La standardisation du format Open XML au sein de l’ISO est décidément sous haute tension. Les intérêts politiques et financiers de plusieurs énormes sociétés entrent en conflit, une bataille qui génère une masse titanesque de travail. Ce ne sont pas moins de 6000 pages de code qui décrivent comment fonctionne le format, quelles sont ses...
La standardisation du format Open XML au sein de l’ISO est décidément sous haute tension. Les intérêts politiques et financiers de plusieurs énormes sociétés entrent en conflit, une bataille qui génère une masse titanesque de travail. Ce ne sont pas moins de 6000 pages de code qui décrivent comment fonctionne le format, quelles sont ses possibilités, et comment il doit être implémenté pour fonctionner correctement. 6000 pages qui ont fait de la semaine dernière un enfer pour le comité technique en charge de la vérification.
Les membres du comité ne disposaient que de cinq jours pour vérifier l’ensemble des points reprochés la semaine dernière, et il était clair que la mission était proche de l’impossible. En fait, sur ces cinq jours, les premières 24 heures ont été consacrées à l’organisation du reste de la semaine, faisant perdre un temps précieux alors que les membres du comité n’en avaient déjà que très peu. Au terme de la semaine, il est resté finalement pratiquement autant de questions qu’auparavant.
Deux standards : la panacée ou l'enfer ?
Le format Open XML, utilisé par défaut dans les suites Office 2007 et 2008, est pour rappel développé par Microsoft et a été certifié par l’ECMA International. Il est en confrontation directe avec un autre format, l’ODF, déjà normalisé par l’ISO comme un standard. Et, bien entendu, la présence de deux standards internationaux pour parvenir au même but a relancé le débat sur la question, les principaux acteurs exprimant chacun leurs espoirs et leurs craintes.
Microsoft juge évidemment que son format de données est meilleur, car il contient tout simplement plus de fonctionnalités, en dépit du fait qu’il soit également plus complexe à mettre en place. Du côté des défenseurs de l’ODF, on se demande donc pourquoi venir perturber la bonne marche d’un standard avec un concurrent, surtout quand celui-ci est Microsoft.
Des opposants très inquiets
C’est notamment le cas de Google qui exprime quelques inquiétudes quant à la viabilité de l’Open XML. Selon Zaheda Bhorat, de l’équipe open source de la firme, plusieurs tests ont été menés indépendamment de la procédure de l’ISO pour vérifier les spécifications de l’Open XML. Les résultats contiendraient selon lui plusieurs zones d’ombre et d’inquiétude, sans toutefois préciser de quoi il s’agit.
Shane Coughlan, coordinateur juridique de la branche européenne de la Free Software Foundation, indique que le format Open XML ne peut tout simplement pas être contrôlé en une seule semaine. Même si pour l’instant on ne peut avoir le détail des conversations et des points abordés, il est évident que la somme des commentaires, critiques et recommandations n’a pas pu être vérifiée intégralement. Shane Coughlan fait d’ailleurs remarquer, à juste titre, que les problèmes encadrant la standardisation de l’Open XML soulèvent à quel point cette décision dépasse le simple cadre de l’industrie informatique, politisant ainsi un conflit qui, sans ça, rappellerait la bataille du Blu-ray contre le HD-DVD.
L’ensemble des pays participant au vote final, à travers leurs organismes dédiés (l’AFNOR en France), ont jusqu’au 29 mars pour se décider. On peut se demander d’ailleurs comment chacun d’entre eux va pouvoir faire son choix en fonction d’un nombre si restreint d’informations. Attendons toutefois la fin du mois, les rebondissements dans l’histoire de l’Open XML ayant été plutôt nombreux dans le passé.
La standardisation du format Open XML au sein de l’ISO est décidément sous haute tension. Les intérêts politiques et financiers de plusieurs énormes sociétés entrent en conflit, une bataille qui génère une masse titanesque de travail. Ce ne sont pas moins de 6000 pages de code qui décrivent comment fonctionne le format, quelles sont ses possibilités, et comment il doit être implémenté pour fonctionner correctement. 6000 pages qui ont fait de la semaine dernière un enfer pour le comité technique en charge de la vérification.Les membres du comité ne disposaient que de cinq jours pour vérifier l’ensemble des points reprochés la semaine dernière, et il était clair que la mission était proche de l’impossible. En fait, sur ces cinq jours, les premières 24 heures ont été consacrées à l’organisation du reste de la semaine, faisant perdre un temps précieux alors que les membres du comité n’en avaient déjà que très peu. Au terme de la semaine, il est resté finalement pratiquement autant de questions qu’auparavant.
Deux standards : la panacée ou l'enfer ?
