Interview : Starforce répond
Bruno Cormier le 26 janvier 2006 (31 006 lectures)
Justement, on entend ici et là que votre protection a pu être cassée, d'autres fois non, qu'en est-il exactement ?
C'est justement de l'implémentation de la protection que tout dépend. Certains jeux ont pu être crackés, d'autres non. En fait, Starforce est plus un kit de protection à implémenter sur mesure.
Pour la protection de base, les éditeurs peuvent par exemple décider de protéger d'autres fichiers que l'exécutable pour empêcher la sortie d'un « crack noCD » (remplacement de l'exécutable par une version non cryptée pour démarrer le jeu sans avoir à lire son CD). Par exemple sur le jeu Bet On Soldier, 2 Go de fichiers sont cryptés, et il faudrait alors un crack de 2 Go.
En plus, on a une protection au niveau du code source lui-même, qui fait qu'il est quasiment impossible de faire du reverse engineering, parce que le code traité en mémoire reste crypté. Les crackers « dump » la mémoire, c'est-à-dire qu'ils interceptent le code du fichier crypté lorsque celui-ci est présent dans la mémoire et qu'il y est donc décrypté. Notre protection du code source garde le code crypté en mémoire, traité par une machine virtuelle, le « dump » est donc inutile.
Du fait du niveau de protection choisie par l'éditeur, on se retrouve avec des jeux crackés au bout de deux mois, et d'autres toujours inviolés plus de deux ans après leur sortie. Au niveau des pilotes de bas niveau, il existe StarForce Cleaner, mais c'est nous qui l'avons créé, pour satisfaire ceux qui souhaitaient pouvoir enlever nos pilotes après désinstallation du jeux protégé. Mais ce logiciel ne menace en lui-même pas la protection.
En ce qui concerne Starfuck, qui permet effectivement de faire tourner certains jeux clonés sur CD copiés, la solution reste risquée. Elle consiste à remplacer nos pilotes propriétaires par des versions trafiquées, qui sont justement bien plus dangereuses en terme de sécurité et de stabilité que les nôtres. On reçoit d'ailleurs énormément de demandes par rapport à des écrans bleus et autres plantages directement lié à ces pilotes de substitution, de personnes qui s'adressent directement aux services techniques des éditeurs ou de Starforce !
Avec Deamon Tools 4, pour contourner StarForce, il fallait désactiver les ports IDE, et débrancher les nappes des lecteurs pour faire tourner le jeu protégé en version émulée depuis le disque dur... Cette méthode est apparue le 15 novembre 2005, mais depuis le 15 janvier dernier, nous avons sorti une nouvelle version de StarForce avec laquelle cette manip est impossible. C'est là qu'il faut différencier un crack qui fait tomber la totalité d'une protection, d'une brèche à colmater dans la protection.
Comme chaque éditeur implémente sa propre protection pour protéger un titre, il n'existe pas de crack universel pour Starforce, il faudra donc s'attaquer à presque chaque jeu pour casser sa protection. Lorsque certaines autres protections trop génériques tombent, on peut alors cracker en même temps tous les jeux protégés par la même protection. (*)
Quelques exemples concrets ?
Chez Codemasters qui protège au maximum ses jeux avec StarForce, il aura fallu deux ans pour casser la protection de TOCA 2. Le crack est alors sorti au moment où les développeurs préparent TOCA 3. C'est cette robustesse qui fait le but de notre protection, au moment où un crack sort, le jeu se vend à prix cassé ou en occasion... Chaos League a été craqué aussi, mais au bout d'un an.
D'autres jeux n'ont toujours pas été crackés, comme par exemple Beyond Divinity (Larian Studios / Focus), PacMan World 2 (NAMCO), Medieval Lords (Monte Cristo), Fire Department 2 (Monte Cristo), Club Football 2005 (Codemasters), LMA Manager 2005 - Sorti en France sous le titre « Roger Lemerre, la sélection des Champions 2005 » - (Codemasters). Splinter Cell Chaos Theory n'a lui non plus toujours pas été cracké, il est au niveau de protection maximale.
Dernière question sur un autre sujet, les résultats 2005 de StarForce sont bons, avec notamment une forte croissance de vos ventes. L'Europe de l'Ouest est premier client, avec 590 000 dollars de ventes, suivie de l'Europe de l'Est (Russie incluse) avec 480 000 dollars de recettes, puis la Chine et le Japon (360 000 dollars), et enfin, les USA, avec 78 000 dollars de ventes. Comment se fait-il que les USA ne représentent pas une plus grande part de vos clients ?
Le marché américain est particulièrement fermé dans le secteur des protections informatiques. Les éditeurs américains préfèrent utiliser des technologies de chez eux, comme la protection Macrovision, d'autant plus que Starforce vient de Russie... La situation dominante de Macrovision aux Etats-Unis est la même que StarForce en Russie, tous les éditeurs russes utilisent StarForce.
Olivier Duran, merci pour ces réponses.
(*) Effectivement, le Securom 7 de Sony, sorti en octobre dernier, a été craqué en décembre dernier. En très peu de temps, les cracks d'une vingtaine de jeux protégés par cette dernière version de Securom sont sortis presque simultanément.
