faberNovel, un cabinet d’analyse français, vient de publier une étude intéressante sur Google. Elle pose une série de questions à propos de la firme qui impressionne et inquiète souvent et donne des éléments de réponses dans plusieurs domaines : publicité, crise financière, téléphonie, le business model, l’ouverture, etc.faberNovel aborde les 14 points suivants :
- Pourquoi Google ne connaîtra pas la crise ?
- Comment Google va changer le monde du mobile ?
- Pourquoi YouTube n’est pas un portail ?
- Pourquoi Microsoft craint Google ?
- Comment Google souhaite contrer Facebook ?
- Pourquoi Google achète des satellites ?
- Comment Google achète du trafic ?
- Pourquoi Google a-t-il acheté DoubleClick ?
- Pourquoi Google ne monétise pas tous ses services ?
- Comment Google exploite le travail des développeurs Open Source ?
- Comment Google a investi le marché publicitaire offline ?
- Pourquoi Google nous vole nos voix ?
- Pourquoi le PageRank n’est pas un véritable avantage concurrentiel ?
- Comment Google transforme la publicité en information et en performance ?
faberNovel commence par donner plusieurs raisons à l’esquive de Google face à la crise qui touche pourtant si durement le secteur informatique, comme l’attestent les licenciements de milliers d’employés chez Sun et Dell par exemple :
- Vidéo en ligne : monétisation de YouTube à court terme (200 millions de dollars de chiffre d’affaires estimé pour 2008)
- Internet mobile : monétisation des audiences liées à l’explosion de ce marché (260 millions d’abonnés dans le monde en octobre 2008)
- Licences et autres : +450 % de revenus non liés à la publicité de 2007 à 2008
- Publicité à la performance : ce type de publicité gagne des parts de marché dans un contexte de crise
- Android, via les concours de développement pour mener à la création d’applications et l’Open Handset Alliance
- Les partenariats avec les opérateurs, avec partage des revenus publicitaires et nouveaux utilisateurs pour les services Google
- Le lobbying, via notamment la candidature de la firme à la FCC (Federal Communications Commission) pour recevoir une licence mobile
Le pouvoir de Google peut se voir plus facilement sur certains secteurs. YouTube par exemple, est pourtant un site de loisir exclusivement : coûtant à Google un million de dollars chaque jour pour les frais de bande passante, il représentait 75 % de parts du marché de la vidéo en ligne en mai 2008. Avec YouTube, Google contrôle presque entièrement une certaine forme de distribution de l’information, tout en restant ouvert et en répondant aux demandes d'utilisateurs. La firme peut y mener ses expériences et s’en servir pour le futur.
YouTube est un bon exemple de la maîtrise dont sait faire preuve Google, laquelle fait régulièrement peur. Le service reste gratuit et performant, et il rapporte quand même de l’argent grâce à différents types de publicités, comme AdSense, les bannières, la publicité dans les vidéos mais aussi grâce à des partenariats avec des sites comme Amazon. Et aujourd’hui, YouTube n’est plus cantonné aux seuls ordinateurs et s’exporte vers la téléphonie mobile (exemple : iPhone).
Des tentacules dans toutes les directions
Beaucoup pensent aujourd’hui que Google est une entreprise puissante et qu’elle sert entre autres de contre-pouvoir à Microsoft. Selon novelFaber, la société de Redmond craint d’ailleurs Google pour deux raisons, qui se suivent d’ailleurs chronologiquement : la destruction de certains segments de marché des applications classiques, et le renforcement de l’environnement en ligne. La destruction passe par l’offre de services parfaitement gratuits qui reprennent les principales fonctionnalités de produits onéreux et plus classiques. On pense tout de suite à la suite bureautique en ligne du géant de la recherche face à Office de Microsoft. Mais, plus récemment, Google a lancé également Gears, qui permet d’utiliser une application web en mode déconnecté, et toujours sans débourser un centime.
La peur qu’engendre Google est créée par plusieurs facteurs. La cassure qu’introduit la firme dans plusieurs marchés à cause de ses méthodes de financement gêne les entreprises plus anciennes (Google n’a que dix ans), mais elle a surtout montré un don d’ubiquité qui n’a fait que se renforcer. Google est partout, ou presque, et ses investissements le montrent :
- Création d’un réseau Wifi gratuit dans tout Mountain View
- 60 millions de dollars investis dans un satellite pour amener Internet dans certains pays en voie de développement
- Investissements massifs dans certaines technologies réseau et/ou dans la construction d’épines dorsales pour l’acheminement de l’information
- Un partenariat avec Sprint pour le développement du Wimax
Ce qui ne rapporte rien rapporte quand même
Les partenariats avec les autres sociétés pour étendre les services sont nombreux. Nous en parlions ce matin : Dell a signé en 2006 un accord visant à placer Google comme moteur par défaut sur toutes ses machines. Il y a désormais une forte rumeur selon laquelle Microsoft vient de déloger son ennemi, mais Dell n’était pas le seul partenaire :
- 85 % des ressources financières de Mozilla proviennent de Google
- Les 13 millions d’iPhone vendus (chiffres d’octobre) ont tous Google comme moteur de recherche par défaut
- Rachat en 2005 de 5 % d’AOL et arrivée du moteur sur la page d’accueil du FAI
Publicité où Google est d’ailleurs un ténor, en particulier depuis le rachat de DoubleClick. faberNovell parle ainsi de l’absorption d’une expertise dans la publicité de type bannière et de la récupération de nombreux clients. Or, comme le montrent chaque année les résultats de Google, la publicité représente une manne financière colossale. Une manne dont Microsoft aimerait d’ailleurs bien dévorer une part.
Le reste de l’étude aborde bien d’autres chapitres : exploitation du travail des développeurs open source, utilisation de la masse des utilisateurs pour améliorer ses services (les fameuses bêtas) ou encore le pagerank.
L’étude est accessible librement depuis cette page, en versions française et anglaise (format PDF).
Source :
faberNovell
Vincent Hermann
le 8 décembre 2008 à 16:41
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