La censure indonésienne envers YouTube et MySpace n'aura pas duré bien longtemps. Pour avoir mis en ligne fin mars dernier Fitna, le brûlot anti-Islam du député néerlandais d'extrême droite Geert Wilders, YouTube, MySpace et d'autres sites importants s'étaient vu bloqués, en début de semaine en Indonésie, par 146 FAI locaux. Or la libéralisation de ces sites est venue des internautes indonésiens eux-mêmes. Ces derniers ont en effet fortement protesté contre cette censure inutile, ces sites leur étant justement utiles.
« Nous n'avons pas besoin de bloquer ces sites, mais seulement les liens qui diffusent le film. Si le film est transféré sur un autre site, nous continuerons à le poursuivre et à le bloquer » explique Isnawan, le vice-président de l'association des fournisseurs d'accès à Internet indonésienne.
« L'accès à YouTube et aux autres sites a été rouvert après la réception d'un nombre impressionnant de protestations de la part des utilisateurs auprès des FAI. Nous avons discuté de toutes ces plaintes avec le ministère, et nous sommes tombés d'accord » explique à son tour Heru Nugroho, lui aussi membre de l'association des FAI d'Indonésie.
Cette levée contre la censure, a été saluée par l'Alliance des journalistes indépendants. Pour cette dernière, cette censure était équivalente à « détruire un restaurant pour tuer une mouche » ou encore « fermer une librairie pour un désaccord avec le contenu d'un seul livre ».
Le quotidien Jakarta Post décrit cette censure comme stupide et dangereuse. « L'engagement de l'Indonésie à la liberté d'expression et le droit à l'information, garantis par la Constitution, sont en train d'être mis en doute » constate amèrement le journal.
Face à la censure de l'Indonésie, de nombreuses voix indonésiennes se sont donc levées afin de contrer cette agression contre la liberté d'expression. Censurer une partie d'un site est généralement jugé comme stupide, même si certains l'acceptent. A contrario, censurer l'intégralité d'un site ne semble susciter aucune adhésion.
- 07 / 04 / 2008 : La Chine débloque partiellement Wikipedia en anglais
- 17 / 03 / 2008 : Vidéos du Tibet : YouTube une nouvelle fois bloqué en Chine
- 21 / 01 / 2008 : Atatürk brocardé, YouTube à nouveau suspendu en Turquie
- 07 / 01 / 2008 : RSF dénonce le renforcement de la censure vidéo en Chine
- 19 / 10 / 2007 : La Chine bloque à nouveau Google, Yahoo! et Youtube
- 19 / 09 / 2007 : La Turquie bloque The Pirate Bay et YouTube
- 17 / 09 / 2007 : Après YouTube, le gouvernement iranien s'en prend à Google
- 31 / 08 / 2007 : La Thaïlande débloque Youtube, sous de lourdes conditions






