Anachronique, tel est l’adjectif que l’on pourrait employer pour désigner le fonctionnement de la RIAA (Recording Industry Association of America). L’association, déjà décriée pour ses méthodes et ses prises de position franches sur l’industrie du disque, avait marqué les esprits par une adaptation très tardive au marché de la musique en ligne.Quand bien même le temps a vu des évolutions dans la distribution de la musique (iTunes ayant servi de chasse-neige), la prise de conscience est tardive et perpétuellement dépassée en termes de choix et à cause d’une bataille incessante sur le terrain des DRM. Le manque d’interopérabilité et la conception de plateformes visant à préserver les intérêts financiers des majors du disque aboutit à un marché qui n’est que l’ombre de ce qu’il pourrait être si les vannes étaient enfin ouvertes.
La RIAA clame depuis longtemps que le piratage et les réseaux P2P ont entamé sérieusement les ressources des majors et, par effet boule de neige, des artistes. Alors que les plateformes de musique en ligne fournissent un nouveau moyen de remplir les caisses tout en s’affranchissant des frais d’emballages et autres transports, l’association tire à nouveau la sonnette d’alarme pour crier au loup.
Depuis une dizaine de jours, la RIAA tente d’expliquer qu’il serait judicieux que les musiques vendues sur les appareils mobiles tels que les téléphones voient leurs droits d’auteurs diminuer. En clair : les artistes devraient être moins rémunérés. La raison invoquée par l’association est que les économies ainsi réalisées permettraient aux majors de continuer à fonctionner convenablement. Tel est donc la solution paradoxale proposée par la RIAA : pour contrebalancer « l’écroulement » du marché du disque et donc des revenus des artistes, il faut diminuer ces mêmes revenus pour les musiques vendues sur les appareils portables.En dépit de l’ironie de la situation et de la proposition, il est évident que l’association n’a jamais aussi bien porté son nom. En pratique de son idée pour le moins étrange, la RIAA fait actuellement pression sur l'organisme gouvernemental en charge de ces questions pour une révision du barème des droits versés aux artistes, arguant que la situation a évolué en 25 ans. Personne ne les contredira.
Source :
IGN
Vincent Hermann
le 11 décembre 2006 à 14:53
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