Plusieurs associations antiracistes avaient entamé une action en justice contre le site Aaargh, acronyme de « Association des anciens amateurs de récits de guerre et d'holocauste ». Sous prétexte pédagogique, le site mettait à disposition de tous, une bibliothèque de livres et brochures antisémites ou révisionnistes. Sans compter les hébergeurs étrangers (OLM LLC et The Planet.com), plusieurs FAI français furent assignés afin de mettre en application un des articles de la loi sur la confiance dans l’économie numérique. L’article 6.I.8 de ce texte 21 juin 2004 expose en effet que :
« L'autorité judiciaire peut prescrire en référé ou sur requête (…) toutes mesures propres à prévenir un dommage ou à faire cesser un dommage occasionné par le contenu d'un service de communication au public en ligne ».
Sans préciser les modalités pratiques des mesures, ces FAI ont eu ainsi l’obligation de « mettre en œuvre toutes les mesures propres à interrompre l'accès à partir du territoire français au contenu du service de communication en ligne hébergé actuellement à l'adresse ». La décision de référé fut une première fois attaquée, mais la Cour d’appel confirmera cette obligation de filtrage imposée aux FAI.
Sûre de ses droits, la brochette de FAI (AFA, Telecom Italia, Orange, Neuf, NC, Télé 2, Noos…) astreint à ce nettoyage des réseaux se pourvoyait en cassation contre la décision.
La Cour de cassation vient de rendre son arrêt. Il satisfera les partisans du filtrage, un sujet décidément à la mode.
Trois arguments étaient mis en avant par les opérateurs :
Dans un livre blanc sur le P2P publié sous l’égide du SNEP, le juriste Pierre Sirinelli estimait à propos de cette affaire AAARGh et des textes mis en lumière : « Il n’est pas douteux que pareille disposition puisse être également applicable en cas de proposition par un site Web de contenus contrefaisants ». Et le personnage de souligner cet article L. 332-1 du code de la propriété intellectuelle selon lequel « Le président du tribunal de grande instance peut également, dans la même forme, ordonner : (…) la suspension, par tout moyen, du contenu d'un service de communication au public en ligne portant atteinte à l'un des droits de l'auteur, y compris en ordonnant de cesser de stocker ce contenu ou, à défaut, de cesser d'en permettre l'accès. Dans ce cas, le délai prévu à l'article L. 332-2 est réduit à quinze jours ».
« Si la loi paraît inviter le juge, par souci de réalisme, à privilégier les actions à l'encontre du fournisseur d'hébergement, elle ménage aussi la possibilité, afin de mieux lutter contre des contenus hébergés à l'étranger et à l'encontre desquels les décisions de justice françaises risquent d’être inefficaces, d’agir contre le fournisseur d’accès » concluait le juriste.
Évidemment, cette décision tombe à un moment opportun alors qu’on discute filtrage d’URL auprès du Ministère de l’Intérieur et filtrage de contenu au sein de Ministère de la Culture. L’unique question qui perdure se cantonnera sur la faisabilité technique. Chassé à 14H, un site peut revenir comme par magie à 14H01 en deux ou trois modifications techniques. Par ailleurs, lutter contre un site est une chose. Lutter contre les échanges sur les réseaux P2P via des solutions techniques (filtrage de protocole, par exemple) en est bien une autre, compte tenu des effets de bord de ce genre de décision et de la popularité du P2P pour des solutions parfaitement légales (diffusion de logiciels, téléphonie avec Skype, etc.).
« L'autorité judiciaire peut prescrire en référé ou sur requête (…) toutes mesures propres à prévenir un dommage ou à faire cesser un dommage occasionné par le contenu d'un service de communication au public en ligne ».
Sûre de ses droits, la brochette de FAI (AFA, Telecom Italia, Orange, Neuf, NC, Télé 2, Noos…) astreint à ce nettoyage des réseaux se pourvoyait en cassation contre la décision.
La Cour de cassation vient de rendre son arrêt. Il satisfera les partisans du filtrage, un sujet décidément à la mode.
Trois arguments étaient mis en avant par les opérateurs :
- À la lumière de la directive européenne sur le commerce (2000/31/CE), les juges auraient dû d’abord s’attaquer aux hébergeurs avant de s’en prendre aux FAI (problème d’épuisement des recours).
- Les juges ne pouvaient ordonner un filtrage dans les 10 jours, en imposant à chaque FAI un compte rendu des dispositifs mis en œuvre sans déterminer le contenu exact de cette obligation
- Les juges ont pris à l’encontre des FAI des mesures inefficaces et surtout disproportionnées à la liberté de communication. Les juges n’ont en effet pas pris le soin de limiter dans le temps la validité ni les effets de cette mesure de filtrage à l’encontre du site internet de l’AAARGH
Dans un livre blanc sur le P2P publié sous l’égide du SNEP, le juriste Pierre Sirinelli estimait à propos de cette affaire AAARGh et des textes mis en lumière : « Il n’est pas douteux que pareille disposition puisse être également applicable en cas de proposition par un site Web de contenus contrefaisants ». Et le personnage de souligner cet article L. 332-1 du code de la propriété intellectuelle selon lequel « Le président du tribunal de grande instance peut également, dans la même forme, ordonner : (…) la suspension, par tout moyen, du contenu d'un service de communication au public en ligne portant atteinte à l'un des droits de l'auteur, y compris en ordonnant de cesser de stocker ce contenu ou, à défaut, de cesser d'en permettre l'accès. Dans ce cas, le délai prévu à l'article L. 332-2 est réduit à quinze jours ».
