Après l’article mêlant les DRM à Linux, continuons dans le sujet sensible de la gestion des droits numériques avec la venue de Sun sur le champ de bataille. La société arrive avec une solution nommée DReaM (DRM everywhere available) et jette un pavé dans la mare tout en provoquant des dissensions à son sujet.DReaM est un résultat de l’initiative OMC (Open Media Commons) de Sun. C’est en fait un nom général qui recouvre plusieurs technologies dont :
- DRM-CAS (Conditional Access System), qui gère les accès conditionnels au contenu MPEG-2 transitant par le réseau IP et qui utilise des standards établis tels que SSL, PKI, AES ou 3DES
- DReaM-MMI (Mother May I, « Mère, puis-je ? »), qui négocie les droits et accorde l’accès ou non en fonction de ces mêmes droits
DReaM, via l’initiative Open Media Commons, a reçu le soutien de la FSF (Free Software Foundation) qui a aidé en pointant les standards qui pouvaient être acceptés par les développeurs de logiciels libres. Pourtant, au sein même du monde de l’open source, la FSF se heurte à l’EFF (Electronic Frontier Foundation) pour qui, standards ouverts ou pas, les DRM ne doivent même pas exister.Dans un monde idéalisé où personne ne piraterait les contenus multimédia, les DRM ne devraient certes pas exister. Mais lorsque les premières sociétés ont créé des éléments de gestion de droits numériques, l’industrie des médias y a vu un formidable moyen de protéger son contenu. Dans ses débuts, ce moyen pouvait paraître naturel, jusqu’aux débordements actuels et cette invasion des technologies de verrouillage dans tous les foyers. Saupoudrons maintenant de quelques lois pour interdire le contournement de ces protections, et l’on obtient une situation un peu étouffante.
Pour ne pas payer de royalties, chaque société préfère y aller de sa propre solution pour protéger les contenus multimédias. Du même coup, la prolifération de ces solutions de DRM provoque clairement un problème d’interopérabilité illustré par les cris d’Apple, confrontée à la loi DADVSI. Des dérives et des affrontements naturels pour une voie qui force la responsabilisation des utilisateurs sans offrir vraiment de solution de retour.
C’est bel et bien toute la dualité de la situation, que l’on retrouve d’ailleurs jusque dans les actions de la FSF, qui d’un côté aide Sun et sa solution DReaM, et de l’autre continue de travailler sur la troisième version de la GPL qui prévoit notamment de couper les ponts entre l’open source et les DRM. Bien que la solution de Sun fasse le pari de s’asseoir en plein milieu de ce vaste « cirque », DReaM reste toujours une solution de gestion des droits numériques. Son but est louable vis-à-vis du contexte actuel, mais il s’agit probablement de la solution la « moins pire ».
Vincent Hermann
le 11 avril 2006 à 16:51
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