S'identifier / Créer un compte
  • Actualités
  • Dossiers
  • Tests
  • Commentaires
  • INpactiens
Publicité

Ardoise, au tableau noir des logiciels de fichage de police ?

Nom, prénom, adresse, film préféré, position favorite, etc.

école eleveLe logiciel Ardoise, acronyme d’Application de recueil de la documentation opérationnelle et d'informations statistiques sur les enquêtes, fait grincer des dents. Et pas qu’un peu.

Cette Ardoise quasi magique doit remplacer à terme le logiciel de rédaction de procédure (LRP) et le Stic (Système de traitement des infractions constatées). Lors des premiers pas d’une procédure auprès de la Gendarmerie ou de la Police, les informations fournies par la victime, le témoin ou l’auteur présumé d’une infraction serviront à renseigner les différents champs proposés par Ardoise.

L’objectif est multiple et avant tout statistique. Le Syndicat Alliance indique  qu’Ardoise permettra encore « d’établir des éventuelles circonstances aggravantes selon le type d’infraction ». Et l’on promet un taux d’élucidation encore plus important, pour répondre à l’attente des victimes.

Le logiciel en question demande donc à ce que soit renseigné tout un lot de caractéristiques, mais pas seulement, puisque des données très personnelles devront être fournies et saisies par les forces de l’ordre. Dans la rubrique « État de la personne », le profil contient ainsi des champs comme « homosexuel », « transsexuel », « handicapé », « sans domicile fixe », « personne se livrant à la prostitution », « travesti », « relation habituelle avec personne prostituée », « personne atteinte de troubles psychologiques », « usager de stupéfiants », « permanent syndical ». Bref, tout un lot de données qui sera ensuite consultable partout sur le territoire par les autorités, regrette le Collectif contre l’homophobie. « Nous partageons le malaise de nombreux policiers et gendarmes ; comme eux, nous avons du mal à saisir l’intérêt de la mention de certains détails et les finalités de ce profilage. Nous sommes particulièrement inquiets face au risque de constitution de fichiers catégoriels que ce logiciel pourrait permettre » indique le communiqué qui se souvient encore des heures sombres du fichage en France.

Face à la tempête, le ministère de l’Intérieur tente de désamorcer les critiques : le logiciel ARDOISE intégrera les mêmes informations que celles saisies dans le fichier de la police et sera soumis à l'avis de la CNIL. « Cette saisie de données personnelles n'est en aucun cas automatique. Elle n'a lieu que lorsque ces informations ont un lien avec l'affaire, la nature ou les circonstances de l'infraction (agression sexuelle, agression homophobe, liée à la croyance, à la race, à des caractéristiques physiques…) ». Et la ministre de préciser à son tour que ces données permettent de caractériser les infractions et les éventuelles circonstances aggravantes (abus de faiblesse, homophobie, racisme, antisémitisme….). Enfin, « exclusivement destinées aux enquêtes judiciaires, ces informations sont également nécessaires à la recherche et à l'identification des auteurs. Celles relatives au plaignant peuvent donc être détruites sur sa demande après condamnation définitive du ou des coupables ».

Un débat qui fait pshittt ? Le Collectif contre l’Homophobie n’en démord pas et a saisi la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde), la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) et la CNCDH (Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme).
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

Le 17 avril 2008 à 10:07 (20 476 lectures)

Il y a 96 commentaires

Avatar de qwerty31 INpactien
qwerty31 Le jeudi 17 avril 2008 à 10:19:20
Inscrit le mardi 10 avril 07 - 62 commentaires
Dans la rubrique « État de la personne », le profil contient ainsi des champs comme « homosexuel », « transsexuel », « handicapé », « sans domicile fixe », « personne se livrant à la prostitution », « travesti », « relation habituelle avec personne prostituée », « personne atteinte de troubles psychologiques », « usager de stupéfiants », « permanent syndical ».

Est-ce que c'est à choix multiples ?

Edité par qwerty31 le jeudi 17 avril 2008 à 10:19
Avatar de yvan INpactien
yvan Le jeudi 17 avril 2008 à 10:20:03
Inscrit le mardi 21 janvier 03 - 7540 commentaires
Celles relatives au plaignant peuvent donc être détruites sur sa demande après condamnation définitive du ou des coupables


Arf, je pense que ça changera juste de fichier pour passer dans un truc non déclaré. Qui peut les croire là dessus, sérieux
Avatar de nikon56 INpactien
nikon56 Le jeudi 17 avril 2008 à 10:22:44
Inscrit le lundi 2 juillet 07 - 5491 commentaires
Est-ce que c'est à choix multiples ?

OMG , tu veut dire que tu est au moins 2 de ces trucs la

a mort heretique devil.gif




humour.png

Avatar de x689thanatos INpactien
x689thanatos Le jeudi 17 avril 2008 à 10:25:06
Inscrit le mardi 9 mai 06 - 4125 commentaires
« personne atteinte de troubles psychologiques »


Çela concerne la personne qui répond au questionnaire?
Ou plutôt celle qui pose les questions :)


Efficacité de la chose. Déjà, envie de la part des personnes a répondre a ce genre de questions..
"vous voulez pas mon numéro de carte bleu tant qu'vous y êtes ??"
Il es humain de cacher certaines informations qui peuvent mettre le bazare/ sans faire avancer une éventuelle enquete .
Et vu le % de réussite de toute façon. (bon, sauf quand on es de la famille de certaines personnes... la bizarrement, ça se fais a une vitesse éclaire.

D'ailleurs, les hommes politiques aussi auraient ce genre de questionnaire en cas de problème ? :)


cela semble plus un argument pour faire /comme partout/ des stats qui devront etres analysées
-temps passé a saisir les informations, les traiter,... embauches??
-validité due a de fausses informations
-C'est le même questionnaire pour les mineurs ?
-...

Ps: ou alors, ils asseyent peut être de définir le profil type du criminel et de la victime...
Avatar de Gozmoth INpactien
Gozmoth Le jeudi 17 avril 2008 à 10:26:07
Inscrit le vendredi 18 novembre 05 - 81 commentaires
Je parie que c'est une saisie libre et que l'enquêteur met les informations qu'il juge pertinente pour l'enquête.

C'est pas le fait que ce genre de donnée apparaisse, c'est leur exploitation qui doit être surveillé. On reste en France, les policiers sont des gens comme nous, ça doit pas aller beaucoup plus loin que la lutte contre la criminalité.
Si ce genre d'informations sont pertinentes, qu'elles y restent.

Edité par Gozmoth le jeudi 17 avril 2008 à 10:26
Il n'est plus possible de commenter cette actualité
Vous devez être connecté ou vous inscrire en haut pour pouvoir participer aux commentaires.

Il y a 96 commentaires