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Interview d'Eric Walter (UMP) sur les NTIC

Marc Rees le 04 mai 2007 (15 720 lectures)
(question page précédente)

En termes d’équipement, l’idée est de privilégier les solutions à premier prix ainsi que les solutions alternatives telles que le recyclage informatique, le don ou le prêt. En matière de solutions premier prix, nous savons aujourd’hui qu’on trouve sur le marché international des offres matérielles autour de 250 – 350 euros. Il n’y a aucune raison pour qu’elles ne soient pas accessibles aux Français. Une autre option est l’assemblage, en s’appuyant sur des OS et des suites logicielles libres. Le champ des possibles est très vaste.

Nicolas Sarkozy s’est également assigné le double objectif de 100% des écoles connectées en internet à haut début, et 100% des universités connectées en WiFi. Enfin, en termes de formation, l’action se portera sur la formation scolaire, en révisant les référentiels et programmes de sorte à les élargir à un socle minimum technique, essentiel aujourd’hui pour s’affranchir de la technique, ainsi que les nomenclatures des métiers du web et du numérique, pour les faire mieux correspondre à la réalité des entreprises de l’internet et des industries du logiciel comme du jeu vidéo.

Les deux autres axes d’action sont l’économie numérique, en particulier en permettant à chacun de se lancer dans une activité web personnelle exonérée de charges sociales et fiscales, et la fondation d’une république numérique, en protégeant les libertés dans le monde numérique et en favorisant l’exercice de la démocratie en ligne.

Pour coordonner et piloter cette volonté politique forte, Nicolas Sarkozy se propose de charger un membre du Gouvernement de cette mission, et d’installer à ses côtés un forum de concertation permanente, qui sera le lieu où pourront se débattre le plus en amont possible l’ensemble de ces sujets.

drapeau france Que faire pour favoriser l’indépendance technologique de la France ? Est-ce que le choix du libre participe à cette mission ?

C’est une large réflexion à mener, même si on parlerait plutôt de l’indépendance technologique européenne que simplement de celle de la France. De lourds enjeux sont soulevés. Nicolas Sarkozy souhaite ouvrir ce débat, suivant en cela l’exemple de continents qui se lancent dans la fabrication de leurs propres processeurs par exemple.

Dans cette logique, le choix du libre dont la France est l’un des fleurons, s’inscrit en effet dans cette mission. Comme sur tout sujet touchant au logiciel, Nicolas Sarkozy considère que le libre et le propriétaire sont deux modèles complémentaires qui doivent se développer en étant égaux à la fois en termes de concurrence et d’égalité devant la loi.

D’une manière indirecte, le candidat s’est dit favorable aux brevets logiciels. N’y a-t-il pas un risque de dépendance technologique justement, d’abus et de consolidation des monopoles par les grands groupes ?

Ce n’est pas mon analyse. Nicolas Sarkozy s’est dit favorable à la préparation très en amont de la contribution française au débat que lancera la Commission européenne en 2008 sur un « document de stratégie » concernant les droits de propriété intellectuelle, et ce dans la plus large concertation possible et en veillant à ce que toute protection juridique soit compatible avec le respect des règles de la concurrence.

C’est une position de principe ouverte qui laisse la place aux longs débats techniques nécessaires sur ce sujet avant toute décision politique.