Le nouveau gouvernement travailliste australien veut déployer un réseau internet débarrassé de tout contenu litigieux ou problématique. Si le plan passe en l’état, les écoles ou les particuliers pourraient surfer sur un internet sans contenu pornographique ou considéré comme « inapproprié ».A cette fin, une liste de sites sera établie par l’Autorité des Médias et de la Communication afin de rediriger les requêtes vers des pages plus « saines ».
Filtrage et opt-out
Devant les critiques émises par les tenants de la liberté d’expression, les responsables politiques du projet rejettent toute idée de censure « à la chinoise » estimant qu’on ne peut parler de liberté de parole lorsqu’il s’agit par exemple de regarder « de la pornographie infantile », un épouvantail souvent secoué lorsqu’il s’agit de prendre des mesures drastiques.
Tout le monde pourra cependant sortir du carcan gouvernemental, sur simple option : les Australiens qui le souhaitent devront cependant contacter leur provider pour se désinscrire (opt-out) de ce service, activé donc par défaut.
Des dommages collatéraux
Outre des problèmes de neutralité ou de liberté d’expression, la mesure pourrait générer des dommages collatéraux. l’Internet Industry Association, organe représentatif des FAI australiens, évoque un risque de ralentissement du web en Australie : à chaque requête dans un moteur de recherche, une base de milliers d’URL blacklistée sera consultée pour autoriser ou refuser la visite vers tel ou tel site.
Les détracteurs font encore valoir que toute mesure de filtrage est par nature défaillante, et qu’il est toujours très simple de parer à des restrictions d’accès. De même, faire croire aux parents que leurs enfants seront protégés serait ainsi une erreur, voire un risque, ceux-ci déléguant en toute confiance leur responsabilité éducative à de simples outils de filtrage.
Tom Wood, un jeune homme de 16 ans, était parvenu à casser en quelques minutes deux filtres de contrôles d’accès tout juste mis en place par le gouvernement précédent. Une nouvelle qui avait grand bruit puisque la solution logicielle avait coûté la bagatelle de 50 millions d’euros (84 millions de dollars australiens) financés par des fonds publics.
Selon l’Australian Privacy Foundation, un autre risque sera aussi de voir des pages internet bloquées injustement, un danger lié à un problème récurrent lorsqu’il s’agit de filtrage : qui contrôle les gardiens du temple et quelle est leur légitimité politique ?
Marc Rees
le 2 janvier 2008 à 12:07
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