iPhone en France : le torchon brûle entre Apple et Orange
Une simple différence de conception du commerce
Rien ne va plus entre Apple et Orange. L’iPhone est devenu un sujet de discorde, quand bien même le contrat a déjà été signé. Une situation assez particulière puisque les deux parties ont chacune des griefs qui semblent relativement insolubles. À la clé, c’est peut-être tout simplement une absence du téléphone que nous aurons en France.Le fait est qu’un point particulier de la loi française est venu jouer les trouble-fête au point de menacer complètement la commercialisation de l’iPhone dans l’hexagone : l’interdiction de la vente liée entre un produit et un service. Or, Apple veut évidemment un interlocuteur unique et totalement exclusif par pays pour contrôler de près la vie de son bébé. De plus, la firme reçoit obligatoirement un pourcentage des factures payées par les abonnés à l’opérateur, jusqu’à 30 % parfois, voire même 40 dans le cas d’O2.
Évidemment, pour se conformer à la loi française, Apple serait obligée de vendre son téléphone sans abonnement. Dès lors, comment fixer le prix de la bête ? Les opérateurs ne peuvent pas subventionner son tarif car Apple le leur interdit. Si l’iPhone doit être vendu séparément, difficile de le vendre au même prix en sachant qu’il sera forcément débloqué et donc utilisable avec tous les opérateurs. Et là, c’est un autre problème : impossible de demander à tous ces derniers de fournir un pourcentage sur les factures. La situation devient incontrôlable pour Apple.
La commercialisation d’un téléphone à part et débloqué créerait sans doute également un marché parallèle en France. Il serait bien trop optimiste pour la firme de penser que les pays voisins n’en profiteraient pas alors que les iPhone disposent maintenant d’un changement de langue dans les options.Selon Les Échos, Apple serait évidemment parfaitement consciente de la situation. En contrepartie, elle aurait demandé à Orange d’augmenter la part prélevée sur les factures pour « compenser le manque à gagner ». Seulement voilà, puisque cette part est initialement élevée, son augmentation mettrait en danger Orange, que les conditions de distribution de l’iPhone désavantageraient.
Et pourtant, on se frottait déjà les mains du côté de l’opérateur, car un produit qui draine autant l’attention aurait forcément attiré de nouveaux abonnés. Pour Orange, le problème est multiple, car selon un cadre de l’opérateur, « Apple a un problème de sécurité avec l'iPhone. Il ne sait pas garantir l'exclusivité de ce téléphone à un opérateur ». Ceci en référence aux méthodes existant pour débloquer complètement l’iPhone.
La situation est donc tendue et chaque camp doit mesurer précisément les risques d’une réponse, quelle qu’elle soit. L’échec des négociations commerciales en France créerait un précédent dans l’histoire de l’iPhone tout puissant. Parallèlement, d’autres pays européens disposent également de lois relatives à la vente liée, et le climat général pourrait nuire au modèle d’Apple.
Source :
Les Echos
Vincent Hermann
le 8 octobre 2007 à 11:19
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