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PC INpact interviewe Richard Stallman (FSF)

Marc Rees le 11 juin 2011
On retrouve ici la trace de la proposition que vous aviez lancée avec Francis Muguet

J’ai fait deux propositions, et j’ai participé aussi au mécénat global, qui au commencement était une idée de Francis. Il a cherché à proposer un système compatible avec la jurisprudence existante en Europe. Il connaissait ce sujet, moi non. J’ai donc proposé deux systèmes « purs » et le Mécénat global est venu mélanger l’un et l’autre.

L’un est de distribuer de l’argent public selon la racine cubique du succès de chaque artiste. L’autre fonctionne par des paiements volontaires. Si chaque reproducteur avait un bouton pour envoyer un euro aux artistes anonymement, beaucoup le ferait ; C’est si peu d’argent si tu n’es pas pauvre ! Il faut rendre ce versement très facile. Actuellement on ne le fait pas car c’est trop difficile.

richard stallman GNU linux RMS APRIL

Impossible même…

Non pas impossible. On peut trouver le nom de l’auteur en ligne, lui faire un versement d’un euro par un système comme Paypal. Mais il ne reçoit qu’un demi-euro, non l’euro entier. Ce n’est donc pas efficace. Si nous éliminons les obstacles, beaucoup enverront un euro.

Le mécénat global essaye de mélanger les aspects des deux systèmes. Chaque internaute devrait payer une somme forfaitaire mensuelle dont il pourrait attribuer jusqu’à peut-être un tiers de cette somme aux œuvres. Et cet argent serait transmise aux auteurs de ces oeuvres. Ainsi le système calcule le succès de chaque artiste et divise le reste de l’argent selon la racine cubique du succès de chacun. C’est une combinaison. Une autre est d’imaginer de calculer le succès de chaque artiste selon la quantité envoyée.

En France, on a fait une autre combinaison… c’est Hadopi

C’est l’État traitre ! Il faut éliminer ce gouvernement, il faut avoir un État démocratique qui résiste au pouvoir des entreprises, un État qui agisse pour réduire leur pouvoir. Tous les changements qui augmentent ce pouvoir sont mauvais. C’est un préjudice à la démocratie.

Il faut que dans chaque question posée, on se demande comment diminuer le pouvoir des entreprises, comment bloquer les conglomérats de grandes entreprises, par exemple.
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Comment considérez-vous le terme poétique de Cloud computing ?

Je n’utilise jamais cette expression, elle est nébuleuse, c’est un faux concept, trop large. L’expression fait référence à tant de manières d’utiliser le réseau où chacune pose des questions. Les combiner comme si elles étaient uniques revient à ne pas voir les questions posées.

C’est une notion inutile pour comprendre mais très utile pour vendre.

Avec ce "cloud computing", les utilisateurs sont finalement prêts à déporter leur liberté ailleurs...

Oui bien sûr parce que les utilisateurs n’ont pas été éduqués à reconnaître leur liberté, à la valoriser, et donc ils l’abandonnent facilement.