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Question : si 64 personnes téléchargent des distributions Linux en réseau P2P au même moment, les débits risquent donc d’en souffrir ?
Gpon vs P2P, France Telecom vs Free
En théorie oui, mais France Télécom assure avoir une gestion intelligente de ces questions « les gros consommateurs, c’est 10% de nos clients. Il n’y a pas d’inquiétude : les 90% autres n’utilisent pas l’optimisation des ressources. De plus, les 64 clients sont un potentiel et je peux faire en sorte que ma limite par carte soit à 28 ou 30 clients ».
C’est donc un réseau administré, qui s’adapte en fonction des consommations : « Si de gros consommateurs font « rougir » notre ligne au maximum, on s’adapte, et on adaptera le nombre de personnes sur la sortie GPON de notre carte » nous indique René Pierre.
Orange s’appuie donc sur l’optimisation de la ressource face à l’encombrement. Par rapport au concurrent, « même si le point par point est intellectuellement plus confortable, techniquement aura du mal à passer la réalité du nombre de clients. » D'un autre côté, l'on dit aussi que le P2P permet lui un vrai dégroupage des lignes...
Mais mettons de côté ces choix stratégiques, pour plonger dans la poésie car après l’OLT, on en vient à ce genre de baies nommées « plateaux d’épanouissement ».
L’arbre optique qui cache la forêt
Sa fonction ? L’arbre optique est éclaté pour être réparti dans les cartes d’accueil PON. À partir de là, il n’y a plus « d’intelligence », mais seulement de la plomberie, du passif, sans alimentation. Autre avantage, en cas de problème dans le réseau, on sait avec précision où se situe le point problématique.
De là, la lumière est envoyée vers le système de distribution, le point de distribution de zone (PDZ) où prend racine véritablement l’arbre optique : « On part d’un nœud pour irradier dans la ville pour aller au plus près des immeubles. » On se trouve alors dans un quartier avec un premier niveau de couplage pour arroser un premier groupe d’immeubles. Une fibre arrive, 8 en partent, du fait de la technologie Gpon.
La division n’est pas finie : rapprochons-nous des immeubles pour rencontrer cette fois le point d’éclatement (PE). C’est le deuxième niveau de couplage en 8. D’une fibre, on obtient ainsi 64 clients.
Plus que quelques mètres avant l’appartement…
La fibre bascule alors en section de branchement avec le point de raccordement d’immeuble (PRI), point de flexibilité où d’autres concurrents proposeront également leurs prestations. « On est ouvert à partager cette partie du réseau, c’est naturel » nous répond Orange lorsqu’on l’interroge sur sa récente position sur la mutualisation de la fibre en France demandée par l’ARCEP.
Si un client FT veut passer chez Free, un simple débranchement/branchement de sa ligne identifiée aura lieu dans ce PRI et Free utilisera la colonne montante autrefois installée par Orange.
Cette liberté est gagée cependant, par la réciprocité : « Ce qui va dans un sens, on le souhaite aussi dans l’autre par réciprocité. On demande aux concurrents la même souplesse », demande l’opérateur historique qui reconnaît profiter d’un coup d’avance dans la mise en place de cette technologie.
Si l’opérateur Tartempion n’ouvre pas sa colonne montante à FT, hors de question que celui-ci s’abaisse à lui faire ce cadeau, sans retour. En colonne verticale, c’est ce qu’on nomme le renvoi d’ascenseur ?
Nous nous retrouvons maintenant à deux pas du central de Boulogne, rue Pierre Grenier. L’immeuble n’est pas récent mais nous parvenons à nous faufiler dans la cave pour y trouver cette petite armoire, cachée entre deux vélos au fin fond d’un petit dédale.
L’armoire de PRI est de taille très raisonnable (24 clients y sont connectés pour une boite de 460 x 460 x 175 mm).
De là, on trouve une fibre par habitation. La cassette d’Orange est déjà en place. Si Free vient ici, il aura son câble et sa cassette, identifié par une couleur.
Le basculement d’un client d’un opérateur à l’autre se fait en migrant la fibre d’une cassette à l’autre. C’est là que se situe le point de flexibilité. « On partage au pied de l’immeuble, et ce, quelle que soit l'architecture des autres opérateurs. Ils pourront dérouler leur réseau ici, et l’on partage la colonne montante ». Sous condition de réciprocité, comme nous le disions plus haut.
Le point de branchement, à chaque étage, prend la suite dans la colonne montante, pour « arroser » chaque client. Cinq fibres peuvent y être connectées. « On soude, on fait des épissures, tout le réseau n’est essentiellement que de la plomberie. On n’a aucun élément « intelligent », sauf aux extrémités. » Voilà le client flatté ;). A toutes les étapes, du « mou » est laissé à chacune des fibres pour pallier les risques de cassures éventuelles. On n’est jamais trop prudent.