« Si la loi paraît inviter le juge, par souci de réalisme, à privilégier les actions à l'encontre du fournisseur d'hébergement, elle ménage aussi la possibilité, afin de mieux lutter contre des contenus hébergés à l'étranger et à l'encontre desquels les décisions de justice françaises risquent d’être inefficaces, d’agir contre le fournisseur d’accès » concluait le juriste.
Évidemment, cette décision tombe à un moment opportun alors qu’on discute filtrage d’URL auprès du Ministère de l’Intérieur et filtrage de contenu au sein de Ministère de la Culture. L’unique question qui perdure se cantonnera sur la faisabilité technique. Chassé à 14H, un site peut revenir comme par magie à 14H01 en deux ou trois modifications techniques. Par ailleurs, lutter contre un site est une chose. Lutter contre les échanges sur les réseaux P2P via des solutions techniques (filtrage de protocole, par exemple) en est bien une autre, compte tenu des effets de bord de ce genre de décision et de la popularité du P2P pour des solutions parfaitement légales (diffusion de logiciels, téléphonie avec Skype, etc.).
Le 23 juin 2008 à 16:43
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Il y a 82 commentaires
Ha mais faudrait savoir! On gueule sur les gens s'ils s'abstiennent, et maintenant on leur gueule dessus quand ils votent
, pas très cohérent, surtout qu'après tu parles de devoir (donc obligation d'aller voter). De plus, les taux d'abstentions ont été très élevé, tu devrais être content. Ensuite les gens ont plus fait d'efforts que tu ne semble le penser. En Irlande, il y a eu un article intéressant sur le fait que des journalistes ont tentés d'avoir l'intégralité du traité: impossible. Ce texte aurait du être disponible (autrement que par le net, c'est une obligation légale) et ce n'était pas le cas.
De plus, ce texte est conçu pour éviter que les gens s'y intéressent. Phrases alambiqués, vocabulaire juridique à toute les sauces, etc, sans nécessité d'un tel langage. Une constitution se doit d'être clairement compréhensible. Et encore une fois il comprenait des éléments qui n'avaient rien à y faire, ce qui augmentait encore la complexité.
Personnellement l'abstention n'est pas un problème pour moi, je préfère largement l'abstention quand on ne s'intéresse pas à une question plutôt que d'aller voter en pensant à une autre question que celle qui est posée !
Quant aux journalistes qui n'ont pas su trouvé le traité, et bien je tablerais plus sur leur incompétence qu'autre chose. Quant tu vois le niveau d'implication des journalistes français, tu te dis qu'ailleurs ça doit être similaire (ex : les suicides collectifs des japonais sur France 2 !). Si pour obtenir ce traité, ils avaient du faire un voyage aux iles canaries, ils y seraient allé !
Quand à la phraséologie alambiquée administrative, à mon avis, tu n'as pas du lire un contrat de bail locatif, ou pire un contrat d'emprunt immobilier. Tu les signes généralement en 15 minutes, c'est très alambiquée, et difficilement compréhensible en un si court délai. Or il faut bien vivre quelque part que ça soit en location ou dans ta propriété, à moins de rester toute sa vie chez ses parents ! Donc ce genre de vocabulaire fait partie de la vie de tout les jours, on en voit tout les jours avec les formulaires de la sécu, des impots. Tu n'as qu'à écouter une émission de France culture à n'importe quel moment de la journée et tu auras un vocabulaire largement aussi compliqué !
Donc au final demander l'avis sur le traité à de gens qui s'en foutent c'est comme si on nous demandait à nous deux notre avis sur l'éviction de Domenech, ou le placement de Ribéri ! On en sait rien, on s'en fout et notre avis n'a aucune légitimité de ce fait ! La citoyenneté avant d'être un droit est un devoir, et ça dépasse largement le simple fait de se déplacer pour poser une enveloppe dans une urne tout les 2 ans !
Personnellement l'abstention n'est pas un problème pour moi, je préfère largement l'abstention quand on ne s'intéresse pas à une question plutôt que d'aller voter en pensant à une autre question que celle qui est posée !
Quant aux journalistes qui n'ont pas su trouvé le traité, et bien je tablerais plus sur leur incompétence qu'autre chose. Quant tu vois le niveau d'implication des journalistes français, tu te dis qu'ailleurs ça doit être similaire (ex : les suicides collectifs des japonais sur France 2 !). Si pour obtenir ce traité, ils avaient du faire un voyage aux iles canaries, ils y seraient allé !
