Plan de relance français : la déception des acteurs du web
Sarkozy était là cette fois, le numérique non.
Le tout nouveau plan de relance présenté et défendu par Nicolas Sarkozy déçoit les acteurs du web et des nouvelles technologies, qui émettent des revendications précises.L’ASIC, Association des Services Internet Communautaires, a pris sa plume pour évoquer un plan de relance de l’économie française à « bas débit » où « haut débit », « Internet », « économie numérique » font partie des grands absents. Un peu comme l'était Sarkozy lors de la présentation du plan Besson.
Et l’association de remuer la prise RJ45 dans la plaie pour rappeler que le plan rédigé par Barack Obama a été présenté dans une vidéo diffusée sur Internet et où des « investissements publics massifs dans les autoroutes de l’information et un accès universel au haut débit » sont programmés. Un jeu des sept erreurs où la France part avec un certain handicap : « En France, au même moment, des députés de la majorité souhaitent encore taxer l’accès à Internet, voire tous les sites Internet pour financer la télévision ! Question : le développement de l’économie d’Internet et la réduction de la fracture numérique prônée par le Plan France Numérique 2012, présenté à l’Elysée en octobre dernier, sont-ils vraiment une priorité ? »
Les questionnements sont similaires chez Renaissance numérique, un « Think Tank » créé en novembre 2006 : « le Plan France numérique 2012, présenté en octobre dernier, affichait clairement cette priorité : pourquoi alors ne pas la mettre en cohérence avec les grands objectifs du plan de relance ? La priorité d’octobre n’en serait-elle plus une en décembre ? (…) De la part d’un gouvernement qui pour la première fois compte un secrétaire d’État en charge notamment du numérique, Renaissance numérique ne veut voir dans cette absence qu’un oubli malheureux. »
Du côté de la FIEEC (Fédération des Industries Electriques, Electroniques et de Communication), puissante fédération industrielle qui rassemble 21 syndicats professionnels dans les secteurs de l’énergie, des automatismes, de l’électricité, de l’électronique, du numérique et des biens de consommation, autre son de cloche.
On note simplement le passage prônant « une nouvelle politique industrielle forte fondée sur les investissements dans les secteurs d’avenir », évoquée brièvement dans le discours du Président. Et pour accompagner ce mouvement, on sollicite non plus un simple secrétaire d’État à l’Économie numérique, mais « la création d’un nouveau ministère regroupant autour de l’industrie, les technologies et l’innovation, dont la feuille de route doit consister à mettre en place cette stratégie industrielle au plus haut niveau. A défaut, les investissements non coordonnés risquent de demeurer infructueux. »
Marc Rees
le 10 décembre 2008 à 12:10
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