L'AFUL, Association Francophone des Utilisateurs de Linux et des Logiciels Libres, vient à son tour de se pencher sur la dernière initiative de Microsoft en faveur de l’interopérabilité et de l’ouverture d’une partie des spécifications de ses produits, protocoles et formats de fichiers. Là encore, la réserve est de mise : « il conviendrait de rester très prudent quant à la portée de cette ouverture (…) il serait naïf de croire à un réel changement. »Pour l’association, la démarche de l’éditeur est avant tout nécessaire économiquement alors que la prise de conscience du logiciel libre se développe de plus en plus, « non seulement chez les particuliers, mais également et surtout dans les entreprises, administrations et collectivités » : « Microsoft semble avoir enfin compris, au moins pour sa communication, que la dynamique de la nouvelle économie ne peut exister sans ouverture, et que ses clients n'entendent plus être enfermés et ficelés ».
L’AFUL signale à son tour le problème des royalties qui, même si elles sont faibles pour l’accession aux licences, introduisent « un coût unitaire inapplicable avec les nouveaux modèles économiques liés aux logiciels libres. Toujours la vieille économie, car ces nouveaux modèles, plus efficaces, sont les seuls que craint Microsoft ». Les brevets attachés à ces licences ne seront opposables qu’aux usages commerciaux, mais ce terme n’est pas spécifiquement défini par l’éditeur rendant son application malaisée : « le développement coopératif actuel du logiciel libre est largement le fait de sociétés commerciales, par exemple dans le cadre de prestations de service, ce qui est d'ailleurs un signe fort de la maturation et du succès de ce modèle. Et les usages par les administrations seront-ils considérés comme non-commerciaux ? »
« Aspect positif de ce pseudo-engagement, Microsoft reconnaît officiellement pour la première fois que les brevets logiciels bloquent le développement des logiciels libres » pointe l’association. Celle-ci indique au surplus que l'interopérabilité version Microsoft ne consiste pas seulement à connaître les spécifications des formats actuels de Microsoft, « mais passe obligatoirement par des formats ouverts, pérennes et exempts de tout brevet, définis par des organismes tiers comme les organismes internationaux de normalisation ». Ce qui laisse présager de chaude discussion à l'AFNOR, autour de la normalisation du format OpenXML.
Marc Rees
le 25 février 2008 à 15:27
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