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L'histoire d'ATI

Nil Sanyas le 13 avril 2004
Comment fonctionne ATI ?

ATI a depuis 2000/2001 énormément changé sa façon d'opérer.

Le rachat d'ArtX a bouleversé ses divisions et ses conceptions de GPU. Aujourd'hui, ATI possède 2 équipes, chacune ayant un an et demi pour concevoir un nouveau chip, ArtX étant l'une de ces divisions et ne travaillant pas (ou du moins très peu) avec l'autre division et vice versa, même si cela pouvait très bien évoluer. Cette courte durée de temps permet d'avoir un chip compétitif rapidement, ni en retard ni trop en avance sur son temps. Les risques de problèmes avec DirectX et OpenGL sont donc restreints et ATI possède de facto une marge de manoeuvre assez grande pour réagir aux aléas du marché et aux envies des consommateurs. Cette stratégie fonctionnant plutôt bien depuis le début du 21ème siècle, ATI ne devrait donc pas commettre d'impair dans le futur, même si le marché des cartes vidéo est tout sauf simple et prévisible...

Les deux fameuses divisions sont basées géographiquement aux USA de manière antinomique. L'une, la toute première, est située à Marlborough dans le Massachusetts. Pour ceux qui ne connaissent pas par coeur l'emplacement des 50 états des États-Unis, le Massachusetts est proche de New York, du Vermont, du Connecticut et de Rhode Island. La seconde se trouve en Californie, en plein coeur de la Silicon Valley. Logé au départ à Palo Alto, feu fief d'ArtX, ATI a récemment déplacé ses si chers ingénieurs à Santa Clara, ville où l'on peut notamment trouver le Quartier Général de NVIDIA...


Outre le QG au Canada, les deux grandes équipes d'ATI se situent sur les deux côtes maritimes des Etats-Unis (source)

Il n'est pas rare de lire "West Coast Team" et "East Coast Team" lors d'un article américain ou anglais traitant d'ATI. Ne soyez donc pas surpris, il s'agit tout simplement des deux équipes citées ci-dessus. Rajoutons que de nombreux employés établis à la maison mère d'ATI, en Ontario au Canada, ont pour principal but de transférer les technologies des deux équipes américaines dans le marché grand public et autres chips graphiques intégrés.

Il est bon de préciser que la société ArtX n'est pas l'équipe de l'Ouest proprement dite. Un certain nombre d'ingénieurs d'ArtX a en effet été transféré à Marlborough, ceci afin d'égaliser les compétences des deux équipes, c'est du moins ce que l'on peut supposer... De plus, ATI devant dorénavant s'occuper des chips graphiques de Nintendo et de Microsoft, la société a certainement divisé ses propres équipes, cependant les informations sur ce sujet sont plus que minces (et comme ATI ne veut pas communiquer avec nous...).

Autre bouleversement capital, la façon de vendre du canadien. Comme l'a si bien exploité NVIDIA depuis de nombreuses années, proposer ses chips par de multiples intermédiaires est pour le moment la meilleure stratégie possible. Aujourd'hui, avec des maillons forts tels que Hercules (plus pour longtemps...), Sapphire, HIS, ASUS, MSI, SUMA, Gigabyte et bien d'autres, ATI pourrait même faire le ménage et pousser vers la porte de sortie certains de ses partenaires dont nous tairons les noms. Ces derniers ayant soutenu ATI quasiment depuis le début, alors que rien ne laissait présager un tel retournement de situation, peut-être jouent-ils de relations prioritaires...

Concernant ses rythmes de ventes, ATI semble suivre un rythme d'un nouveau chip tous les an et demi avec deux évolutions semestrielles à la clé. Mais cela ne concerne que le R300, avec le R350 six mois plus tard, le R360 suivant la même tranche de temps environ. Le futur pourrait être différent et un ralentissement de la cadence de sorties des cartes est loin d'être hypothétique, pour notre plus grand bonheur - car toutes ces cartes sont plus que fatigantes à gérer pour nous consommateurs. Le marché des cartes graphiques avec uniquement ATI et NVIDIA et leurs 3 cartes en un an d'intervalle nous ont en effet créé un véritable capharnaüm.


La Radeon 9800 Pro est respectivement sortie six mois après et avant la 9700 Pro et la 9800 XT (source)

ATI est d'ailleurs le plus fautif dans cette affaire. Non à cause du rythme des sorties des cartes mais à cause des noms illogiques, ceci empiré par certaines sociétés n'hésitant pas à tromper le consommateur, telles que Aldi ou encore Powercolor, qui soit s'amusent à inventer de nouveaux noms, soit à omettre certaines caractéristiques techniques importantes...

