Les serveurs eMule/eDonkey Razorback, qui ne servent que de passerelles pour les internautes afin de s'échanger des fichiers, sont à nouveau au devant de la scène grâce à l'IFPI, la fédération internationale de l'industrie phonographique.
Plus de 350 000 utilisateurs concernés
Après une année 2006 particulièrement tumultueuse, où les serveurs eDonkey belgo-suisses avaient fermé (suite à une plainte de la MPAA, association américaine du cinéma), ce sont cette fois les serveurs néerlandais Razorback 3.0, 3.1, 3.2 et 3.3 qui viennent de passer l'arme à gauche.
Selon la BREIN, organisation néerlandaise spécialisée dans la protection juridique de l’industrie du divertissement, le dernier serveur Razorback est donc tombé, lâché par son hébergeur des Pays-Bas. La BREIN s'était d'ailleurs déjà illustrée en 2006 en éradiquant Extremepowertorrents.nl, suspecté de proposer 1500 liens torrents vers de la musique, des films et des jeux vidéo notamment.
« Les serveurs Razorback étaient importants pour le soutien du réseau P2P de partage de fichiers eDonkey. Razorback 3.1 était le plus grand serveur eDonkey restant, proposant ses services à environ 350 000 utilisateurs. La majorité des fichiers disponibles sur les serveurs était distribuée sans autorisation des titulaires de droits d'auteur », explique l'IFPI.
La BRAIN et l'IFPI nous font ainsi une Pascal Nègre, en annonçant que les serveurs en question proposent et distribuent, comme s'ils les hébergeaient, des fichiers non libres de droit. Annoncer la fermeture de ces serveurs Razorback laisse donc entendre que le "piratage" sera par conséquent en net recul, ce qui ne devrait vraisemblablement pas être le cas, sauf autres fermetures importantes (et rapides) à l'avenir. Et à moins de devoir télécharger au Japon...
L'IFPI s'acharne sur eDonkey
Selon le communiqué de l'IFPI, l'hébergeur néerlandais ayant coupé les vivres aux serveurs Razorback locaux aurait, en toute gentillesse, contacté ses clients (i.e. les détenteurs des serveurs), lesquels n'auraient pas répondu à ses sommations
.
Numerama aurait pour sa part une tout autre explication, puisque de nombreuses et importantes attaques DDoS, à l'origine pour l'instant non identifiée, auraient plombé les serveurs Razorback, obligeant indirectement l'hébergeur à couper lesdits serveurs eDonkey.
L'IFPI rappelle que l'année dernière, le nombre d'utilisateurs d'eDonkey a fortement régressé, passant de 5 à 3 millions, ceci suite à plusieurs opérations en Allemagne. Deux millions d'internautes ont donc quitté eDonkey, ce qui, pour la fédération internationale de l'industrie phonographique, est une véritable victoire.
Cette dernière ne précise cependant pas qu'eDonkey est loin d'être la seule solution unique de partage de fichiers, et que bien des concurrents ont certainement accueilli ces internautes. La fermeture de ces serveurs Razorback 3.x ne devrait par ailleurs avoir que bien peu d'incidence sur eDonkey et le P2P en général, tant les alternatives sont innombrables.
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