Le monde du développement logiciel subit actuellement une mutation qui rend le travail de création de plus en plus difficile. Oracle a fait le point sur le sujet récemment pendant le salon OpenWorld qui s’est tenu à San Francisco. Un état des lieux qui va pousser l’éditeur à de vastes changements dans sa manière de considérer les processus de développement.Jesper Andersen, vice-président de la stratégie chez Oracle, a indiqué que les technologies de l’information devenaient un véritable goulot d’étranglement : « Tous les PDG auxquels je parle le disent ». Cette situation peut s’expliquer par des budgets toujours plus réduits, des demandes croissantes, un temps octroyé toujours plus court et des contraintes toujours plus nombreuses.
Le développement logiciel dans la tourmente ?
Pour Andersen, cette évolution du travail des développeurs mène nécessairement à un changement majeur dans la conception des applications et des logiciels en général. L’impact du Web 2.0 est encore mal calculé, mais il va jouer selon lui un rôle prépondérant dans la modification du paysage logiciel dans les années à venir. De même que les réseaux sociaux, les blogs, les wikis et les espaces collaboratifs changent lentement mais sûrement notre conception de l’accès à l’information.
Andersen a ajouté que le goulot d’étranglement commence avec la plateforme sur laquelle sont bâties les applications de l’entreprise. Il explique que la grande majorité de ces applications a été conçue de la même manière que les plateformes, c’est-à-dire de façon monolithique. L’intégralité du processus de développement logiciel est centrée sur le code, une vision des choses qui doit et va changer selon Oracle.
L'Application Integration Architecture
L’éditeur en profite bien sûr pour lancer sa propre plateforme prenant en compte ses idées. Nommée Application Integration Architecture (AIA), elle comprend tous les éléments qui permettent a priori de développer des solutions en se basant sur des processus à part entière, et non plus sur le code lui-même. Andersen indique qu’il est au final plus simple et plus naturel de configurer des éléments constitutifs pour répondre à des besoins que d’utiliser une même structure monolithique qui va être personnalisée et élaguée pour répondre aux besoins.
Un air de déjà vu ? Cet éclatement se retrouve dans les grands objectifs de Microsoft, non seulement pour Windows, mais pour sa plateforme Live. Nombreux sont les éditeurs aujourd’hui à envisager le futur comme un mélange de composants de bases reliés entre eux par des services. La notion même de service est d’ailleurs portée triomphalement par certains comme la solution universelle.
Oracle avertit que sa plateforme AIA n’est pas nécessairement recommandée pour tous les besoins d’une entreprise. Il s’agit plutôt d’évoluer lentement vers elle pour simplifier le développement avec le temps. Le futur n’appartiendrait donc pas à des applications et logiciels isolés, mais à une vaste « soupe » de composants et services interconnectés et communicant de manière intelligente.
Source :
The Register
Vincent Hermann
le 23 novembre 2007 à 11:20
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