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Piratage : l’IFPI requiert des actions fortes d’Angela Merkel

They goth the blues

ifpiL’IFPI (International Federation of Phonographic Industry), qui représente les intérêts des majors du disque, a rencontré début mai la chancelière Angela Merkel. L’IFPI a pressé l’Allemagne à s’engager plus activement dans la lutte contre l’épidémie de piratage qui frapperait le pays. Constatant un marché en recul de 50% depuis 2000, John Kennedy, CEO de l’organisation estime que « si le gouvernement allemand agit maintenant, nous estimons que l'industrie allemande de musique pourra renverser ce déclin et être viable à nouveau en trois à cinq ans ».

Si l’IFPI s’invite ainsi en Allemagne, c’est aussi en raison de la position clef d’Angela Merkel, A la fois chancelière et présidente de l’Union européenne et du G8. En guise de recommandation, l’IFPI recommande à l‘intéressée d’adopter au plus vite une série de mesures jugées efficaces pour stopper l’hémorragie du piratage. L'IFPI n'a pas fait spécialement dans la dentelle lors de cette rencontre :
  • Contraindre les fournisseurs d’accès de stopper les abonnements chez les internautes qui abusent de leur service pour pirater du contenu
  • Autoriser la gravure de CD seulement pour les titres originaux légalement achetés. Interdire les services de gravure par tierce partie.
  • Renforcer la législation allemande à l’aide des directives européennes
  • Presser le gouvernement tchèque de mettre fin au marché du piratage à la frontière avec l’Allemagne.
  • Mettre la législation européenne sur la protection des enregistrements au même niveau avec la législation protectrice américaine
La coupure de service Internet régie légalement est une mesure qui avait été envisagée dans le passé en France avec le système de la riposte graduée qui, avec les messages d’intimidation et les limitations de débits, peuvent être des paliers avant la condamnation pénale.

La délégation de l’Ifpi qui a rencontré Angela Merkel rassemblait notamment Universal Music Group, EMI Music International, Sony BMG Music Entertainment, Revolver Records, Warner Music International.

Selon les chiffres catastrophiques internes à l’organisation, 374 millions de fichiers ont été téléchargés sur Internet en 2006 Outre-Rhin. Et pour chaque téléchargement légal, elle dénombre 14 téléchargements illégaux. 149,5 millions de CD ont été vendus en 2006 et 486 millions CD/DVD furent gravés. « Pour chaque CD légalement acheté, plus de 3 ont été gravés avec de la musique » estime-t-elle. Les pertes calculées seraient de 1,24 milliard d’euros pour l’année 2006.
le 11 mai 2007 à 08:11 (16 267 lectures)