Les spécifications HTML5 sont actuellement en cours de construction, et la tâche est ardue. Non seulement il existe un défi important, car le standard n’a pas été renouvelé depuis un certain temps, mais le nombre de domaines à couvrir est très large.Le HTML5 doit ainsi reprendre tout l’existant pour l’adapter aux besoins nouveaux, et en particulier au web 2.0. Pouvant être employée avec une syntaxe HTML ou XML, la prochaine version aura à charge de gérer un nombre important de domaines :
- L’audio et la vidéo
- La lecture des éléments textes par un moteur de synthèse vocale
- L’API Canvas pour les animations 2D
- La simplification de l’indexation par les moteurs de recherche
- Un framework P2P
- La gestion du contenu hors-ligne pour les applications web
Un avis que reprend l’analyste Jeffrey Hammond de chez Forrester : « Je ne peux même pas imaginer le nombre d’années qu’il faudra aux navigateurs pour l’intégrer. Comment mange-t-on un éléphant ? Une bouchée à la fois ». L’intégration de la norme prendra évidemment un certain temps, mais l’avis de Microsoft et de l’analyste a déjà donné lieu à certains mouvements concrets.
Google, par exemple, n’a pas attendu la partie consacrée à la synchronisation du contenu hors-ligne pour bâtir sa technologie Gears sur ce même concept. De même, Apple n’a pas attendu le HTML5 pour en gérer certains aspects dans Safari 3.1, notamment le contenu hors-ligne pour les applications web. En fait, on retrouve un peu le cas des « drafts » de la norme Wifi 802.11n, quand les constructeurs ont commencé à intégrer des préversions du protocole.
Michael Smith, porte-parole du W3C (World Wide Web Consortium), est d’ailleurs plus ou moins d’accord avec le concept de séparation, et il reconnaît que le HTML5 est imposant. Il existe toutefois, selon lui, des dangers inhérents à briser certains morceaux pour en faire des projets parallèles et plus facilement manipulables, et tous ces dangers se concentrent sur le concept de synchronisation.
S’il indique ainsi que plusieurs membres au cœur du groupe de travail sont d’avis de rendre certains éléments périphériques, l’exemple du DOM (Document Object Model) est pour lui un très bon exemple des problèmes que cela peut engendrer. Sortie après le HTML4, cette spécification a évolué séparément et Michael Smith a précisé que la synchronisation avec les autres développements avait connu des ratés.
Pour l’instant, aucun changement n’est prévu. Microsoft n’a fait qu’exprimer un avis, et pour qu’une modification aussi importante ait lieu, il doit exister au moins un accord entre plusieurs membres d’un groupe de travail. L’éditeur ne sait pas encore s’il va chercher à créer ce type d’accord et semble plutôt dans une position d’attente et de prise de température.
Source :
SD Times
Vincent Hermann
le 24 avril 2008 à 11:16
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