ou INSCRIVEZ-VOUS Mot de passe oublié ?
Publicité

L'histoire d'ATI

Nil Sanyas le 13 avril 2004 (41 166 lectures)
ATI, l'ère de la 2D et du balbutiement de la 3D

Un peu moins de 2 ans plus tard, au troisième trimestre 1987, la firme de l'Amérique septentrionale sort deux cartes dont les noms ne diront rien à bon nombre de personnes : l'EGA Wonder & la VGA Wonder [EGA et VGA signifient respectivement Enhanced Graphic Adapter et Video Graphic Array]. Reconnues par une bonne partie des produits hardware & software du marché, ces deux cartes vidéo vont faire leur trou à la mesure des moyens mis en oeuvre par ATI (ie faibles). Les informations techniques ne sont pas légion, mais voici un résumé du fruit de mes recherches. Cette page très nostalgique est importante, notamment pour nous rappeler ce dont étaient capables ces vieilles cartes, ceci afin de les comparer avec notre époque bien différente.


Lors de cette période, au niveau des moniteurs, c'est un peu la pagaïe. Sauf erreur, on trouvait des écrans 25 KHz, des écrans MultiSync 15-31,5 KHz, et les écrans de Compaq et d'IBM avaient tous deux leurs spécificités. Concernant le parc informatique, il n'y a pas que les PCs bien évidemment, loin de là même, les Atari, Amstrad, Amiga, Mac d'Apple et consorts ont des parts de marché non négligeables. Les cartes d'ATI ont donc pour but de s'adapter au maximum à leur milieu. ATI a donc dû proposer pas moins de 5 EGA Wonder, Series 1, 2, 3 et 4 plus une EGA Wonder 800, chacune ayant quelques dérivés et mises à jour - sans compter une VIP (pour VGA Improved Performance).


La VGA Wonder (source)

A propos de la mémoire (à prendre avec des pincettes, les sources n'étant pas 100% fiables), ces cartes étaient dotées de 256Ko à 1Mo de mémoire. Et les résolutions et les couleurs sont à l'image de la mémoire. Nous avons ainsi droit au 800x600x16 couleurs (seize et non 16 millions) et 320x400x256 pour l'EGA Wonder, et encore il s'agit des caractéristiques de la version haute de gamme... (j'ai cru voir un 640*480*8 pour la bas de gamme). La VGA Wonder pour sa version ultra haute de gamme (1 Mo) pouvait quant à elle afficher du 1024x768x256 en 70Hz non interlacé avec un écran MultiSync.

Même si nous sommes aujourd'hui dans une autre dimension, afficher du 1024*768 en 256 couleurs était exceptionnel à cette époque. La différence avec le standard était d'ailleurs probablement bien plus forte qu'entre le maximum admissible aujourd'hui et la base des utilisateurs. Par contre point de prix authentifié...

Et enfin il faut savoir que ces deux cartes étaient totalement (à 100%) dépendantes du microprocesseur, cependant elles ont permis à ATI de se doter d'une certaine image de marque et de poser un premier pied dans un marché en devenir.

Après avoir contribué au développement du standard VESA en 1989, ATI propose la Mach8. Sortie au second trimestre 1991, la carte est déjà capable de travailler indépendamment du processeur, optimisation utilisée à outrance aujourd'hui pour notre plus grand bonheur. Le canadien produit et vend bien évidemment la carte ainsi que son chip. Niveau résolution/couleur, la carte offre aussi du 1024*768*256.


La Mach 32 mesurait un peu moins de 25 centimètres... (source 3dchip.de)

Un an plus tard, la Mach32 voit le jour. Intégrant sur le même chip un contrôleur graphique ainsi qu'un accélérateur graphique, la carte poursuit la politique de progression d'ATI, lente mais sûre. À peu près au même moment, ATI présente des produits prévus pour le VESA Local Bus (VLB) mais aussi pour PCI (acronyme de Peripheral Component Interconnect, inventé et démocratisé par Intel rappelons le).

Concernant les résolutions et les couleurs, on passe un énorme cap. La carte peut monter jusqu'en 1152*864*256 ou en 800*600 en 65 000 couleurs !!! Graphiquement, les graphistes commencent enfin à avoir quelque chose d'intéressant. Quant à la mémoire embarquée, elle augmente petit à petit en passant à 2Mo.

Toujours à la même époque, ATI commence réellement son internationalisation puisqu'une succursale ouvre à Munich (Allemagne).

Au mois de novembre 1993, ATI s'introduit à la bourse de Toronto afin de poursuivre sa croissance en de bonnes conditions. Notons que les années 1993/1994 sont deux années extrêmement importantes pour le marché des cartes graphiques puisque NVIDIA et 3DFX ont vu le jour lors cette période. Ajoutons que le sort de la 3D se joue aussi à cette époque cruciale où STM fut le grand perdant, pas forcément à cause de ses qualités techniques d'ailleurs...


