Google encore et toujours accusé de contrefaçon
C'est l'histoire des pages qui s'envolent et des feuilles qui meurent...
Une immense bibliothèque représente un projet honorable, d'autant qu'il favoriserait ainsi l'accès à des milliers de livres. Mais lorsque des extraits scannés issus de grandes maisons d'édition sont mis en ligne par Google Livre, le ton monte. La Martinière a ainsi engagé un combat de David contre Goliath, en s'en prenant à la filière française, mais également à la maison mère du moteur de recherche.Une plainte pour « contrefaçon et atteinte au droit de la propriété intellectuelle » devrait être déposée au Tribunal de Grande Instance de Paris. Or La Martinière, ce sont trois maisons d'édition et non des moindres : le Seuil, Delachaux et Niestlé (en Suisse) - Abrams (aux USA).
Le vice-P.D.G. de Fayard apporte de l'eau au moulin en ajoutant : « Au moins deux livres de notre catalogue font l’objet d’un pillage. Il s’agit de Pierre Corneille de Robert Brasillach et de La Fenêtre ouverte de Georgette Elgey. » Car des centaines d'ouvrages ont ainsi été reproduits, page de garde comprise, révélant l'évident "photocopillage" puisque le nom de la maison d'édition y est alors révélé.
La politique de Google dans ce domaine a toujours tenu une ligne de conduite pourtant intenable : les mécontents doivent se manifester avant la numérisation, parce qu'après, c'est trop tard. Mais lundi, une nouvelle salve d'excuses a jailli : « Les ouvrages sont effectivement numérisés à partir du fond des bibliothèques américaines. Il s’agit d’une présentation des ouvrages accompagnés de très courts extraits. » Bien évidemment, l'intention reste de promouvoir la culture, et devant une telle noblesse d'âme, les maisons d'édition sont acculées à un rôle de mesquins usuriers.
Le droit français précise pourtant bien que seule la courte citation est autorisée, en sus d'être « justifiée par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information de l’œuvre à laquelle [elle est incorporée]». Et depuis 2005
et l'ouverture du projet de bibliothèque, Google aurait largement pu se renseigner sur ce point. D'après Serge Eyrolles, président du SNE, « le seul fait de numériser le livre sans l'autorisation de l'ayant droit est déjà une contrefaçon ». La BNE profiterait avantageusement de cette erreur. « La BNE respectera les droits d'auteur, il n'y aura pas de micmac », estime Serge Eyrolles, membre du comité de pilotage. Elle « devrait offrir plus de garanties (de respect des droits d'auteur). On est plutôt favorable à ces initiatives », propos tenus par un responsable de Hachette, rapportés par le nouvel Obs.
Nombre d'ouvrages de la BNE déjà disponibles sont issus de Gallica, profitant ainsi d'environ 60 000 des 80 000 du site web des collections numérisées de la BNF. Google compte en numériser à terme 15 millions, ce à quoi le Président de la BNF oppose l'organisation de la BNE qui permettra une navigation réfléchie : « Si l'on donne tout, on ne donne rien. Le vrac est notre ennemi. ». Google donne du vrac, Google est notre ennemi ? Fameux syllogisme... mais si juste !
Nicolas.G
le 7 juin 2006 à 06:57
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