ATI et ses noms à la con

S'il y a bien un domaine où ATI n'est pas exempt de tout reproche c'est bien celui-là (en sus des drivers à une certaine époque, peu ou prou révolue aujourd'hui). Concernant ce sujet, ATI nous fait vraiment n'importe quoi. Renommer ses Radeon en Radeon 7xxx passe encore, la sortie de la Radeon 8500 demandant une certaine continuité. Mais les affaires Radeon 8500/9000/9100/9200 et Radeon 9500/9600 sont vraiment la honte du canadien. Tout serait quasi parfait si ATI arrangeait ce problème plus que délicat, la plupart des consommateurs étant totalement perdus... Si ATI voulait circonvenir et tromper tout son monde, c'est plutôt réussi. La situation ne s'améliore d'ailleurs pas, la faute à certains de ses partenaires intermédiaires, ATI n'ayant pas l'air aussi strict que l'est son concurrent NVIDIA.

Tout ceci donne logiquement une très mauvaise image à ATI. Gageons que sa notoriété retrouvée l'oblige à serrer certains boulons et à nous offrir de véritables gammes homogènes, avec des noms logiques et sans arrière pensé stratégique, au lieu de prendre les consommateurs pour de véritables abrutis...


La Radeon 9600 Pro a remplacé la 9500 Pro, alors que cette dernière était plus puissante... (source)

ATI et Linux

Contrairement à NVIDIA qui possède une bonne cote auprès des utilisateurs du pingouin, ATI a pris du temps à s'immiscer dans ce marché à fort potentiel. C'est à partir de la Radeon 8500 que certains pilotes Linux sont véritablement apparus. Depuis cette époque, cela s'est un peu amélioré et on trouve des pilotes Linux supportant les toutes dernières cartes du canadien ATI. Malheureusement, tout n'est pas encore parfait loin de là, ATI a encore de gros progrès à faire s'il veut ne serait-ce que rattraper NVIDIA.

Ce dernier conserve ainsi une bonne avance, mais si ATI continue de concevoir des chips de qualité, de très bons drivers Linux seront logiquement proposés.

L'épisode Rage 128

En proposant avec un retard de plusieurs mois sa Rage 128, ATI avait quasiment signé son arrêt de mort. En effet, à cette époque, ATI ne détenait en tout et pour tout qu'une seule équipe de conception de chip graphique. Le retard de la Rage 128 eu logiquement une incidence sur le chip suivant, d'où la période pitoyable (disons-le) Rage 128 Pro/Rage Fury MAXX. Tactiquement, ATI ne pouvait rester ainsi. Posséder deux équipes voire trois comme NVIDIA assure qu'un mauvais passage n'aura pas ou peu d'incidence sur la suite, comme en témoigne le retard du GeForce FX qui n'eut quasiment pas de conséquence sur les dates de sorties des chips suivants.

L'arrivée d'ArtX a donc aussi apporté une certaine stabilité au sein d'ATI.

Nota Bene : si un quelconque subjectivisme de ma part transparaît lors de cette période, veuillez m'en excuser, j'ai été l'un des volés acheteurs de la Rage 128, et ce, dès sa disponibilité...

Note sur le ton du dossier

Si certaines parties dans ce dossier semblent "supporter" ATI, la raison est toute simple et a maintes fois été répétée, il s'agit tout simplement d'un souci de concurrence. L'hégémonie de son actuel concurrent NVIDIA a rendu le marché atone, ou du moins lui a donné un rythme en deçà du potentiel des acteurs du moment.


La disparition de 3DFX a laissé un grand vide, certains pensant peut-être à tort qu'ATI se devait de le combler... (source)

La disparition de 3DFX, la non confirmation des Kyro ou l'effacement de Matrox vers le marché professionnel, ont totalement changé la physionomie du marché des cartes vidéo. La concurrence aide, quelques fois, à stopper l'inflation des prix des cartes, mais surtout encourage l'ingéniosité des uns et des autres.

Quand une entreprise n'a pas de réels concurrents, l'envie de mieux faire et de se surpasser est logiquement moindre. La situation, même virtuelle, de monopole, est rarement bénéfique... La période creuse d'ATI a par conséquent ralenti le rythme du marché qui aurait dû être le sien.

Ceci est terriblement frustrant, surtout en informatique...