Dans son dernier rapport édité par la très fidèle IDC, la Business Software Assocation (BSA*), estime que le « taux de piratage de logiciels » s’est maintenu à 36% dans l’Union, contre 37% l’an passé. Un résultat « positif » malgré l’élargissement de l’Union, qui serait dû à l’harmonisation des législations européennes.En France, ce taux de contrefaçon logicielle reste supérieur à ce chiffre. Toutefois, il aurait perdu 2 points, passant de 47 à 45%. Avec l’approche très mécanique qui lui est chère, la BSA estime que ce recul engendre une baisse du préjudice dû aux logiciels illégalement installés sur micro-ordinateurs de 515 millions de dollars.
« Le préjudice dû aux logiciels illégalement installés sur micro-ordinateurs a diminué de 1 milliard de dollars (soit environ 750 millions d’euros), tout en restant à un niveau élevé, évalué à 11 milliards de dollars (soit environ 8,25 milliards d’euros). »
Si l’association se félicite des normes européennes, la BSA craint cependant la directive destinée à l’harmonisation au sein de l’Union Européenne des mesures pénales en matière de droits de propriété intellectuelle : « Certaines de ses définitions pourraient permettre à des individus de placer sur internet des logiciels téléchargeables par des tiers dans la mesure où ils n’en tirent pas de profit commercial. Cela fait écho à la situation juridique actuelle de pays comme la Chine. »
Bien que cruciale, l’information n’est pas souvent donnée. Voilà donc les diverses étapes du processus de calcul du fameux taux de piratage : il consiste d'abord à connaître le volume de livraison des micro-ordinateurs sur une période. Des données de base qui proviennent des fournisseurs.
On prend également le chiffre d’affaires du marché logiciel, « obtenus au cours d’entretiens avec les fournisseurs dans chaque pays et recoupés à l’aide de chiffres mondiaux et d’états financiers ». L’on prend encore note des ventes de « logiciels légitimes », « calculées à partir de la valeur moyenne des systèmes estimée lors des analyses par pays et par région et portant sur cinq catégories de logiciels (collaboration, bureautique, sécurité, systèmes d’exploitation, autres) » et de l’équipement logiciel c'est-à-dire du volume d’unités de logiciels installées et/ou préinstallées (OEM) sur des micro-ordinateurs au cours de l’année. Dans ce grand bouillon, sont ajoutées les données liées aux logiciels « shareware » ou « open source » et autres environnements non Windows.La marmite étant prête, on arrive à la base logicielle totale : il s’agit du volume total des logiciels, légitimes et piratés, installés au cours de l’année. Il s’obtient en multipliant le nombre de micro-ordinateurs recevant de nouveaux logiciels au cours de l’année par le nombre moyen de logiciels par micro-ordinateur installés. Le processus touche alors enfin à sa fin : pour déterminer les logiciels piratés, il « suffit » de faire la différence entre les unités de logiciels achetées ou légitimes et la base logicielle totale. Le taux de piratage étant alors le pourcentage de la base logicielle totale provenant du piratage. Simple, non ?
(* La BSA est une association d’éditeurs, regroupés dans de la lutte contre le piratage de leurs produits. Parmis ses adhérents figurent Adobe, Apple, Microsoft, RSA Security, Symantec, etc.)
Marc Rees
le 16 mai 2007 à 09:17
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