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Quel sera le monde des TIC et des télécoms en 2020 ?

En 2020, écrire impact sera une faute

L'ARCEP, l'Autorité gérant notamment le marché de la téléphonie (fixe et mobile) et d'Internet en France, a eu la bonne idée d'interroger une vingtaine de personnalités* issues de grandes sociétés et associations, afin de connaître leur avis sur ce que sera le monde des télécoms et des TIC en 2020.

SurfaceSi certains se sont malheureusement plus penchés sur le présent ou le futur à court terme, ainsi qu'à leurs propres affaires, d'autres se sont bien plus mouillés, la palme revenant à Alain Bazot, le président de l'UFC-Que Choisir. Mais il n'est pas le seul à avoir joué le jeu.

Le document de l'ARCEP étant relativement long, nous avons volontairement sélectionné uniquement les propos sortant réellement du lot. En somme, si seuls ceux sur le futur ont été repris ci-dessous, nous avons de surcroît omis de mentionner ceux manquant cruellement d'imagination, notamment ceux citant le paiement par téléphone mobile, la démocratisation du très haut débit (fibre optique) ou encore la haute définition à tout va, ainsi que le développement de la VoD et du très haut débit mobile. Nous avons jugé ces "informations" d'une grande banalité, à l'instar du développement futur de l'OLED ou encore de la musique compressée disponible uniquement via Internet ou par téléphone.

1984, par Jean-Bernard Levy, président du directoire de Vivendi

« Aïssa est restée une fan de la high-tech. Elle vient de changer son réfrigérateur numérique qui lui livre automatiquement les courses. La nouvelle version tient compte des fruits et légumes de saison. Albert, 87 ans, bon pied bon oeil, surveille quotidiennement sa tension avec un automate. Son médecin lui modifie à distance sa prescription si les résultats ont changé. (...)

Tous les contenus sont en qualité numérique. Tous les distributeurs adaptent les services aux préférences des consommateurs. Tous ces contenus sont stockés et accessibles instantanément. La société a accepté la juste rémunération des créateurs et les sites pirates, faute de ressources, ont quasiment disparu.
(...)

Arthur, Aïssa et Albert n'ont plus peur de confier leurs données personnelles à des entreprises et à des administrations. Ils se sentent en sécurité et se rendent compte combien cela leur rend service pour les impôts, les réservations et la vente par correspondance. En 2020, on n'étudie plus « 1984 » dans les écoles. Apprivoisée, la technologie est le meilleur ami de l'homme. 
»

Xavier Niel, fondateur d'Iliad (Free), a la fibre

« À quoi ressembleront les télécoms en 2020 ? L'énorme problème de 2020, c'est qu'il n'y aura pas de révolution en termes d'usage. Bien sûr, nous aurons déployé de la fibre, nous en serons à la moitié du déploiement avec 12 à 15 millions de prises installées. En remplaçant la paire de cuivre, nous aurons amélioré la qualité, nous disposerons d'un débit de plus de 100 Mbits, nous regarderons la TV en 3D, on peut supposer que nous n'aurons plus d'ordinateur chez nous, que l'informatique sera déportée sur de très gros serveurs et que l'on paiera en fonction de l'usage et du débit consommé. »

Certains accueilleront avec plaisir la solution (ironique) de Xavier Niel pour que tous les Français aient accès à la fibre : « Si tout le monde vient habiter dans Paris intra muros, on s'en sortira très bien, tout le monde aura la fibre optique ! » Merci Xavier.

Philippe Keryer (Alcatel-Lucent) mise sur les écrans et l'holographique

« À quoi ressemblera notre « vie numérique » en 2020 ? Nous vivrons à l'heure du multiécrans intégré. Les écrans « en silo » d'aujourd'hui – TV, ordinateur, mobile, ciné… – formeront un ensemble harmonisé, qui inclura un nouveau venu : l'écran dans la ville, qui ajoutera l'interactivité urbaine à celle que nous vivons déjà dans l'univers de la communication personnelle ou professionnelle. (...)

