L’Alliance Public-Artistes (*) publie cet après-midi un sondage sur la perception qu’ont les acheteurs de musique en ligne des versements effectués aux artistes. Sa contribution veut alimenter le débat de la mission Olivennes, surtout orientée vers l’aspect coercitif. L’objectif est d’amener le public vers la musique légale en ligne, simplement par une meilleure répartition des sommes aux artistes. Une recette qui pourrait faire des étincelles, croit-on.Méconnaissance du montant réellement perçu
Selon le sondage, 51 % des sondés pensent que plus de 20 centimes sont reversés aux artistes (étude effectuée par strategir.com auprès de 450 acheteurs de musique en ligne). Une estimation immédiatement contestée : l’APA rétorque que « sur 1 € HT, les auteurs (7 cts), les chanteurs (4 cts) et les musiciens (0 cts), ne se partagent que 11 cts tandis que les sociétés de production captent entre 85 et 90 cts ». Une clé de répartition qu’il conviendrait donc de revoir pour plus d’équité, sans nécessairement augmenter les tarifs au détail.
L’équité, comme argument de vente
D’ailleurs, « après les avoirs informés de la part revenant réellement aux créateurs, plus de trois quarts des acheteurs considèrent que la rémunération des artistes est insuffisante tandis que celle des maisons de disque est jugée élevée par 92 % des acheteurs. »
Le commerce légale y trouverait même un effet vertueux puisque « 64 % des acheteurs seraient disposés à acheter davantage de musique en ligne si une part plus importante du prix était effectivement reversée aux artistes ». Public, consommateurs et familles voudraient donc que l’argent dépensé aille chez les créateurs, à l’origine de la jouissance que provoque cet achat en ligne. Mais en plus, les sondés jugent que cette information pour une fois transparente serait une véritable carotte pour favoriser l’acte d’achat.
L’organisation lance donc un appel à la mission Olivennes pour qu’elle fasse sienne cette démonstration, « levier de la création artistique ». « Si le rapport Olivennes veut être crédible, il ne peut occulter cet aspect !» Ce sondage reste tardif, à la veille des conclusions Olivennes, mais l’Alliance considère que la problématique est connue de longue date.
Interrogé par nos soins sur les recettes à adopter en pratique, Xavier blanc, directeur de la Spedidam, souligne l’existence de mécanismes juridiques qui permettent de garantir cette plus juste répartition. Il se ferait via les contrats signés et par le biais de la gestion collective. Un dispositif similaire existe d’ailleurs au niveau européen qui peut être adapté sans mal dans les nouveaux modes d’accès à Internet.
Quelle répartition en faveur des créateurs ?
Actuellement, chez les artistes principaux, des abattements sur la rémunération perçue au titre des ventes par internet (7 cts) vont jusqu’à 50 %. Chez les autres musiciens, la situation est pire puisqu’ils ne touchent rien sur les ventes par internet. Producteur et éditeurs ont, eux, amélioré leurs parts.
Alors, quelle répartition idéale ? On se refuse à fournir un chiffre fixe, mais on se satisferait des proportions évoquées par les sondés, soit la fourchette de 20 ou 30 centimes d’euros. Bien loin des 11 centimes répartis aujourd’hui.
Un grand absent : l’Alliance ne parle plus cette fois de licence globale, projet qu’elle défendait bec et ongle dans le passé. « Nous n’abandonnons pas nos idées » promet-on, mais le gouvernement ayant refusé en bloc ce projet, il aurait été contre-productif de le relancer.
(*) L’APA regroupe l’ADAMI, la Spedidam, la SAIF, mais encore des associations de consommateurs comme la CLCV, l’UFC Que Choisir ou l’UNAF.
Marc Rees
le 13 novembre 2007 à 16:39
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