C'est justement de l'implémentation de la protection que tout dépend. Certains jeux ont pu être crackés, d'autres non. En fait, Starforce est plus un kit de protection à implémenter sur mesure.
Pour la protection de base, les éditeurs peuvent par exemple décider de protéger d'autres fichiers que l'exécutable pour empêcher la sortie d'un « crack noCD » (remplacement de l'exécutable par une version non cryptée pour démarrer le jeu sans avoir à lire son CD). Par exemple sur le jeu Bet On Soldier, 2 Go de fichiers sont cryptés, et il faudrait alors un crack de 2 Go.
En plus, on a une protection au niveau du code source lui-même, qui fait qu'il est quasiment impossible de faire du reverse engineering, parce que le code traité en mémoire reste crypté. Les crackers « dump » la mémoire, c'est-à-dire qu'ils interceptent le code du fichier crypté lorsque celui-ci est présent dans la mémoire et qu'il y est donc décrypté. Notre protection du code source garde le code crypté en mémoire, traité par une machine virtuelle, le « dump » est donc inutile.
Du fait du niveau de protection choisie par l'éditeur, on se retrouve avec des jeux crackés au bout de deux mois, et d'autres toujours inviolés plus de deux ans après leur sortie. Au niveau des pilotes de bas niveau, il existe StarForce Cleaner, mais c'est nous qui l'avons créé, pour satisfaire ceux qui souhaitaient pouvoir enlever nos pilotes après désinstallation du jeux protégé. Mais ce logiciel ne menace en lui-même pas la protection.
En ce qui concerne Starfuck, qui permet effectivement de faire tourner certains jeux clonés sur CD copiés, la solution reste risquée. Elle consiste à remplacer nos pilotes propriétaires par des versions trafiquées, qui sont justement bien plus dangereuses en terme de sécurité et de stabilité que les nôtres. On reçoit d'ailleurs énormément de demandes par rapport à des écrans bleus et autres plantages directement lié à ces pilotes de substitution, de personnes qui s'adressent directement aux services techniques des éditeurs ou de Starforce !Avec Deamon Tools 4, pour contourner StarForce, il fallait désactiver les ports IDE, et débrancher les nappes des lecteurs pour faire tourner le jeu protégé en version émulée depuis le disque dur... Cette méthode est apparue le 15 novembre 2005, mais depuis le 15 janvier dernier, nous avons sorti une nouvelle version de StarForce avec laquelle cette manip est impossible. C'est là qu'il faut différencier un crack qui fait tomber la totalité d'une protection, d'une brèche à colmater dans la protection.
Comme chaque éditeur implémente sa propre protection pour protéger un titre, il n'existe pas de crack universel pour Starforce, il faudra donc s'attaquer à presque chaque jeu pour casser sa protection. Lorsque certaines autres protections trop génériques tombent, on peut alors cracker en même temps tous les jeux protégés par la même protection. (*)
Quelques exemples concrets ?
Chez Codemasters qui protège au maximum ses jeux avec StarForce, il aura fallu deux ans pour casser la protection de TOCA 2. Le crack est alors sorti au moment où les développeurs préparent TOCA 3. C'est cette robustesse qui fait le but de notre protection, au moment où un crack sort, le jeu se vend à prix cassé ou en occasion... Chaos League a été craqué aussi, mais au bout d'un an.D'autres jeux n'ont toujours pas été crackés, comme par exemple Beyond Divinity (Larian Studios / Focus), PacMan World 2 (NAMCO), Medieval Lords (Monte Cristo), Fire Department 2 (Monte Cristo), Club Football 2005 (Codemasters), LMA Manager 2005 - Sorti en France sous le titre « Roger Lemerre, la sélection des Champions 2005 » - (Codemasters). Splinter Cell Chaos Theory n'a lui non plus toujours pas été cracké, il est au niveau de protection maximale.
Dernière question sur un autre sujet, les résultats 2005 de StarForce sont bons, avec notamment une forte croissance de vos ventes. L'Europe de l'Ouest est premier client, avec 590 000 dollars de ventes, suivie de l'Europe de l'Est (Russie incluse) avec 480 000 dollars de recettes, puis la Chine et le Japon (360 000 dollars), et enfin, les USA, avec 78 000 dollars de ventes. Comment se fait-il que les USA ne représentent pas une plus grande part de vos clients ?
Le marché américain est particulièrement fermé dans le secteur des protections informatiques. Les éditeurs américains préfèrent utiliser des technologies de chez eux, comme la protection Macrovision, d'autant plus que Starforce vient de Russie... La situation dominante de Macrovision aux Etats-Unis est la même que StarForce en Russie, tous les éditeurs russes utilisent StarForce.
Olivier Duran, merci pour ces réponses.
(*) Effectivement, le Securom 7 de Sony, sorti en octobre dernier, a été craqué en décembre dernier. En très peu de temps, les cracks d'une vingtaine de jeux protégés par cette dernière version de Securom sont sortis presque simultanément.
Sommaire
- 3. Explications et éclaircissements sur la protection
- 4. Une protection blindée ou non ? Exemples concrets