Alone In The Dark 1 : culte (source)

A la rentrée 1994, la Mach64 et d'autres dérivés de cette même carte font leur entrée sur le marché. Ces cartes sont les premières à accélérer la motion video. Mais surtout, les Mach64 sont aux Mach32 ce que sont ces dernières aux Mach8, ATI passe encore un cap. Mais les deux ans d'écart entre les Mach32 et 64 ont eu un effet plus que bénéfique. En sus d'être armée de 4Mo et d'accélérer un tantinet la vidéo MPEG, les Mach64 pouvaient atteindre le 1024*768 en 65 000 couleurs, ou le 800*600 en 16 millions de couleurs. Ainsi, entre 1991 et 1994, le graphisme a connu une croissance exponentielle ! C'est d'ailleurs pour l'anecdote l'époque de la véritable explosion du CD-ROM - 20 disquettes pour un jeu ou un logiciel, cela commençait à être gênant - mais aussi d'une certaine PlayStation de Sony.

Tant que nous sommes dans les nouvelles rétro, voici quelques jeux vidéo sortis entre 1990 et 1995 (dans un ordre chronologique légèrement hasardeux tout de même) : King's Quest 5, Civilization 1, Disc, Drakkhen, Maupiti Island, The Secret of Monkey Island, Alone In The Dark, Wing Commander 1, Maniac Mansion, Eye Of The Beholder, Vroom, Another World, Goblins 1, Lemmings 1, Croisière pour un cadavre, Turrican, Eye Of The Beholder 2 (The Legend of Darkmoon), Wolfenstein 3D, Flashback, Ishar 1, Monkey Island : LeChuck's Revenge, Dune 1, Caesar 1, Desert Strike : Return of the Gulf, Sensible World Of Soccer, Black Crypt, Mortal Kombat 1, Indiana Jones and the Last Crusade, Populous 2, Wing Commander 2, A-Train, King's Quest 6, Goblins 2, Eye Of The Beholder 3, Prince of Persia 2, Pirates, Syndicate, B.A.T 2, Doom, Génésia, Dune 2 (La bataille d'Arrakis), Alone In The Dark 2, Ishar 2, Lemmings 2, Goblins 3, Sam & Max : Hit The Road, Pinball Dreams, X-Com : UFO Defense, Day of the Tentacle, Doom II : Hell on Earth, Theme Park, Transport Tycoon, The Settlers, Lands of Lore, Ishar 3, Warcraft 1, Little Big Adventure 1, FIFA International Soccer, Coolspot, Micromachines 1 et 2, Descent, Wipeout, Worms 1, Discworld, Command & Conquer, Rayman, Warcraft II : Tides of Darkness, Heroes of Might and Magic, X-Com : Terror from the Deep, Prince of Persia 2, Jungle Strike, FIFA 1995, etc (ouf !).


Little Big Adventure 2, suite d'un premier opus d'exception (source)

Cette liste non exhaustive de "hits" a dû mettre la larme à l'oeil à certains. Mais parmi tous ces jeux sortis en six ans d'intervalle, certains ressortent du lot, notamment Alone In The Dark, Vroom, Another World, Wolfenstein 3D, Doom, Dune 2, Day of the Tentacle, Theme Park, The Settlers, Little Big Adventure et j'en passe. Que ce soit la création d'un nouveau genre ou d'un moteur 3D (ou pseudo 3D) exceptionnel et novateur, ces jeux n'ont pu voir le jour que grâce aux nouvelles cartes graphiques. Certains jeux en 8 couleurs et sans aucune puissance derrière n'auraient pas donné un grand plaisir aux joueurs. 1994 est clairement une date clé dans l'histoire des jeux vidéo mais logiquement aussi du hardware, les deux étant forcément liés. L'article à propos de 3DFX comprendra les jeux sortis entre 1996 et 2000 pour les intéressés...

En juin 1995, ATI investi le marché Macintosh, toujours dans l'optique d'élargir son champ d'action. A ce moment précis pour ATI, tout va pour le mieux, mis à part son compatriote Matrox situé à Quebec, la concurrence est encore loin d'être féroce. Mais le passage de la 2D à la 3D s'avérera plus difficile que prévu, du moins dès que cela deviendra sérieux. L'arrivée de concurrents multiples va changer à ses dépens la physionomie du classement des fabricants de chips graphiques...

En août de la même année, ATI scelle un partenariat avec le Taiwanais UMC (United Microelectronics Corporation), concurrent du non moins célèbre TSMC (Taiwan Semiconductors Manufacturing Company).