Quand à la phraséologie alambiquée administrative, à mon avis, tu n'as pas du lire un contrat de bail locatif, ou pire un contrat d'emprunt immobilier. Tu les signes généralement en 15 minutes, c'est très alambiquée, et difficilement compréhensible en un si court délai. Or il faut bien vivre quelque part que ça soit en location ou dans ta propriété, à moins de rester toute sa vie chez ses parents ! Donc ce genre de vocabulaire fait partie de la vie de tout les jours, on en voit tout les jours avec les formulaires de la sécu, des impots. Tu n'as qu'à écouter une émission de France culture à n'importe quel moment de la journée et tu auras un vocabulaire largement aussi compliqué !
Donc au final demander l'avis sur le traité à de gens qui s'en foutent c'est comme si on nous demandait à nous deux notre avis sur l'éviction de Domenech, ou le placement de Ribéri ! On en sait rien, on s'en fout et notre avis n'a aucune légitimité de ce fait ! La citoyenneté avant d'être un droit est un devoir, et ça dépasse largement le simple fait de se déplacer pour poser une enveloppe dans une urne tout les 2 ans !
Quant aux journalistes qui n'ont pas su trouvé le traité, et bien je tablerais plus sur leur incompétence qu'autre chose. Quant tu vois le niveau d'implication des journalistes français, tu te dis qu'ailleurs ça doit être similaire (ex : les suicides collectifs des japonais sur France 2 !). Si pour obtenir ce traité, ils avaient du faire un voyage aux iles canaries, ils y seraient allé !
Quand à la phraséologie alambiquée administrative, à mon avis, tu n'as pas du lire un contrat de bail locatif, ou pire un contrat d'emprunt immobilier. Tu les signes généralement en 15 minutes, c'est très alambiquée, et difficilement compréhensible en un si court délai. Or il faut bien vivre quelque part que ça soit en location ou dans ta propriété, à moins de rester toute sa vie chez ses parents ! Donc ce genre de vocabulaire fait partie de la vie de tout les jours, on en voit tout les jours avec les formulaires de la sécu, des impots. Tu n'as qu'à écouter une émission de France culture à n'importe quel moment de la journée et tu auras un vocabulaire largement aussi compliqué !
Donc au final demander l'avis sur le traité à de gens qui s'en foutent c'est comme si on nous demandait à nous deux notre avis sur l'éviction de Domenech, ou le placement de Ribéri ! On en sait rien, on s'en fout et notre avis n'a aucune légitimité de ce fait ! La citoyenneté avant d'être un droit est un devoir, et ça dépasse largement le simple fait de se déplacer pour poser une enveloppe dans une urne tout les 2 ans !
Ok, on a compris : les Irlandais devaient "démocratiquement" voter "oui" et rien d'autre !...
cestchouette
Le vendredi 3 avril 2009 à 21:24:26
#83
Inscrit
le mardi 28 novembre 06
-
516
commentaires
Surtout quand ces "sérénades" servent surtout à masquer la politique colonialiste d'un certain Etat du Moyen-Orient et à empêcher toute critique sous peine [strike]d'excomm[/strike] d'antisémitisme !...
Une politique qui va mener à la conclusion logique : qui joue avec le feu finit toujours par se brûler !...
+1
clownie
Le dimanche 5 avril 2009 à 02:29:51
#84
Inscrit
le dimanche 15 février 09
-
331
commentaires
Indépendamment de la question du filtrage étendu au p2p:
"on voit pas, on voit pas. c'est que ca existe plus, c'est ça?"
Alala la prohibition est à la mode, c'est merveilleux, avec tous les effets qu'on lui connait... au lieu de laisser ces gens s'exprimer en tant qu'opinion (avec la valeur de toute opinion directement lié au nombre des partisans qui la partagent a savoir, en l'occurrence, bien peu) on en fait des martyres.
Et a coté de ca, les autres nauséabonds, ceux qui incitent à la haine quotidienne, s'expriment librement.
Fut un temps ou je t'aimais, mon beau pays... T'as pris un coup de vieux, j'en ai peur...
Edité par clownie le dimanche 5 avril 2009 à 02:31
"on voit pas, on voit pas. c'est que ca existe plus, c'est ça?"
Alala la prohibition est à la mode, c'est merveilleux, avec tous les effets qu'on lui connait... au lieu de laisser ces gens s'exprimer en tant qu'opinion (avec la valeur de toute opinion directement lié au nombre des partisans qui la partagent a savoir, en l'occurrence, bien peu) on en fait des martyres.
Et a coté de ca, les autres nauséabonds, ceux qui incitent à la haine quotidienne, s'expriment librement.
Fut un temps ou je t'aimais, mon beau pays... T'as pris un coup de vieux, j'en ai peur...
Edité par clownie le dimanche 5 avril 2009 à 02:31
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