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Amazon condamnée pour ses livraisons gratuites de livres

Une page est tournée

amazon Les tribulations d’Amazon n’auront pas duré en matière de frais de port gratuits. Le tribunal de Versailles vient de condamner à 100 000 euros de dommages et intérêts, le site d’e-commerce pour ses pratiques de frais de port gratuits et de chèques-cadeaux en matière d’expédition de livre. La peine est accompagnée d’une astreinte de 1 000 euros par jour de retard, passé le délai de 10 jours à compter de la signification du jugement.

C’est surtout la résistance d’Amazon qui aura généré une telle rigueur dans ce jugement. « Cette décision survient après le jugement de première instance et l’arrêt d’appel favorables au SLF dans son action contre le site Alapage.fr (qui s’est pourvu en cassation) pour les mêmes raisons : la condamnation de la pratique des frais de port gratuits » explique le Syndicat de la Librairie Française. Les libraires « physiques » ont toujours vu d’un mauvais œil ces gestes commerciaux qui détournent sans mal le client vers ces solutions en ligne. La loi Lang de 1981 sur le prix unique du livre interdit sans ménagement ces manœuvres et toute résistance est logiquement sanctionnée.

Les questions dépassent les simples querelles de prétoires, et frappent directement la problématique de la survie des réseaux de libraires « physiques » et plus largement de la diversité culturelle : «  La vente à perte est assumée par ces opérateurs dans l’objectif de capter des parts de marché ce qui déstabilise un marché déjà fragile. C’est une attitude prédatrice qui se révèle dangereuse et totalement contradictoire avec l’esprit de la loi sur le prix unique du livre qui vise à maintenir la diversité et la création culturelles. Le livre n’est plus qu’un instrument pour une domination commerciale dans une jungle ou les acteurs indépendants librairies comme éditeurs sont broyés ».

Et le SLF replace ces questions dans le monde de la musique : « Le récent rapport Olivennes concernant les œuvres musicales rappelle les mêmes problématiques quant à une gratuité qui n’est qu’une arme au service de la domination de nouveaux groupes industriels basés sur Internet ».

le 12 décembre 2007 à 15:29 (30 074 lectures)