La vidéoconférence affranchie des contraintes de la webcam et de la visio nous fera entrer dans l'univers quotidien de la 3D et de l'image holographique. Nous vivrons aussi la révolution de « l'Internet des objets », grâce aux technologies de radio-identification (RFID…) qui permettront de fixer partout – y compris sur notre propre corps – des réseaux de capteurs. Chaque individu possèdera son « identité numérique », qu'il utilisera aussi bien pour voter que pour payer ses achats, et qui régira l'accès à son univers de données et services personnalisés.
 »

Le gros trip d'Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir

« L'UFC-Que Choisir ne peut que s'inquiéter pour l'avenir du secteur. Il est vrai que l'abandon du marché par Free en 2014 faute de licence mobile à l'heure de la convergence, puis par Bouygues Telecom en 2016, incapable de proposer des contenus attractifs, a laissé place à un duopole peu enclin à entrer dans une lutte concurrentielle au bénéfice du consommateur. (...)

En effet, depuis que SFR distribue en exclusivité les programmes de Canal Plus et qu'Orange a racheté TF1 et M6, la télévision n'apporte plus grand bénéfice aux consommateurs. Elle n'est qu'une maigre consolation pour les nombreux ménages qui sont dans l'incapacité de payer le forfait intégral (Internet, téléphone fixe et mobile, télévision) qui démarre à 75 euros.
(...)

On peut également souligner que les forfaits musicaux sont à des prix toujours aussi élevés. Cela dit, est-il encore intéressant de payer 50 euros par mois pour les oeuvres de deux multinationales qui proposent finalement très peu de nouveautés et s'appuient massivement sur de vieux catalogues de musique ? La seule alternative pour le consommateur est alors d'écouter les artistes produits par Orange et SFR, mais là encore il faut choisir son camp. Aller chez Orange pour avoir le dernier album de Lourdes Ciccone (la fille de Madonna, ndlr) ou chez SFR pour écouter le dernier album des octogénaires Rolling Stones ?
(...)

La dernière publication de l'Observatoire des marchés de l'ARCEP du deuxième trimestre 2020 confirme que l'offre française de services numériques reste l'une des meilleures au monde. Et même si le prix moyen des offres des cinq opérateurs numériques stagne à 35 euros par mois, les usages ne cessent de croître. En effet, outre la voix sur fixe et mobile, les SMS, MMS et mini vidéos illimités, Happyusers, le challenger du secteur, vient d'ajouter à son offre la visioconférence HD en illimité, que vous soyez chez vous ou dans la rue avec votre mobile.

Free préfère jouer l'innovation sur la partie filaire en poussant le débit fibre à 2 gigas/seconde. La stratégie du point à point développée dès le départ par l'opérateur s'avère payante. En quelques mois, il est devenu l'acteur des « gamers » accros aux jeux en réseau en extra HD 3D qui nécessitent beaucoup de bande passante. D'ailleurs, Free progresse un peu partout en France grâce aux installations multifibres qui lui permettent d'atteindre la majeure partie de la population. 
»

Fernando Gil de Bernabé y Varela (Cisco Systems) aussi pour l'holographique

« En 2020, nous pouvons supposer que la disponibilité universelle d'une infrastructure très haut débit de qualité sera la norme dans les pays développés. Dans d'autres pays, le web pourra être utilisé comme accélérateur de développement économique. Ray Kurzweil prédit que, à cette période, un ordinateur personnel de 1 000 € aura la puissance de calcul d'un cerveau humain. (...)