Le format Open XML, utilisé par défaut dans les suites Office 2007 et 2008, est pour rappel développé par Microsoft et a été certifié par l’ECMA International. Il est en confrontation directe avec un autre format, l’ODF, déjà normalisé par l’ISO comme un standard. Et, bien entendu, la présence de deux standards internationaux pour parvenir au même but a relancé le débat sur la question, les principaux acteurs exprimant chacun leurs espoirs et leurs craintes.
Microsoft juge évidemment que son format de données est meilleur, car il contient tout simplement plus de fonctionnalités, en dépit du fait qu’il soit également plus complexe à mettre en place. Du côté des défenseurs de l’ODF, on se demande donc pourquoi venir perturber la bonne marche d’un standard avec un concurrent, surtout quand celui-ci est Microsoft.
Des opposants très inquiets
C’est notamment le cas de Google qui exprime quelques inquiétudes quant à la viabilité de l’Open XML. Selon Zaheda Bhorat, de l’équipe open source de la firme, plusieurs tests ont été menés indépendamment de la procédure de l’ISO pour vérifier les spécifications de l’Open XML. Les résultats contiendraient selon lui plusieurs zones d’ombre et d’inquiétude, sans toutefois préciser de quoi il s’agit.
Shane Coughlan, coordinateur juridique de la branche européenne de la Free Software Foundation, indique que le format Open XML ne peut tout simplement pas être contrôlé en une seule semaine. Même si pour l’instant on ne peut avoir le détail des conversations et des points abordés, il est évident que la somme des commentaires, critiques et recommandations n’a pas pu être vérifiée intégralement. Shane Coughlan fait d’ailleurs remarquer, à juste titre, que les problèmes encadrant la standardisation de l’Open XML soulèvent à quel point cette décision dépasse le simple cadre de l’industrie informatique, politisant ainsi un conflit qui, sans ça, rappellerait la bataille du Blu-ray contre le HD-DVD.
L’ensemble des pays participant au vote final, à travers leurs organismes dédiés (l’AFNOR en France), ont jusqu’au 29 mars pour se décider. On peut se demander d’ailleurs comment chacun d’entre eux va pouvoir faire son choix en fonction d’un nombre si restreint d’informations. Attendons toutefois la fin du mois, les rebondissements dans l’histoire de l’Open XML ayant été plutôt nombreux dans le passé.
Source :
Reuters
Vincent Hermann
Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.
Le 3 mars 2008 à 10:33
(14 607
lectures)
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Il y a 66 commentaires
Ca a au moins l'avantage de sensibiliser tout le monde à la question pas du tout évidente des formats de données.
Je pense qu'à partir du moment où toutes les administrations passent en ODF, vu que la commande publique pèse à peu près 10% du PIB dans un pays et que les entreprises comme les particuliers devront communiquer via ODF avec leurs administrations Microsoft a effectivement intérêt à lutter pour open XML si il veut pas le voir disparaitre à moyen terme.
Edité par yvan le lundi 3 mars 2008 à 11:05
Tu penses vraiment que la non-certification ISO changerait quoi que ce soit dans la politique de Microsoft ? Ils ont très bien vécu sans jusqu'à maintenant...
Je pense qu'à partir du moment où toutes les administrations passent en ODF, vu que la commande publique pèse à peu près 10% du PIB dans un pays et que les entreprises comme les particuliers devront communiquer via ODF avec leurs administrations Microsoft a effectivement intérêt à lutter pour open XML si il veut pas le voir disparaitre à moyen terme.
Edité par yvan le lundi 3 mars 2008 à 11:05
On peut difficilement reprocher à Microsoft de faire ça alors que c'est quelque chose que le libre s'amuse aussi à faire régulièrement et que tout le monde trouve ça normal .
Désolé, mais rien à voir
A la limite, si les formats Office étaient ouverts, je ne dis pas. Mais ce n'est pas le cas, et il a bien fallu créer des formats bureautiques vu qu'il était impossible d'utiliser ceux de MS.
Il y a qu'à regarder les formats de audio/vidéo/containers, FLAC/APE/OGG/Matroska, etc, etc... et ne parlons pas des trillions de fork et re-fork de certain projets
.
.Même chose : si les formats multimédia déjà existants étaient ouverts et améliorables librement, on aurait pu se baser dessus. Mais encore une fois, ce n'est pas le cas
Ca a au moins l'avantage de sensibiliser tout le monde à la question pas du tout évidente des formats de données.
Je pense qu'à partir du moment où toutes les administrations passent en ODF, vu que la commande publique pèse à peu près 10% du PIB dans un pays et que les entreprises comme les particuliers devront communiquer via ODF avec leurs administrations Microsoft a effectivement intérêt à lutter pour open XML si il veut pas le voir disparaitre à moyen terme.
