PC INpact interviewe Richard Stallman (FSF)
Marc Rees le 11 juin 2011 (2602 lectures)
Il y a d’ailleurs un paradoxe : voilà un État qui se montre favorable aux menottes numériques (DADVSI) et qui d’un autre côté équipe sa gendarmerie de logiciels libres.
Ce n’est pas une contradiction. Utiliser le logiciel libre est avantageux pour l’utilisateur. La gendarmerie a reconnu cet avantage et je suis heureux pour elle car tous les utilisateurs devraient avoir le contrôle de leur informatique ce qui est seulement possible avec le logiciel libre. Quant aux droits de l’homme, des citoyens, Sarkozy est contre.
Finalement, le piège dans toutes ces problématiques est peut-être d’associer les concepts de logiciels propriétaires et sécurité…
Je ne dis pas propriétaires car l’expression ne montre pas pourquoi ce logiciel est mauvais. « Privateur » est plus adapté. Ce sont les programmes qui privent de la liberté, des droits de l’Homme.
Le développeur est tenté d’introduire des fonctionnalités malveillantes. Ce n’est pas automatique qu’un programme privateur porte de telles fonctionnalités mais il y a une tentation. Le développeur est conscient d’avoir du pouvoir sur les utilisateurs du programme. Certes, s’il a assez de conscience, des principes qui le gênent, il a l’option de ne pas le faire. Mais si ses choix sont uniquement déterminés par l’argent et s’il voit l’opportunité d’en gagner toujours plus en introduisant ces fonctionnalités de surveillance, de menottes numériques, de portes dérobées, il le fera. La plupart des programmes privateurs très connus contiennent des fonctionnalités malveillantes.
Par exemple ?
Windows a des fonctionnalités de surveillance, de menottes numériques, des portes dérobées. Avec une porte dérobée, Microsoft a le pouvoir d’imposer un changement de logiciel sans demander l’autorisation du propriétaire théorique de l’ordinateur.
Un peu comme si quelqu’un entrait chez toi pour changer les meubles…
Oui c’est exact ! Malware… La même expression que nous appliquons aux virus s’applique également à Windows pour les mêmes raisons. Seulement par habitude les gens ne considèrent pas les mêmes malignités dans Windows.
Les gens prennent pour acquis qu’un programme connu comme celui-ci n’est pas malveillant. Mais Windows fait les mêmes mauvaises choses que les virus. Et le système du Macintosh aussi a des menottes juridiques. L’iPhone, l’iPad ont aussi des fonctionnalités maintenant très célèbres de surveillance et une porte dérobée pour supprimer à distance les applications déjà installées. Le Flash Player d’Adobe a lui aussi des fonctionnalités de surveillance et des menottes numériques. Le Kindle aussi, avec une porte dérobée capable de supprimer à distance les livres. Amazon l’a fait et a supprimé des milliers d’exemplaires du livre 1984 de Georges Orwell.
Une question plus personnelle pour finir : comment fais-tu psychologiquement pour absorber et supporter tout cela ? N’as-tu pas envie de baisser les bras, abandonner ?
Non ! Ce serait perdre sur le champ. Je ne veux pas perdre. C’est comme si l’anxiété d’essayer d’échapper à la mort était trop forte et qu’on s’abandonnerait finalement à la mort. C’est irrationnel !
Mais des Richard Stallman il n’y en a qu’un…
Non ! Je suis unique en tant que Richard Stallman, mais pour le reste des qualités, il y a d’autres personnes. Ce ne sont pas des copies de ma personne. Il n’est pas besoin d’être mon clone pour lutter pour la liberté.
Ce n’est pas une contradiction. Utiliser le logiciel libre est avantageux pour l’utilisateur. La gendarmerie a reconnu cet avantage et je suis heureux pour elle car tous les utilisateurs devraient avoir le contrôle de leur informatique ce qui est seulement possible avec le logiciel libre. Quant aux droits de l’homme, des citoyens, Sarkozy est contre.
Finalement, le piège dans toutes ces problématiques est peut-être d’associer les concepts de logiciels propriétaires et sécurité…
Je ne dis pas propriétaires car l’expression ne montre pas pourquoi ce logiciel est mauvais. « Privateur » est plus adapté. Ce sont les programmes qui privent de la liberté, des droits de l’Homme.
Le développeur est tenté d’introduire des fonctionnalités malveillantes. Ce n’est pas automatique qu’un programme privateur porte de telles fonctionnalités mais il y a une tentation. Le développeur est conscient d’avoir du pouvoir sur les utilisateurs du programme. Certes, s’il a assez de conscience, des principes qui le gênent, il a l’option de ne pas le faire. Mais si ses choix sont uniquement déterminés par l’argent et s’il voit l’opportunité d’en gagner toujours plus en introduisant ces fonctionnalités de surveillance, de menottes numériques, de portes dérobées, il le fera. La plupart des programmes privateurs très connus contiennent des fonctionnalités malveillantes.
Par exemple ?
Windows a des fonctionnalités de surveillance, de menottes numériques, des portes dérobées. Avec une porte dérobée, Microsoft a le pouvoir d’imposer un changement de logiciel sans demander l’autorisation du propriétaire théorique de l’ordinateur.
Un peu comme si quelqu’un entrait chez toi pour changer les meubles…
Oui c’est exact ! Malware… La même expression que nous appliquons aux virus s’applique également à Windows pour les mêmes raisons. Seulement par habitude les gens ne considèrent pas les mêmes malignités dans Windows.
Les gens prennent pour acquis qu’un programme connu comme celui-ci n’est pas malveillant. Mais Windows fait les mêmes mauvaises choses que les virus. Et le système du Macintosh aussi a des menottes juridiques. L’iPhone, l’iPad ont aussi des fonctionnalités maintenant très célèbres de surveillance et une porte dérobée pour supprimer à distance les applications déjà installées. Le Flash Player d’Adobe a lui aussi des fonctionnalités de surveillance et des menottes numériques. Le Kindle aussi, avec une porte dérobée capable de supprimer à distance les livres. Amazon l’a fait et a supprimé des milliers d’exemplaires du livre 1984 de Georges Orwell.
Une question plus personnelle pour finir : comment fais-tu psychologiquement pour absorber et supporter tout cela ? N’as-tu pas envie de baisser les bras, abandonner ?
Non ! Ce serait perdre sur le champ. Je ne veux pas perdre. C’est comme si l’anxiété d’essayer d’échapper à la mort était trop forte et qu’on s’abandonnerait finalement à la mort. C’est irrationnel !
Mais des Richard Stallman il n’y en a qu’un…
Non ! Je suis unique en tant que Richard Stallman, mais pour le reste des qualités, il y a d’autres personnes. Ce ne sont pas des copies de ma personne. Il n’est pas besoin d’être mon clone pour lutter pour la liberté.
Sommaire
- 1. Techniquement un progrès, socialement une régression
- 2. Civilisation- surveillance - censure.
- 3. Le cloud dans les nuages
- 4. Apple Store, le logiciel libre
- 5. Bien voir les malwares
















