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Interview d'Eric Walter (UMP) sur les NTIC

Marc Rees le 04 mai 2007
Nombreux se plaignent des problèmes d’interopérabilité. Nous savons depuis les débats liés à la DADVSI que lire un DVD sous Linux est pénalement prohibé en raison de la protection du DeCSS. Cette aptitude, l’interopérabilité, est-elle si complexe à mettre en place, ne pouvait-on pas parfaire le texte dès le premier jet ?

C’est en effet un sujet extrêmement complexe, à la fois techniquement et juridiquement. Une première solution est d’avancer dans le développement industriel de solutions pleinement interopérables. C’est pourquoi Nicolas Sarkozy a affirmé sa volonté de faire de ce sujet une priorité industrielle européenne. D’autres solutions respectueuses des droits des titulaires de droits et des usagers peuvent probablement être imaginées, pas nécessairement par la voie législative. C’est une réflexion dynamique qui s’impose, dans un climat serein.

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Au regard de la rémunération pour copie privée, comptez-vous remettre en cause cette redevance dans ce nouveau monde « DMRisé » ? Comment financer la culture dans l’univers numérique ?

Vous posez la question centrale du financement de la culture dans l’univers numérique, sans porter atteinte aux bénéfices du financement actuel, auquel contribue activement la copie privée en particulier en matière de soutien au spectacle vivant. Ce sujet est devant nous et il semble normal que les nouveaux supports de diffusion participent également au financement des comptes de la création.

journal papier Que pense Nicolas Sarkozy du projet de décret sur la « Commission nationale de déontologie des services de communication au public en ligne » (notre dossier). Soutient-il le système de certification pour légitimer certains contenus en ligne (presse, notamment) ?

Dans les deux cas, Nicolas Sarkozy s’est exprimé en faveur de la reprise d’une concertation la plus large possible. En ce qui concerne le système de « label » que vous évoquez, je voudrais juste souligner qu’il ne s’agit pas du tout d’une proposition formelle, mais d’une simple hypothèse dont Marc Tessier lui-même indique dans son rapport qu’il lui semble « préférable que cette démarche de labellisation soit d’abord gérée au niveau des acteurs eux-mêmes », autrement dit en-dehors de toute forme d’organisation ou de contrôle public. C’est une invite à l’auto-régulation, rien de plus.

Ces initiatives s’inspirent de la nétiquette et plus généralement des principes traditionnels des listes blanches et noires. Elles apparaissent à nouveau en France, avec Néthique, aux Etats-Unis avec la proposition controversée de Tim O’Reilly. Ce n’est pas forcément un hasard et il me semble extrêmement important de laisser chacun s’exprimer sur de tels sujets, avant de tirer des conclusions définitives.

Comment allez-vous favoriser concrètement la pénétration du net et de l’informatique en France ?

C’est un très vaste sujet ! Pour résumer les grands axes du programme numérique que Nicolas Sarkozy a présenté dans une tribune de votre confrère le Journal du net, il entend agir à la fois sur l’accès, l’équipement et la formation.

Au coeur de ce dispositif se trouve l’objectif d’équiper au moins un tiers des communes équipées en points d’accès publics à l’internet (10% aujourd’hui). De tels espaces permettent à la fois de pallier un défaut d’accès ou d’équipement, et de dispenser une formation de proximité efficace.

En termes d’accès, Nicolas Sarkozy souhaite à la fois que le haut débit à 1 mégabit minimum devienne réellement accessible à tous en France, quel que soit le lieu de vie ou de travail, et engager le pays vers le très haut débit pour lequel il faut très rapidement mettre en œuvre le cadre réglementaire nécessaire au lancement des investissements des opérateurs (on parle de 25 à 35 milliards d’euros).

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