« ComScore Networks est le Big Brother d'internet. » La première phrase cet article de Forbes commence sur les chapeaux de roues. Selon le site du magazine économique américain, mondialement connu pour ses classements des personnes les plus riches du monde, comScore Networks installerait des spywares et autres malwares à l'insu de ses participants. Au nombre d'un million, ces derniers permettent à comScore de proposer des statistiques particulièrement précises. L'utilisation des moteurs de recherche ou encore des logiciels de messageries instantanées font notamment partie des statistiques phare de comScore.
Afin d'obtenir des statistiques précises, comScore utilise donc un panel d'utilisateurs variés et nombreux. Or selon deux chercheurs de l'université d'Harvard et du spécialiste antispyware Sunbelt Software, des dizaines voire des centaines de logiciels plus ou moins malveillants auraient été téléchargés sans demande d'autorisation. ComScore, par la voix de son président Gian Fulgoni réfute en bloc ces allégations : « Nous obtenons la permission avant que nos logiciels soient installés dans la machine de quelqu'un. »
Pourtant, Ben Edelman, le chercheur de l'université d'Harvard, explique qu'après avoir accepté de télécharger un logiciel comScore, tout comme n'importe quel participant, des programmes tels que DollarRevenue (un adware) se sont immédiatement installés sur son ordinateur. Les employés de Sunbelt Software confirment ces mauvais téléchargements, précisant qu'un certain MediaMotor se serait aussi installé à l'insu de l'utilisateur.
ComScore avoue néanmoins avoir négocié avec DollarRevenue, allant jusqu'à leur donner un logiciel d'essai, sans confirmer un quelconque partenariat. Même son de cloche du côté de DollarRevenue. Concernant MediaMotor, comScore affirme par contre n'avoir aucun lien avec ce dernier.
Chris Lin, l'un des dirigeants de comScore, révèle cependant que le logiciel installé (celui de DollarRevenue ?) à l'insu de l'utilisateur ne viole en aucun cas sa vie privée, coupant les liens entre le logiciel et ses serveurs. Mais quid de DollarRevenue ? Pour Eric Howes, de Sunbelt Software, il est urgent de commencer un audit indépendant des pratiques de comScore.
Mondialement connu, comScore n'en est pas à ses premières critiques, comme l'atteste cet article du 20 décembre 2004 du site News.com. Les faits reprochés étaient légèrement différents, mais il était tout de même question de spywares.
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