Network Solutions a finalement préféré désactiver l’accès au site Fitnathemovie.com du député Geert Wilders, enregistré et hébergé par la société américaine. L’extrémiste hollandais, connu pour ses thèses anti-islamistes, devait y présenter « Fitna » son film de 15 minutes qui décrit la religion comme un « ennemi de la liberté ».Fitna (discorde en arabe) n’a pas encore été mis en ligne qu’il suscite déjà de fortes critiques, son auteur étant connu pour ses propos ultra-sulfureux. Pour se défendre, Network Solutions indique avoir reçu plusieurs plaintes (d'origines inconnues) à l’encontre de ce site et qu’une enquête était en cours pour déterminer si ses conditions d’utilisation n’avaient pas été violées : « Ce site a été suspendu le temps que Network Solutions enquête pour savoir si le contenu du site constitue une violation des conditions d'utilisation acceptables de Network Solutions ».
Dans le contrat NetSol, il est indiqué que la propagande haineuse, la diffamation, la profération de menace, etc. sont interdites. De même, le texte indique que le cocontractant s’engage à respecter toutes les lois locales, nationales, et internationales quant à l’utilisation de tous les services offerts par Network Solutions.
Reste que le film n’a pas encore été diffusé pour l’heure et Geert Wilders a soutenu qu'il n’était pas illégal au regard de la loi hollandaise. Selon l’AFP, la Fédération islamique néerlandaise a toutefois demandé en référé un examen du film pour déterminer s'il y avait des motifs pour l'interdire de diffusion. Une diffusion qui devrait intervenir le 28 mars. En marge de cette suspension plusieurs manifestations ont eu lieu à Amsterdam sur fond de « arrêtez la chasse aux sorcières contre les musulmans ». Le député hollandais n'aurait cependant pu rêver de meilleure pub que cette suspension préventive de son site et donc de sa conception de la liberté d'expression.
Si la voix de Network Solutions devait être fermée pour de bon, Geert Wilders pourra-t-il tenter les plateformes vidéo ? Dailymotion indique sur ce point « il est de votre responsabilité exclusive de vous assurer que votre contenu est conforme aux Conditions d'Utilisation et notamment ne heurte pas la sensibilité des plus jeunes, ne constitue ni une violation des lois et réglementations, ni une violation des droits de tiers, ni une atteinte à l'ordre public et aux bonnes mœurs ».
Coté YouTube, si les conditions générales d’utilisation indiquent : « Nous encourageons la liberté d'expression et défendons le droit de chacun à exprimer des points de vue peu populaires », on y interdit aussi « les discours incitant à la haine, qui attaquent ou rabaissent un groupe en raison de la race, l'origine ethnique, la religion, le handicap, le sexe, l'âge, le statut de vétéran ou l'identité sexuelle ».
Marc Rees
le 24 mars 2008 à 11:40
(32 090
lectures)
Actualités et brèves relatives
- 15 / 02 / 2008 : Les principales mesures du plan anti-cybercriminalité français
- 01 / 05 / 2007 : Sony s'excuse pour la cérémonie de la chèvre décapitée
- 07 / 02 / 2007 : Sécurité : nouvelle journée au profit de l’Internet plus sûr
- 27 / 11 / 2006 : Le blocage du site Aaargh confirmé en justice (MàJ)
- 13 / 01 / 2006 : Objets nazis, le juge américain rejette la plainte de Yahoo!
- 08 / 09 / 2005 : L'Europe veut protéger la jeunesse sur les réseaux
- 09 / 03 / 2005 : Un site poursuivi pour racisme, des FAI appelés à filtrer
- 15 / 06 / 2004 : Les FAI devancent la LEN et font leur charte