Je pense qu'à partir du moment où toutes les administrations passent en ODF, vu que la commande publique pèse à peu près 10% du PIB dans un pays et que les entreprises comme les particuliers devront communiquer via ODF avec leurs administrations Microsoft a effectivement intérêt à lutter pour open XML si il veut pas le voir disparaitre à moyen terme.
Je suis on ne peut plus d'accord
Et j'attends comme windu la publication du RGI.
MS a 2 avantages indéniables : ses PDM et la force d'inertie jouent en sa faveur... Migrer de MS Office vers <autre chose> a un coût financier, en temps, en formation, ...
Je rajouterai un autre avantage pour MS, Excel qui est clairement au dessus des autres tableurs et de par ses fonctionnalités et de par sa robustesse et de par son format de données/formules.
Au delà des considérations politiciennes et de gros sous, d'un point de vue strictement technique je comprend que certains veuillent conserver ce format et donc le moteur logiciel derrière même si il est pas toujours 100% rétro compatible et pas aussi robuste qu'on pourrait rêver.
J'aime le principe de faire voter les observateurs.
Je peux voter moi aussi? J'observe après tout...
Je peux voter moi aussi? J'observe après tout...
Désolé, mais rien à voir
A la limite, si les formats Office étaient ouverts, je ne dis pas. Mais ce n'est pas le cas, et il a bien fallu créer des formats bureautiques vu qu'il était impossible d'utiliser ceux de MS.
A la limite, si les formats Office étaient ouverts, je ne dis pas. Mais ce n'est pas le cas, et il a bien fallu créer des formats bureautiques vu qu'il était impossible d'utiliser ceux de MS.
As bon pourquoi, tu l'a dit toi même, des format pourquoi ils n'ont pas fait un format dès le début, pourquoi avoir attendu que se soit Sun qui se bouge.
Même chose : si les formats multimédia déjà existants étaient ouverts et améliorables librement, on aurait pu se baser dessus. Mais encore une fois, ce n'est pas le cas
Encore une fois ou est le rapport avec le fait qu'il y ait des formats "non libre" ? rien n'empêchait de créer un format multimédia "libre" plutôt que d'en créer plusieurs différents.
As bon pourquoi, tu l'a dit toi même, des format pourquoi ils n'ont pas fait un format dès le début, pourquoi avoir attendu que se soit Sun qui se bouge.
Encore une fois ou est le rapport avec le fait qu'il y ait des formats "non libre" ? rien n'empêchait de créer un format multimédia "libre" plutôt que d'en créer plusieurs différents.
Mea culpa, je n'avais pas compris ton commentaire de cette façon. Je ne sais pas trop ce qu'il en est des formats bureautiques dans les différentes suites libres. Est-ce que tout le monde penche pour ODF ? Ou est-ce que ce sont des formats distincts mais interopérables ?
Pour le multimédia, il y a sans doute une raison : certains formats sont peut-être plus adaptés à un usage que d'autres. Quelqu'un peut nous renseigner ?
Je rajouterai un autre avantage pour MS, Excel qui est clairement au dessus des autres tableurs et de par ses fonctionnalités et de par sa robustesse et de par son format de données/formules.
ha ben oui :http://www.pcinpact.com/actu/news/39215-excel-2003-bug-affichage-series-incremen...
Le bug exite dans plusieurs tableurs donc il est pas vraiment au dessus !!
Edité par awikatchikaen le lundi 3 mars 2008 à 11:18
Encore une fois ou est le rapport avec le fait qu'il y ait des formats "non libre" ? rien n'empêchait de créer un format multimédia "libre" plutôt que d'en créer plusieurs différents.
Car en créant plusieurs formats libre un premier temps, on peut voir évoluer les formats, et on fini par avoir un format qui se démarque de par sa plus forte utilisation, développement plus soutenu, car il est soit plus simple d'utilisation, de modification, etc...
Enfin, je le voit comme ça, il vaut mieux commencer par plusieurs souches, et garder celle qui a le plus d'espérence de vie.
Mea culpa, je n'avais pas compris ton commentaire de cette façon. Je ne sais pas trop ce qu'il en est des formats bureautiques dans les différentes suites libres. Est-ce que tout le monde penche pour ODF ? Ou est-ce que ce sont des formats distincts mais interopérables ?
Toutes les suites bureautiques libres (KOffice, OOo, ...) penchent vers l'ODF. Par contre, elles n'ont pas toutes le même niveau d'intégration ! OOo est (me semble-t-il) la suite qui le gère le mieux, alors que KOffice 1 en est très loin (mais un très gros travail est fait en ce moment-même à ce sujet, pour KOffice 2 qui est encore en version Alpha)
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