S'identifier / Créer un compte
  • Actualités
  • Dossiers
  • Tests
  • Commentaires
  • INpactiens
Publicité

Riposte : Albanel refuse de remplacer la suspension par l'amende

Un roman d'anticipation

christine albanel urgence débat voteDans son discours au MIDEM, ce week-end, Christine Albanel est revenue à la charge pour défendre bec et ongles son projet Création et Internet. Spécialement, la ministre de la Culture a repris les armes pour s’opposer une nouvelle fois au remplacement de la suspension, mesure ultime de la riposte graduée, par une amende.

« Je suis attachée à cette solution (…) car elle manifeste très clairement la volonté de décriminaliser le piratage ordinaire, en instaurant une procédure totalement différente de celle qui est suivie devant le juge correctionnel » a soutenu la ministre qui a une nouvelle fois omis de préciser que la riposte graduée n’empêchait pas de doubler la suspension avec une peine de contrefaçon.

L'amende brouille le message, selon la ministre

« Une amende aurait brouillé le message. Elle aurait également créé une inégalité entre les internautes les plus aisés, pour lesquels elle ne signifierait rien, et ceux qui se verraient dans l’impossibilité de l’acquitter ». Selon la ministre, la suspension est donc plus égalitaire et n’entraîne aucune conséquence économique même pour un foyer modeste privé d’internet plusieurs mois durant. C'est exactement le même discours que celui de Pascal Nègre ou des sénateurs.

La suspension ne frappe pas le pirate, mais l’abonné qui n’aura su empêcher que l’adresse IP attachée à sa ligne se retrouve sur les réseaux P2P. Cela signifie donc que les parents seront responsables des téléchargements de leurs enfants, mais aussi des actes de piratage de ligne Wi-Fi orchestrés depuis le voisinage, des bidouillages d’adresses IP menés par des tiers encore moins bien intentionnés, etc.

Des décrets d'application prêts avant la loi

Plus rapide que l’éclair, la ministre demande même à ce que le projet de loi soit anticipé, avant même son vote définitif. Une habitude qui entre dans les mœurs avec la suppression de la publicité sur les chaînes publiques avant le vote de la loi sur l’audiovisuel : « Ce projet de loi dont je souhaite le vote au plus tôt, il faut en anticiper, autant que possible, la promulgation. Car sa mise en œuvre doit être rapide. Les semaines qui nous séparent du vote ne doivent pas être perdues. Je souhaite donc lancer immédiatement la rédaction des futurs textes d’application du projet, en liaison aussi bien avec les signataires de l’accord de l’Élysée qu’avec la CNIL ».

Pour gagner encore du temps – le vote du texte a bientôt 8 mois de retard - la ministre indique donc que les décrets d’application vont être immédiatement préparés pour assurer une application rapide de la riposte graduée. De fait, ces textes sont mitonnés depuis bien longtemps. Fin 2007, lors de l’installation de la Mission Olivennes, la même ministre avouait déjà « nous préparons parallèlement les décrets d’application pour aller vite ». La course avant le débat et un discours qui n’a donc pas changé, donnant l’impression étrange que le Parlement est bien devenu une chambre d’enregistrement. Les hésitations de l’opposition sur ce thème n’arrangeront rien à la situation.

Des FAI qui doivent deviner et anticiper la loi

Le plus piquant est que les parlementaires ne sont pas les seuls à devoir rentrer dans les rangs : la ministre indique que « les fournisseurs d’accès, par ailleurs, doivent anticiper dès à présent le traitement des requêtes qui lui seront adressées par la Haute Autorité et la mise en œuvre des mesures de suspension qu’elle pourrait décider, en adaptant si nécessaire leurs systèmes d’information ». Les FAI sont ainsi priés ainsi d’anticiper un texte qui n’existe pas en version définitive, en adaptant leur structure, à leurs frais, tout en devinant au doigt mouillé ce que la ministre veut exactement leur faire faire. Une conception de la démocratie très web 2.0.
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

Le 21 janvier 2009 à 11:18 (16 974 lectures)

Il y a 90 commentaires

Avatar de Amethyste INpactien
Amethyste Le mercredi 21 janvier 2009 à 11:20:03
Inscrit le mardi 20 novembre 07 - 4188 commentaires
Une amende aurait brouillé le message. Elle aurait également créé une inégalité entre les internautes les plus aisés, pour lesquels elle ne signifierait rien, et ceux qui se verraient dans l’impossibilité de l’acquitter

C'est sur que couper le net aux gens ne créent aucune inégalité
Avatar de francois-battail INpactien
francois-battail Le mercredi 21 janvier 2009 à 11:24:33
Inscrit le lundi 14 novembre 05 - 1818 commentaires
C'est sur que couper le net [strike]aux gens[/strike] à un foyer ne crée aucune inégalité


maitrecapello.gif
Avatar de maxscript INpactien
maxscript Le mercredi 21 janvier 2009 à 11:24:33
Inscrit le vendredi 4 janvier 08 - 872 commentaires
pendez la
Avatar de Mopral INpactien
Mopral Le mercredi 21 janvier 2009 à 11:25:51
Inscrit le vendredi 3 mars 06 - 676 commentaires
Pour moi, continuer à payer un service que l'on ne me donne plus ressemble pourtant beaucoup à une amende...
Avatar de oinant INpactien
oinant Le mercredi 21 janvier 2009 à 11:27:51
Inscrit le jeudi 31 janvier 08 - 120 commentaires
Je suis attachée à cette solution (…) car elle manifeste très clairement la volonté de décriminaliser le piratage ordinaire,

Ha, c'est pour ca que les gens piratent en fait, ca leur permet de faire ressortir leur coté Tony Montana...

Une amende aurait brouillé le message. Elle aurait également créé une inégalité entre les internautes les plus aisés, pour lesquels elle ne signifierait rien, et ceux qui se verraient dans l’impossibilité de l’acquitter

Ben vi, tiens, j'aimerais la même solutions pour la route, après tout, les mecs qui roulent en grosses allemandes de luxe, ils s'en foutent des amendes, c'est une inégalité criante!

Et puis sérieux, les amis, vous croyez vraiment que ne pas mettre d'amende vas permettre aux gens d'acheter des disques...

les fournisseurs d’accès, par ailleurs, doivent anticiper dès à présent le traitement des requêtes qui lui seront adressées par la Haute Autorité et la mise en œuvre des mesures de suspension qu’elle pourrait décider, en adaptant si nécessaire leurs systèmes d’information

C'est moi, ou il en a une qui a oublié que les FAI ne sont pas publics....?

Edité par oinant le mercredi 21 janvier 2009 à 11:28
Il n'est plus possible de commenter cette actualité
Vous devez être connecté ou vous inscrire en haut pour pouvoir participer aux commentaires.

Il y a 90 commentaires