Sécurité et contrainte, optique vs ADSL
Niveau sécurité et contrainte, la fibre montre ses avantages, rappelle notre interlocuteur : « Elle ne craint pas l’humidité. On peut noyer une chambre sans problème, la partie optique est imperméable contrairement au cuivre. Le cuivre est aussi un aspirateur qui récupère toutes les imperfections qu’on trouve. Pour la fibre, je n’ai pas ces contraintes de distance. On peut avoir 10 ou 20Km de fibre sans problème notable ».
Le point faible cependant n’est pas tant fragilité, mais la propreté : l’élimination de la poussière, véritables mines pour le faisceau optique notamment lors de la coupure et l’épissure de deux extrémités de fibre.
En pratique, la routine n’est pas de mise. Certes, les immeubles récents se fibrent normalement assez vite techniquement. Mais en théorie, « sur les lieux plus anciens, c’est beaucoup plus ardu, car le technicien doit trouver un chemin particulier, trouver le fourreau entre les caves et les étages ». Dans les faits, nous verrons que l’opposition n’est pas aussi mécanique.
Syndic, priez pour nous
En parallèle à ces questions techniques, il convient aussi de décrocher les autorisations des syndics avant d’irradier l’ensemble des appartements situés en zones privatives. « Un syndic qui ne donne pas son accord ne permet pas à un client de se retourner contre France Telecom pour son refus. »
Une charte qualité est présentée pour leur assurer un strict respect du lieu. « On cherche au maximum à utiliser l'infrastructure existante ». Des engagements en terme de nuisance, de bruit, et de respect des lieux y sont pris, « des engagements de réussite, et pas seulement d’effort ». Cette charte a été établie avec les syndics dont la FNAIM, pour prendre en charge leur crainte, leur doute. Pour apaiser les résistances, on glisse qu’un immeuble est plus valorisé avec la fibre que sans, lors de la revente d’un appartement.
« On n’a jamais eu de refus pur et dur. On nous demande parfois des phases de test sur un groupe d’immeubles du parc de gestion du syndic. On renvoie d’autres fois vers des décisions d’assemblée générale (AG) ». En « AG », la fibre permet d’être plus facilement présentée et donc acceptée par tous les copropriétaires.
Gpon vs P2P, France Telecom vs Free
En théorie oui, mais France Télécom assure avoir une gestion intelligente de ces questions « les gros consommateurs, c’est 10% de nos clients. Il n’y a pas d’inquiétude : les 90% autres n’utilisent pas l’optimisation des ressources. De plus, les 64 clients sont un potentiel et je peux faire en sorte que ma limite par carte soit à 28 ou 30 clients ».
C’est donc un réseau administré, qui s’adapte en fonction des consommations : « Si de gros consommateurs font « rougir » notre ligne au maximum, on s’adapte, et on adaptera le nombre de personnes sur la sortie GPON de notre carte » nous indique René Pierre.
Orange s’appuie donc sur l’optimisation de la ressource face à l’encombrement. Par rapport au concurrent, « même si le point par point est intellectuellement plus confortable, techniquement aura du mal à passer la réalité du nombre de clients. » D'un autre côté, l'on dit aussi que le P2P permet lui un vrai dégroupage des lignes...
Mais mettons de côté ces choix stratégiques, pour plonger dans la poésie car après l’OLT, on en vient à ce genre de baies nommées « plateaux d’épanouissement ».
L’arbre optique qui cache la forêt
Sa fonction ? L’arbre optique est éclaté pour être réparti dans les cartes d’accueil PON. À partir de là, il n’y a plus « d’intelligence », mais seulement de la plomberie, du passif, sans alimentation. Autre avantage, en cas de problème dans le réseau, on sait avec précision où se situe le point problématique.
De là, la lumière est envoyée vers le système de distribution, le point de distribution de zone (PDZ) où prend racine véritablement l’arbre optique : « On part d’un nœud pour irradier dans la ville pour aller au plus près des immeubles. » On se trouve alors dans un quartier avec un premier niveau de couplage pour arroser un premier groupe d’immeubles. Une fibre arrive, 8 en partent, du fait de la technologie Gpon.
La division n’est pas finie : rapprochons-nous des immeubles pour rencontrer cette fois le point d’éclatement (PE). C’est le deuxième niveau de couplage en 8. D’une fibre, on obtient ainsi 64 clients.
