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Apple et l'abolition des DRM : suite des réactions

Verrou va-t-on ?

Les réactions continuent après la soudaine position d’Apple sur les DRM. Steve Jobs appelait hier à un nouveau modèle économique en matière de distribution de musique. Sur les trois scénarios, celui de la conservation de la situation actuelle (plusieurs distributeurs, plusieurs DRM propriétaires), celui de la généralisation à toutes les plateformes de son verrou FairPlay, et l’abandon des DRM, seul le dernier pourrait assurer la pérennité et prospérité du système.

itunes

La RIAA est intervenue sur ce dossier suite à un article du Los Angeles Times. Celui-ci notait avec justesse qu’Apple n’avait pas mentionné l’alternative du Coral Consortium. Un groupement qui œuvre (avec difficulté) vers l’adoption d’un modèle unique de DRM interopérables. La RIAA croit lire entre les lignes de la la lettre de Jobs : contrairement à ce qui est proposé en surface, devine l’association des majors du disque, Apple se propose simplement de licencier sa technologie Fairplay aux autres sociétés. « C’est une bonne nouvelle et pourrait être une vraie victoire pour les fans, les artistes et les labels. Il y a de nombreux services en ligne qui cherchent à adopter le DRM d’Apple. Cela permettrait enfin de mettre en place l’interopérabilité que nous sollicitons activement depuis longtemps ». Sarcasme, humour vachard ou lecture vraie des propos de Jobs ?

Si l’on poursuit la prise de température, côté Redmond, Microsoft juge la lettre de Jobs « irresponsable ou du moins naïve ». Côté StopDRM, collectif dont on devinera sans mal l’objet, « cette annonce est pour nous une victoire » explique à 01Net, Thibaut François, cofondateur. « Surtout de la part de quelqu'un comme Steve Jobs, dont la société est tout de même, dans les faits, le premier fournisseur de DRM au monde sur la musique en ligne. Mais nous ne sommes pas dupes. Tout cela relève avant tout de l'opération de communication. »

stopdrm

Même avis chez le SNEP, syndicat de l’édition phonographique, toujours chez nos confrères : « C'est une opération de communication placée sous le sceau de l'hypocrisie. Tout cela, c'est beaucoup de bruit pour rien et, de plus, nous n'avons pas de leçons à recevoir d'Apple. Ce n'est pas la peine de menacer les majors du disque. La démarche n'est pas très sympathique surtout si l'on considère que c'est grâce à elles qu'Apple a pu se construire une légitimité dans la musique en ligne. »

Quant au ministre de la Culture, sa réaction officielle n’aura pas tardé : «Je me réjouis qu'Apple, via son président Steve Jobs, prenne en compte les préoccupations du grand public, des créateurs et du gouvernement qui demandent que l'interopérabilité soit un droit pour tous. L'interopérabilité, c'est-à-dire la liberté pour l'internaute de lire une oeuvre acquise légalement sur tout type de support est une des avancées majeures de la loi sur le droit d'auteur ».

RDDV

Selon le ministre, deux voies existent pour assurer cette interopérabilité : « la première est la compatibilité des mesures techniques entre elles. Cette solution sera mise en oeuvre par l'Autorité de régulation des mesures techniques, créée par la loi sur le droit d'auteur », et dont on attend le décret organisant son fonctionnement. La seconde, préférée par Jobs, c’est donc la suppression pure et simple des mesures techniques : « Les récentes initiatives de plates-formes légales françaises de téléchargement sans mesures techniques permettent en effet de proposer une offre plus attractive pour les consommateurs, notamment pour l'achat définitif. Elles démontrent que la loi n'avait rien interdit mais bien tout rendu possible », ou que les consommateurs ne sont pas satisfaits du modèle défini par ce texte…

« Cependant, poursuit le ministre qui donne des indices sur ses préférences, il est également nécessaire d'imaginer de nouveaux modèles d'accès à la culture, tels l'écoute illimitée, l'abonnement ou la location de films. Ces modèles sont rendus possibles par des mesures techniques de gestion de droit. La technologie est dans ce cas au service de la culture et non l'inverse

Le mot de la fin pour Jon Lech Johansen dit DVD Jon, connu pour le DeCSS et avoir détourné plusieurs fois la protection FairPlay : « il ne faudra pas plus de 2 à 3 jours à l’équipe d’iTunes pour implémenter une solution afin de ne pas encapsuler le contenu diffusé avec Fairplay, lorsque l’ayant droit ne réclame aucun DRM. Cela pourrait être fait d’une manière totalement transparente, sans gêner les utilisateurs. Les actions parlent plus forts que les mots, Steve ».
le 8 février 2007 à 09:53 (22 891 lectures)