Les entreprises bénéficieront de téléprésence holographique en trois dimensions. Des puces électroniques connectées étant intégrées dans l'environ - nement, une pléthore d'applications peut émerger. Par exemple, de petits équipements portables peuvent nous aider de façon proactive dans la vie quotidienne. Des objets virtuels et des systèmes d'interfaces sensitifs facilitent notre interaction avec ces équipements, supportant de multiples fonctions, telles celles décrites ci-contre.
 »


* Les personnes interrogées par l'ARCEP : Didier Lombard (France Télécom/Orange), Jean-Bernard Lévy (Vivendi), Xavier Niel (Iliad), Kaoru Kanazawa (NTT), Nicolas Curien (ARCEP), Axel Türk (CNIL), Yves Gassot (Idate), Philippe Keryer (Alcatel-Lucent), Michel Feneyrol (consultant, ex ARCEP), Alain Bazot (UFC-Que Choisir), David Salant (Ecole d'économie de Toulouse), Thierry Gaudin (Ecole des Mines), Fernando Gil de Bernabé y Varela (Cisco), Valery Timofeev (UIT), Silvia Fukuoka Alvarez et Sebastian Mueller (Google) et, pour le secteur postal, Jean-François Badet (Neopost France) et Martin Raab, Erwin den Exter et Jean-Félix Girardin (Capgemini Consulting).
Source : L'ARCEP
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD, aime les interviews insolites et les tablettes tactiles. Présent sur Twitter et Google+.

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Le 9 décembre 2008 à 12:16 (23 963 lectures)

Il y a 116 commentaires

Avatar de lorinc INpactien
lorinc Le mardi 9 décembre 2008 à 12:23:38
Inscrit le lundi 19 avril 04 - 11167 commentaires
En 2020, on n'étudie plus « 1984 » dans les écoles.


Évidemment, dans le meilleur des mondes, on a pas besoin d'étudier 1984...


Avatar de Consultant INpactien
Consultant Le mardi 9 décembre 2008 à 12:25:21
Inscrit le mardi 13 juin 06 - 18140 commentaires
Que de la concurrence comme quoi c est pas les meillerus qui en parlent le plus ...
Avatar de Bourriks INpactien
Bourriks Le mardi 9 décembre 2008 à 12:27:14
Inscrit le mercredi 28 janvier 04 - 6695 commentaires
Tous les contenus sont en qualité numérique. Tous les distributeurs adaptent les services aux préférences des consommateurs. Tous ces contenus sont stockés et accessibles instantanément. La société a accepté la juste rémunération des créateurs et les sites pirates, faute de ressources, ont quasiment disparu. (...)


Si les majors aussi ont disparu, je dis bonne nouvelle

Sinon...


Free préfère jouer l'innovation sur la partie filaire en poussant le débit fibre à 2 gigas/seconde. La stratégie du point à point développée dès le départ par l'opérateur s'avère payante. En quelques mois, il est devenu l'acteur des « gamers » accros aux jeux en réseau en extra HD 3D qui nécessitent beaucoup de bande passante. D'ailleurs, Free progresse un peu partout en France grâce aux installations multifibres qui lui permettent d'atteindre la majeure partie de la population. »


Toujours le beau rôle à Free

Mais auront-ils réglé leurs problèmes de fiabilité SAV ? Notamment en imlpantant des boutiques un peu partout en France, comme c'est encore loin d'ête le acs aujourd'hui ?

Et surtout, question cruciale, est-ce qu'on aura des blousons auto-séchants et des Hover-Boards dans 7 ans comme c'est prévu ?

Edité par Bourriks le mardi 9 décembre 2008 à 12:31
Avatar de zefling INpactien
zefling Le mardi 9 décembre 2008 à 12:30:23
Inscrit le mercredi 30 juin 04 - 11441 commentaires
Mais il y'a 2012 avant 2020.


En tout cas il y crois à l'holographie... J'aimerais aussi.
Avatar de fumoffu INpactien
fumoffu Le mardi 9 décembre 2008 à 12:30:54
Inscrit le jeudi 13 juillet 06 - 1469 commentaires
on peut supposer que nous n'aurons plus d'ordinateur chez nous, que l'informatique sera déportée sur de très gros serveurs et que l'on paiera en fonction de l'usage et du débit consommé.


si ça c'est pas revenir au minitel...
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Il y a 116 commentaires