pour la FFT, interrogée par PC INpact, cela soulève d'énormes problèmes. Non seulement cette double peine à l'internaute est de facto transférée aux FAI, qui auront toujours les coûts de la ligne, mais dans le cas des offres groupées (triple-play), le calcul de la seule connexion Internet est tout sauf simple.

Loi « Création et Internet » : pour la Fédération Française des Télécoms, il n'appartient pas aux opérateurs de financer le dispositif de riposte graduée.

La Fédération Française des Télécoms tient à réagir aux propos tenus par Madame la Ministre de la Culture au cours du débat à l'Assemblée Nationale, au sujet du financement par les fournisseurs d'accès internet des coûts de mise en œuvre de la loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur internet.

Les accords de l'Elysée n'ont jamais prévu la prise en charge par les opérateurs de ces coûts. En revanche, depuis le début des discussions, il y a toujours eu une attitude claire et constante des pouvoirs publics de non remise en cause des devoirs de l'Etat quant à leur prise en charge par celui-ci.

La Fédération Française des Télécoms regrette, alors même que l'encre de la loi audiovisuelle qui vient d'imposer une nouvelle taxe sur le chiffre d'affaires des opérateurs n'est pas encore sèche, que de nouvelles dîmes soient annoncées pour financer un dispositif de suspension de l'accès internet pourtant largement critiqué, tant du point de vue de son efficacité technique, des risques juridiques qu'il comporte et des délais de mise en œuvre (1 à 2 ans), que sur la question de son coût et de son financement.

La Fédération conteste la possibilité de mettre à la charge des opérateurs les coûts de mise en œuvre de l'ensemble de ce dispositif de riposte graduée. Comme cela a été justement rappelé dans l'hémicycle, et conformément au principe d'égalité devant les charges publiques, principe constitutionnel fondateur du droit français, l'Etat n'a pas à faire peser financièrement sur les opérateurs les coûts d'une mission d'intérêt général étrangère à l'activité de ces mêmes opérateurs. Ce principe a d'ailleurs été consacré par une décision du Conseil constitutionnel du 28 décembre 2000.

Il reviendra donc à l'Etat d'assumer les coûts très lourds afférents à la mise en œuvre de l'ensemble du dispositif, notamment l'identification des internautes, la refonte des systèmes d'information et de facturation pour la mise en œuvre de la suspension de l'accès à Internet, mesure qui à elle seule, excédera déjà plus de 70 millions d'euros d'après le rapport du Conseil Général des Technologies de l'Information (CGTI), organisme de conseil du Gouvernement.
le 2 avril 2009 à 17:24 (18 219 lectures)