Lors de la conférence de l'Institut de l'audiovisuel et des télécommunications en Europe (Idate) à Montpellier, un sujet a été remis sur le tapis des discussions entre opérateurs et acteurs du Web. Celui du financement des réseaux et du partage des bénéfices.
Le président de France Télécom, Didier Lombard, l’an passé, regrettait que les grands noms américains du Web ne participent pas au financement des réseaux cuivrés européens, alors qu'ils en profitent à grosses pelletées : « aucune des sociétés nouvelles de l'Internet telles que Yahoo!, Google ou eBay n'[a] contribué significativement au financement des infrastructures [télécoms] (…). Il est nécessaire de s'assurer que les investisseurs reçoivent une rémunération à hauteur des risques pris. Or, le modèle basé sur l'audience crée le risque d'une décorrélation entre là où les investissements sont faits et là où les revenus générés par ces investissements sont collectés ». Des réseaux comme la fibre vont offrir « à ces sociétés non régulées de véritables autoroutes pour déployer leurs services ». En somme, quand les uns investissent à coup de millions ou milliards d’euros pour dérouler le très haut débit, les principales sociétés du contenu, essentiellement américaines, profitent des dividendes. « C'est un peu comme si on allait construire des autoroutes et que seules des voitures californiennes devaient rouler dessus » expliquait Didier Lombard.
Qui doit payer pour les tuyaux ?
Les Échos rapportent une nouvelle fois la position des opérateurs cette année, qui n’a guère changée. En cible, les vidéos, la TV sur le Web, les contenus générés par les utilisateurs qui « menacent de saturer les infrastructures ». Et encore une fois, les opérateurs ne veulent pas assumer seuls le coût des infrastructures, surtout alors que la France vise les 100% de la population en haut débit d’ici 2012.
Interrogé par le quotidien économique, Martin Rogard, directeur général de Dailymotion France, remet rapidement les choses en place : « Il n'est pas question pour les agrégateurs de contenu comme nous de contribuer au financement des réseaux. C'est aux fournisseurs d'accès à Internet de le faire. Car ce sont eux qui vendent des accès haut débit et facturent ces offres réseau à leurs abonnés ».
Quelle neutralité des réseaux ?
Autre thème abordé durant cette rencontre, celui de la neutralité des réseaux : certains acteurs de poids, comme Paul Champsaur, président de l’Arcep, ont relativisé ce principe et ont évoqué la possibilité pour les opérateurs de faire varier les tarifs selon la qualité de l'accès.
Le sujet est cependant très sensible, car la remise en cause de la neutralité lance un engrenage sans fin. On se souvient que l’Américain Comcast avait discriminé les réseaux P2P chez ses abonnés pour sauvegarder sa bande passante (la société avait décidé de bloquer l’upload de fichier sur les réseaux pair-à-pair). Sous l’assaut des critiques, Comcast décidait finalement de réduire pendant 10 à 20 minutes les débits durant les pics de fréquentation. Le dossier fut transmis à la Federal Communications Commission qui estima que ces décisions entraient en violation avec les règles régissant les télécommunications américaines.
Le président de France Télécom, Didier Lombard, l’an passé, regrettait que les grands noms américains du Web ne participent pas au financement des réseaux cuivrés européens, alors qu'ils en profitent à grosses pelletées : « aucune des sociétés nouvelles de l'Internet telles que Yahoo!, Google ou eBay n'[a] contribué significativement au financement des infrastructures [télécoms] (…). Il est nécessaire de s'assurer que les investisseurs reçoivent une rémunération à hauteur des risques pris. Or, le modèle basé sur l'audience crée le risque d'une décorrélation entre là où les investissements sont faits et là où les revenus générés par ces investissements sont collectés ». Des réseaux comme la fibre vont offrir « à ces sociétés non régulées de véritables autoroutes pour déployer leurs services ». En somme, quand les uns investissent à coup de millions ou milliards d’euros pour dérouler le très haut débit, les principales sociétés du contenu, essentiellement américaines, profitent des dividendes. « C'est un peu comme si on allait construire des autoroutes et que seules des voitures californiennes devaient rouler dessus » expliquait Didier Lombard.
Qui doit payer pour les tuyaux ?
Les Échos rapportent une nouvelle fois la position des opérateurs cette année, qui n’a guère changée. En cible, les vidéos, la TV sur le Web, les contenus générés par les utilisateurs qui « menacent de saturer les infrastructures ». Et encore une fois, les opérateurs ne veulent pas assumer seuls le coût des infrastructures, surtout alors que la France vise les 100% de la population en haut débit d’ici 2012.
Interrogé par le quotidien économique, Martin Rogard, directeur général de Dailymotion France, remet rapidement les choses en place : « Il n'est pas question pour les agrégateurs de contenu comme nous de contribuer au financement des réseaux. C'est aux fournisseurs d'accès à Internet de le faire. Car ce sont eux qui vendent des accès haut débit et facturent ces offres réseau à leurs abonnés ».
Quelle neutralité des réseaux ?
Autre thème abordé durant cette rencontre, celui de la neutralité des réseaux : certains acteurs de poids, comme Paul Champsaur, président de l’Arcep, ont relativisé ce principe et ont évoqué la possibilité pour les opérateurs de faire varier les tarifs selon la qualité de l'accès.
Le sujet est cependant très sensible, car la remise en cause de la neutralité lance un engrenage sans fin. On se souvient que l’Américain Comcast avait discriminé les réseaux P2P chez ses abonnés pour sauvegarder sa bande passante (la société avait décidé de bloquer l’upload de fichier sur les réseaux pair-à-pair). Sous l’assaut des critiques, Comcast décidait finalement de réduire pendant 10 à 20 minutes les débits durant les pics de fréquentation. Le dossier fut transmis à la Federal Communications Commission qui estima que ces décisions entraient en violation avec les règles régissant les télécommunications américaines.
Marc Rees
le 21 novembre 2008 à 10:31
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