Plus que quelques mètres avant l’appartement…
La fibre bascule alors en section de branchement avec le point de raccordement d’immeuble (PRI), point de flexibilité où d’autres concurrents proposeront également leurs prestations. « On est ouvert à partager cette partie du réseau, c’est naturel » nous répond Orange lorsqu’on l’interroge sur sa récente position sur la mutualisation de la fibre en France demandée par l’ARCEP.
Si un client FT veut passer chez Free, un simple débranchement/branchement de sa ligne identifiée aura lieu dans ce PRI et Free utilisera la colonne montante autrefois installée par Orange.
Cette liberté est gagée cependant, par la réciprocité : « Ce qui va dans un sens, on le souhaite aussi dans l’autre par réciprocité. On demande aux concurrents la même souplesse », demande l’opérateur historique qui reconnaît profiter d’un coup d’avance dans la mise en place de cette technologie.
Si l’opérateur Tartempion n’ouvre pas sa colonne montante à FT, hors de question que celui-ci s’abaisse à lui faire ce cadeau, sans retour. En colonne verticale, c’est ce qu’on nomme le renvoi d’ascenseur ?
Nous nous retrouvons maintenant à deux pas du central de Boulogne, rue Pierre Grenier. L’immeuble n’est pas récent mais nous parvenons à nous faufiler dans la cave pour y trouver cette petite armoire, cachée entre deux vélos au fin fond d’un petit dédale.
Le PRI, point de raccordement d’immeuble, la fibre Orange y côtoiera la concurrence
L’armoire de PRI est de taille très raisonnable (24 clients y sont connectés pour une boite de 460 x 460 x 175 mm).
De là, on trouve une fibre par habitation. La cassette d’Orange est déjà en place. Si Free vient ici, il aura son câble et sa cassette, identifié par une couleur.
Le basculement d’un client d’un opérateur à l’autre se fait en migrant la fibre d’une cassette à l’autre. C’est là que se situe le point de flexibilité. « On partage au pied de l’immeuble, et ce, quelle que soit l'architecture des autres opérateurs. Ils pourront dérouler leur réseau ici, et l’on partage la colonne montante ». Sous condition de réciprocité, comme nous le disions plus haut.
Le point de branchement, à chaque étage, prend la suite dans la colonne montante, pour « arroser » chaque client. Cinq fibres peuvent y être connectées. « On soude, on fait des épissures, tout le réseau n’est essentiellement que de la plomberie. On n’a aucun élément « intelligent », sauf aux extrémités. » Voilà le client flatté ;). A toutes les étapes, du « mou » est laissé à chacune des fibres pour pallier les risques de cassures éventuelles. On n’est jamais trop prudent.
Sécurité et contrainte, optique vs ADSL
Niveau sécurité et contrainte, la fibre montre ses avantages, rappelle notre interlocuteur : « Elle ne craint pas l’humidité. On peut noyer une chambre sans problème, la partie optique est imperméable contrairement au cuivre. Le cuivre est aussi un aspirateur qui récupère toutes les imperfections qu’on trouve. Pour la fibre, je n’ai pas ces contraintes de distance. On peut avoir 10 ou 20Km de fibre sans problème notable ».
Le point faible cependant n’est pas tant fragilité, mais la propreté : l’élimination de la poussière, véritables mines pour le faisceau optique notamment lors de la coupure et l’épissure de deux extrémités de fibre.
En pratique, la routine n’est pas de mise. Certes, les immeubles récents se fibrent normalement assez vite techniquement. Mais en théorie, « sur les lieux plus anciens, c’est beaucoup plus ardu, car le technicien doit trouver un chemin particulier, trouver le fourreau entre les caves et les étages ». Dans les faits, nous verrons que l’opposition n’est pas aussi mécanique.
Syndic, priez pour nous
En parallèle à ces questions techniques, il convient aussi de décrocher les autorisations des syndics avant d’irradier l’ensemble des appartements situés en zones privatives. « Un syndic qui ne donne pas son accord ne permet pas à un client de se retourner contre France Telecom pour son refus. »
Une charte qualité est présentée pour leur assurer un strict respect du lieu. « On cherche au maximum à utiliser l'infrastructure existante ». Des engagements en terme de nuisance, de bruit, et de respect des lieux y sont pris, « des engagements de réussite, et pas seulement d’effort ». Cette charte a été établie avec les syndics dont la FNAIM, pour prendre en charge leur crainte, leur doute. Pour apaiser les résistances, on glisse qu’un immeuble est plus valorisé avec la fibre que sans, lors de la revente d’un appartement.
« On n’a jamais eu de refus pur et dur. On nous demande parfois des phases de test sur un groupe d’immeubles du parc de gestion du syndic. On renvoie d’autres fois vers des décisions d’assemblée générale (AG) ». En « AG », la fibre permet d’être plus facilement présentée et donc acceptée par tous les copropriétaires.
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